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Tome trente-deuxième.
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Zécemvirs vers l’an 301 de la fondationde cette ville.

Les divisions qui s’élevoient continuel-lement entre les consuls & les tribuns dupeuple , firent penser aux Romains qu’îlétoit indispensable d’établir un corps delois fixes pour prévenir cet inconvénient,& en même temps astèz amples , pour ré-gler les autres affaires civiles. -Le peupledonc créa des décemvirs , c’est-à-dire ,dix hommes pour gouverner la république,avec l’autorité consulaire , & les chargeade choisir parmi les lois étrangères, cellesqu’ils jugeroient les plus convenables pourle but que l’on se proposoit.

Un certain Hermodore, natif d'Ephèse,& qui s’étoit retiré en Italie , traduisit leslois qu’on avoit rapportées d'Athenes , &des autres villes de la Grece les mieuxpolicées, pour emprunter de leurs ordon-nances, celles qui conviendroient le mieuxà la république Romaine. Les décemvirsfurent chargés de cet ouvrage , 'auquel ilsjoignirent les lois royales ; c’est ainsi qu’ilsformèrent comme un code du droit Ro-main. Le sénat après un sérieux examen ,l’autorisa par un sénatus-consulte , & lepeuple le confirma par un plébiscite dansune assemblée des centuries.

L’an 303 de la fondation de Rome ,on fit graver ces lois fur dix tables decuivre , & on les exposa dans le lieu le pluséminent de la place publique ; mais com-me il manquoit encore plusieurs chosespour rendre complet ce corps des loisromaines , les decemvirs dont on continuala magistrature en 304 , ajoutèrent de nou-velles lois qui furent approuvées & gra-vées fui deux autres tables , cju’on joignitflux dix premieres , & qui firent le nombrece douze.Ces douze tables servirent dans laíu.te de jurisprudence à la république Ro-maine. Cicéron en a fait un grand éloge enla pei tonne de Crastlis , dans ion premierlivre de l’Orateur , n°. 45. & 44. Denisd’Halicarnastè , Titc-Live & Plutarquetraitent auííi fort au long des lois décem-virales, car c’est ainsi qu’on nomma leslois des douze tables.

Elles fe sont perdues ces lois par l’in-jure des temps ; il ne nous en reste plusque des fragmens dispersés dans divers

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auteurs, mais utilement recueillis parl’illustre Jean Godefroy. Le latin en estvieux & barbare , dur & obscur ; & mê-me à mesure que la langue se poliça chezles Romains, on fut obligé de le chan-ger dans quelques endroits pour le rendreintelligible.

,Çe n est pas là cependant le plus granddéfaut du code des sois décemvirales. M.de Mosites qui va nous l’apprendrelasévérité des lois royales faites pour un peu-ple compose de fugitifs, d’esclaves & debrigands, ne conveneit plus aux Romains.L’efprit de la république auroit demandéque les décemvirs n’eustènt pas mis ceslois dans leurs dou\e tables ; mais des gensqui aspiroient à la tyrannie , n’avoiencgarde de suivre l’efprit de la république.

Tite-Live , liy. I. dit, sor le supplicede Métius Fuffétius , dictateur d'Albe ,condamné par Tullus-Hostilius, a etretiré par deux charriots , que ce fut le pre-mier & le dernier supplice où l’on témoi-gna avoir perdu la mémoire déshumanisé jil se trompe ; le code des doutée tables aplusieurs autres dispositions tres-cruelles.On y trouve le supplice du feu , des peinespresque toujours capitales, le vol puni demort.

Celle qui découvre le mieux le desseindes décemvirs, est la peine capitale pro-noncée contre les auteurs des libelles &

les poètes. Cela n’est guere du génie dela république , où le peuple aime à voirles grands humiliés. Mais des gens quivouloient renverser la liberté , craignoientdes écrits qui pouvoient rappelles l'espritde la liberté. ,

On connut fi bien Ja dureté des lois pé-nales, insérées dans le code des dou^e ta-bles , qu’après f expulsion des decemviis,presque toutes leurs lois qui avoient fixéles peines , furent ôtées. On ne les abro-gea pas expressément; mais la loi Bordaayant défendu de mettre à mort un citoyenromain , elles n’eurcnt plus d’applicatisn.Voila le vrai temps auquel on peut rappor-ter ce que Tite-Live , liv. I, dit des Ro-mains , que jamais peuple n’a plus aimé lamodération des peines.

Si I on ajoute a la douceur des peines,le dioit qu avoit 4m accusé, de se retirer

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