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la langue & de la grammaire ; ils se ferventpour cet effet d’un alphabet particulier ,composé des signes les plus simples pourles lettres qui s’emploient íe plus fré-quemment , & de plus composés pour cellesqui ne parcislènt que rarement.
Ces caractères se peuvent aussi très-faci-lemcnt unir les uns aux autres , & formerainsi des monogrammes qui exprimentsouvent toute une parole ; tels sont lesc-lémens des tachéographes anglois , quidepuis un íìecle Sc demi ont donné unequarantaine de méthodes, dont nousdonnons le titre des principales au-bas decet article. Elles se trouvent actuellementréduites à deux , qui font les seules usitéesaujourd'hui ; savoir, celle de Macaulay &celle de Weston ; nous nous bornerons àdonner ici une légere idée de la méthodede ce dernier, comme la plus généralementsuivie, & parce qu’on trouve plusieurslivres imprimés dans ses caractères ; entr’-autres, une grammaire , un dictionnaire,les píéaumes , le nouveau - testament , &plusieurs livres d’églíse.
Le docteur Wilkins Sc quelques autres,vouloient, à l’aide de ce genre d’écriture,former un langage, ou plutôt une écritureuniverselle , c’est-à-dire , que le mëmecaractère qui signifie cheval , le françois lelût cheval ; l’anglois , horje ; l’allemand ,pj'erd ; l’italien , cavallo ; le latin , equus ;Sc ainsi des autres.
Mais en outre , la différence de cons-truction dans les différentes langues quiferoit un grand obstacle , Sc la forme desverbes auxiliaires qui, dans l’allemand &l’anglois, diffèrent totalement de celleusitée en françois Sc en latin , on retom-berait dans l’inconvénient de la méthodede Tiron , qui requérois presque autantde signes différens qu’il y avoir d’objets àprésenter. Un anglois, par exemple , n’aurapas de peine à comprendre que n signifiehorje , parce que ce signe est composé de :la particule or suivi d’une^, c’est-à-dire, 1les trois feules lettres qui le prononcent,Tà tenant lieu d’une simple aspiration , Sc1 e muet final ne servant qu’à prolonger leson ; mais ces trois lettres orz ne commu-niquent à aucune autre nation Tidée d’uncheval.
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En attendant qu’on trouve quelquechose de mieux, il y auroit peut-être uneméthode simple Sc facile à proposer , àl’aide de laquelle, sur le champ , Sc fansétude , un chacun pourrait fe faire enten-dre, & entendre les autres , fans savoird’autres langues que la sienne.
II s’agiroit de numéroter les articles d’undictionnaire en un idiome quelconque , &que chaque peuple mît le mëme chiffraaprès le mëme terme dans leurs diction-naires respectifs. Ces dictionnaires de-vraient être composés de deux parties ;l une à l’ordinaire , suivant Tordre alpha-bétique ; Tautre , suivant Tordre numé-rique.
Ainsi je suppose un françois à Londresou à Rome , qui voudroit dire, je viendraidemain ; ignorant la langue du.pays, ilcherchera dans la partie alphabétique deson dictionnaire , je , que je suppose commepremiere personne désignée par le n° i ,venir , par 2800 , demain , par 664.
II écrira 1 , 664 , 2800 , Tanglois oul’itaîien cherchant , suivant Tordre numé-rique , liront, J corne tomorrou, jo venindomani.
Et répondront par d’autres chiffres, dontle françois trouvera T explication cn cher-chant le numéro.
Je n’ai mis ici que Tinfinitifdu verbepour sitivre Tordre des dictionnaires ; maisil feroit ailé d’y ajouter un ligne ou pointqui en déterminât le temps.
Nous avons auíîi quelques auteurs fr an—çois qui se sont exercés fur la Tachygra~phie\ telle est la plume volante , & quel-ques manuscrits dans la bibliothèque du roi;mais ils ne fe font point appliqués à simpli-fier leurs signes, ni à en généraliser Tissage,ni cette attention sustiíànte au génie dela langue ; & au lieu de recourir aux ra-cines de Tidiûme , ils se font pris auxbranches.*
11 ne feroit cependant pas impossible derendre à la langue françoiíe le mëme ser-vice qu’à Tangloise , ce feroit une très-grande obligation que le public auroit àmessieurs de Tacadémie françoise , si à lasuite de leur dictionnaire , ils compiloiencune méthode facile & analogue à la lan-gue. II ne saut cependant pas fe flatte?: