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Tome trente-deuxième.
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la Grec'e transportèrent les arts. en Italie,adoptèrent ce genre d’écriture , & celaprincipalement, parce que souvent les dis-cours des sénateurs étoient mal rapportés&: encore plus mal interprétés , ce qui oc-casionnoit de la confuíion &c des débats enallant aux voix.

C’est fous le consulat de Cicéron qu’onen volt les premieres traces. Tiron , un deses affranchis , prit mot à mot la haranguequeCaton prononçoit contre César Plu-tarque ajoute qu’on ne connoisíòit pointencore ceux qui depuis ont été appellésnotaires , & que c’est le premier exemplede cette nature.

Paul Diacre , cependant attribue l’in-vention des premiers noo caractères àEnnius , & dit que Tiron ne fit qu’étendrefitperfectionner cette science.

Auguste charmé de cette découverte ,destina plusieurs de ses affranchis à cetexercice ; leur unique emploi étoit de re-trouver des notes. II falloir même qu’ellesfuífènt fore arbitraires fit dans le goût decelles des Chinois, puisqu’elles excédoientle nombre de cinq mille.

L’hifloire nous a conservé le nom dequelques-uns de ces tachygraphes, tels quePerunhis , Pilargirus, Faunius & Aquila ,affranchis de Méccne.

Enfin Sénccjue y mit la derniere main enles rédigeant par ordre alphabétique enforme de dictionnaire ; auífi furent-clles ap-pellées dans la fuite les notes de Tiron úde Stneque.

Nous remarquerons à cet sujet, contrel’opinion des / avans, que les caractères em-ployés dans le pí’eautier que Trithetnetrouva à Strasbourg , & dont il donne unéchantillon à la fin de fa polygraphie , nelauroient être ceux de Tiron, non plus quele manuscrit qu’on sait voir aiulkf-Cajsm, ious le nom de caractères deTiron.Ceci jante aux yeux , lorsqu’on examinecombien ces caractères font composés ,arbitraires , longs & difficiles à tracer , aùlieu que Plutarque dit expressément,en par-lant de la harangue de Caton :

Jfanc Jolam orationem Catonis feri>ci-tant ferunt Cicerone cons ale relocij/ìmosJcriptores déponente atdocente, utpersignaquçeâam & parvas brevesaue notas multa-Tome XXXII.

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rum lìtterarum vim habentes diùla colli—gerenr, c’est-à-dire, qu’elle fût prise à l’aidede courtes notes , ayant la puistànce ouvaleur de plusieurs lettres. Or , dans lesfigures q ne nous en a conservé G rater , laparticule ex , par exemple , est expriméepar plus de 70 signes différens , tous beau-coup plus composés, plus difficiles, fit parconséquent plus longs à écrire que la pro- ■position meme. Ces vers d’Ausone , aucontraire, sont voir qu’un seul point expri-moit une parole entiere.

Quâ multa fandi copiafunCtis peracla fingulisUt una vox absoh'itur.

Ou cependant punchs doit se prendreen général pour des signes ou caractèresabrégés dont plusieurs à la vérité n’étoientque de simples points, comme on verra plusbas dans I’hymne fur la mort de S. Cassen.

On peut donc hardiment conclure,d’aprèsces autorités , que les notes qu’on nousdonne pour être de Tiron, & celles impri-mées fous le titre de, de notis ciceronianis ,ne font point les notes de Tiron , ou au-moins celles à l aide desquelles cet affran-chi a écrit la harangue de Caton.

Mais comme la Tachygraphie est unoefpece de cryptographie, il se pourroit très-bienque Tyron eût travaillé en l’un & l’an-tre genre , fit que ce íut ces derniers ca-ractères qui nous eussent été conservés.

Ce qui paroît appuyer cette conjectureest un passage du maître de Tiron , Cicé-ron à Atticus , L XIII. ep. xxxij. dit luiavoir écrit en chiffre: Et quod ad te de-cem legatis fcripfii paràni inteUcxiJìi credo,quia Sot <?vp..tuv ficripseram.

Saint Cyprien ajouta depuis de nou-velles notes à celles de Séneque , & accom-modât le tout à I usage du Christianisme ,pour me servir de l’expression de Vigenerequi, clans son traité• des chiffres , ajoute quec’est une profonde nier de confu sion , L? unefraie gêne de la mémoire comme chose la-borieuse infiniment.

En effet, retenir cinq ou six mille notes,presque toutes arbitraires , & l es placer furle cbamp, doit etre un très-laborieux fietres-dimcile exercice. Auffi avoit-on. des

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