Band 
Tome trente-deuxième.
Seite
150
JPEG-Download
 

ïço SUS

qui ferre k corde dans le cas de suicide, nesauroit produire , à beaucoup d’égards, uneffet auíli violent que la torsion dans le casd’askssinat. II faut néanmoins être prévenuqu’on doit distinguer la constriction quiaura été l’effet de la torsion, de celle quiaura pu se faire succcstivement parla tumé-faction des parties du cou qui font voisinesde la corde. Cette distinction est aisée àfaire : dans le suicide , la portion de lacorde qui entoure le cou , est relativementplus longue que dans l’astàstìnat où la conf-triction a été violente ; la tuméfaction desparties au dessus de la corde ; est souple ,unie , même auprès de la corde ; au lieuque dans Fassassmat, il y a plusieurs plis àla peau, sur-tout auprès de Fimprestioncirculaire faite par la corde ; le cou est quel-quefois rétréci dans cette impression, aupoint que le diamètre du cercle décrit parla corde, est à peine de deux pouces &demi ou trois pouces tout au plus. J’ai vufur une femme qui fut pendue , les seuls té-gumens du cou résister à Faction de la cor-de , les vertébrés , les muscles & le larynxfurent coupés, & le cercle décrit par lacorde , avoit tout au plus deux pouces dediamettre.

1 Les cartilages du larynx brisés ou déchi- 'rés , les vertèbres du cou rompues ou sépa-rées , annoncent une violence qui ne peutguere avoir lieu dans le suicide. On a mêmeregardé la luxation de la premiere vertebredu cou , comme également impossible dansce cas à cause de F extrême fermeté de sonarticulation : mais quoiqu’il soit effective-ment très—difficile que cette luxation aielieu dans un homme qui s’est pendu lui-même, il est cependant quelques circonstan-ces qui peuvent la rendre possible , & dòs-lors ce signe qu’on a unanimement regar-dé comme très-positif, devient évidem-ment faux.

II est des hommes si bien constitués, que■les liens de leurs vertèbres résistent aux ef-forts les plus considérables ; il en est d’au-tres chez qvj fo tissu des sibres est íi lâche,que le seul poids du corps suffit pour rom-pre les hgamens , luxer les vertébrés ou lesractures : ceux-ci font à peine lancés qu’ilsexpirentjot comme au moment de leur mort,|Ê mouvement circulatoire cesse, leur visage

SUS

ne se bouffît point, il ne devient rouge; en u»mot , il relie à peu-près tel qu’il étoit avanth suspenjion ; ce qui vient de ce que la cir-culation étant arrêtée ou éteinte , il ne vaplus de sang au cerveau , & il n’en revientpas davantage. La rapidité de la mort,dansce cas supposé , est prouvée par des obfor-tions dont les livres de médecine font rem-plis.

Ces sages considérations n’échapperentpoint à M. Antoine Petit, dans un mémoirede cet auteur , destiné à détruire F accusa-tion d’aflâssmat intentée à Liege, contre lesparens d’un homme trouvé pendu : on voitavec la derniere évidence, qu’en résumanttous les signes , & ayant égard aux circons-tances observées pas M. Pfeffer, médecin ,cette accusation est insoutenable , quoiqued’ailleurs on eût négligé d'ouvrir le cada-vre dont Fexacte distèction auroitfans doutemultiplié les preuves : ce détail est trop im-portant pour ne pas trouver place dans cetarticle ; il ostre en même temps l’exempled’une circonstance singulière qui peut feretrouver, & du genre de connoist'ancesque doit postéder un expert qui dresiè unrapport fur des matières si délicates.

» La corde qui avoit servi à F exécution," formoit une anse qui, par une de les ex-" trêmités,embrassoit une poutre d’environ« quatre pouces & demi de large , & l’au-' " tre extrémité étoit placée au-dessous du>' menton , & paíïbít derrière les oreilles" pour aller sc terminer vers le haut de» l’occiput du pendu ; cette corde dût né-» cessairement, au moment de la chûte ,w appuyer fortement fur le derrière de la» tête , lui faire faire la bascule en la re-» pouffant en-devant, & forcer par-là le» menton à se rapprocher de la poitrine ,» dans cct instant le poids & F élan du corpsm durent donner une vive fecoustò aux li-n gamens des premières vertèbres du cou ;» cette puissance agit comme étant appli-» quée au bout d’un levier , dont la lon-v gueur devoir être mesurée par la díf-» tance qui fe rencontre entre la partie an-„ térieure du grand trou occipital , &c 1c„ plan quitoucheroit à la tubéroíltédel’oc-„ ciput ; le corps du pendu pesoit certaine-v ment plus de cent livres : qu’on estime