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Tome trente-deuxième.
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Un boucherdeLondres, nommé Gordon,joignoic à cette qualité celle de voleur furle grand chemin, & les exerçoit toutesdeux avec tant de succès depuis plus detrente ans , qu’il avoir acquis des richeíîèsconsidérables ; enfin la justice civile , éclai-rée par celle du ciel, découvrit qu’il étoitfauteur d’une infinité de crimes, & le fitarrêter lorsqu’il s’en définit le moins ; sonprocès fut instruit avec diligence , & il futcondamné á mort suivant les formes ordi-naires du pays.

Gordon condamné à mourir, auroit vo-lontiers sacrifié toutes ses richesses poursauver sa vie ; il tenta inutilement la fidé-lité de ses geôliers, & celle même de plu-sieurs personnes puissantes qui auroient pule secourir. Un jeune chirurgien, éblouipar fespoir de la récompense , entreprit dele dérober à la mort ; il obtint facilementla liberté de le voir dans fa prison : là ,après lui avoir communiqué son desièin ,& s’être asiiiré d’un prix considérable, illui fit à la gorge une petite incision , quirépondoit au conduit de la respiration , &il y fit entrer un petit tuyau : il est aisé deconcevoir quelle étoit f espérance du chi-rurgien , lorsque Gordon auroit le cou ser-ré par la corde du supplice : on assure qu’ilavoit fait l’expérience de cette inventionsur plusieurs chiens & qu’elle avoit toujoursréussi ( Rodrig. à Fonseca , dans ses con-sultations médicinales , dit, que si l’onpend des chiens avec une corde au cou ,après leur avoir ouvert la trachée-artere ,connue pour la bronchontomie , on lesétrangle fans les faire mourir ) ; un peu desang qui avoit coulé dans l’opération , fitcroire aux géoliers que le criminel avoitvoulu attenter à fa vie ; le bruit s’en ré-pandit même à Londres , mais il ne servitqu a faire hâter fexécution.

-»-4 ^-AcuiLLur ayant ì«il mjji v/hGordon ayant resté quelque temps sPour servir de spectacle aux yeuxP e , on livra, suivant la coutume ,davre a ses parens ; l e chirurgien <tendon que ce moment ,s e le sit adans une maison voisine ; s eouvrir la veine d u bras , & d e p, jd’autrcs secours qu il avoir préparé

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don n’étoit pas mort, il ouvrit les yeux ;il poussa un profond soupir ; mais étant re-tombé presqu’auíïì-tót dans une espece d’é-vanouiflèment, il expira quelques minutesaprès. Le chirurgien attribua le mauvaissuccès de son entreprise à la grosseur du mal-heureux Gordon , qui lavoir fait peser ex-cessivement sous la corde. ( Extrait d'unouvrage périodique , intitulé le Pour & leContre , 1J33 , tome 1 , art. inventionnouvelle de Fart. )

On pendit il y a plusieurs années à M.....un homme employé dans les fermes ; lespénitens blancs de cette ville qui comptoientcet homme au nombre de leurs confrères,furent prompts à le détacher de la potencedés que l'exécuteur l’eut abandonné ; ils leporterent dans leur chapelle,où on le saignatrois fois dans l’intervalle d’environ deuxheures ; le pouls étoit imperceptible avantla premiere saignée, mais il se développa àla seconde , à mesure que le sang sortoit ;il étoit fort rare alors , & battoit à peinequarante fois dans une minute : cet hom-me rappellé à la vie , se mit sur son séant& demanda de seau ; d’une voix très-foible & très-rauque ; il rendit plusieurscrachats sanglans , & but avec avidité uneastèz grande quantité d'eau qu’on lui pré»senta ; sa voix s’éclaircit alors , son poulsdevint naturel, & fa respiration fut toujourstrès-tranquille , jamais précipitée : avant deboire il frappoit souvent avec son pied labiere dans laquelle il étoit étendu, & cesmouvemens étoient involontaires ; maislorsqu’il eut bu, tous ces mouvemens s’ap-paiserent, & il fut astèz tranquille : peuaprès le cou , fur lequel la corde avoit faitune impression profonde d’un pouce ,s’enfla considérablement , & aucun deschirurgiens ' qui étoient présens , n’osant,par une crainte frivole, le saigner à laveine jugulaire , au-deffiis de fimpressonde la corde , ce malheureux s’endormitpaisiblement fans que fa respiration devîntplus laborieuse ou plus fréquente ; le poulsdevint peu à peu plus petit & moins fré-quent , & il mourut enfin par l’accumula»tion du sang dans le cerveau. Peu detemps avant fa mort , le pouls battoit àpeine trente-íix fois dans une minute , &il étoit très-difiìcile d’appercevoir les mou-

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