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Tome trente-deuxième.
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moins cette espece de sentiment. II paroismême que certe sensation n’a pas besoind une organisation particulière , & que lasimple tilsure solide du nerf lui est suffi-sante. Les parois d’une plaie fraîche, lepérioste ou un tendon découvert, ont unsentiment très-vif, quoiqu’ils traient pasles houppes nerveuses qu’on observe à lapeau : on diroit que la nature , obligée detaire une grande dépense en sensation dutoucher, la établi à moins de frais qu’iilui a été poílible ; elle a fait ensorte queles houppes nerveuses ne fussent pas abso-lument nécessaires ; ainlì le sentiment ~dutoucher est comme la base de toutes lesautres sensations ; c’est le genre dont ellesfont des efpeces plus parfaites.

Tous les solides nerveux animés de flui-des , ont cette sensation générale ; maisles mamelons de la peau , ceux des doigts,par exemple , Pont à un degré de perfec-tion , qui ajoute au premier sentiment unesorte de discernement dela figure du corpstouché. Les mamelons de la langue enché-rissent encore fur ceux de la peau ; ceuxdu nez fur ceux de la langue, <k toujourssuivant la fíneíse de la sensation. Ce quise dit des mamelons , n’cxclut pas le restedu tistìi nerveux , de la part qu’il a à lasensation. Les mamelons y ont plus depart que ce tissu dans certains organes,comme à la peau & à la langue ; dans d’au-tres ils y ont moins de part, comme àla membrane pituitaire du nez<qui fait l’or-gane de I'odorat. Enfin ailleurs le tilí'udu solide nerveux fait presque seul l'orga-ne , comme dans la vue ; ces différencesviennent de ce que chaque organe estproportionné à l’objet dont il reçoit l’im-preffion.

II étoit à-propos, pour que le sentimentdu toucher se fît parfaitement, que lesnerfs formassent des petites éminences sen-sibles , parce que ces pyramides font beau-coup plus propres qu'un tissu uniforme ,a être ébranlées par la surface des corps.Le goût avoir beloin de boutons nerveux,qui fussent spongieux & imbibés de la sa-live, pour délayer, fondre les principes dessaveurs , & leur donner entrée dans leurtissure , afìn d’y mieux faire leur impres-sion. La membrane pituitaire qui tapisse

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{'organe de I’odorat a son velouté , ses cor-nets & ses cellules , pour arrêter les va-peurs odorantes , mais son objet étant sub-til , elle n’avoit pas besoin ni de boutons,ni de pyramides grossières. La choroïde aaussi l'on velouté noir pour absorber lesimages ; mais le fond de ce velours , faitpour recevoir des images , devoir être unemembrane nerveuse, très-polie & très-fensible.

Nous appelions donc tac! ou toucher ,non pas seulement cc sens universel, dontil si’est presque aucune partie du corps quisoit parfaitement dépourvue ; mais sur-toutce sens particulier, qui se fait au bout de!a face interne des doigts , comme à sonvéritable organe. La douleur , la tendon,la chaleur, le froid , les inégalités de lasurface des corps se font sentir à tousles nerfs, tant intérieurement qu’extérieure-ment.

Le tac! cause une douleur sourde dans| les viscères, mais ce sentiment est exquisdans les nerfs changés en papilles , ík en[ nature molle : ce tac ? n’a point une dif-férente nature du précédent , il n’en dif-féré que par degrés

La peau qui est l’organe d u toucher ,présenté un tissu de fibres , de nerfs &de vaisseaux merveilleusement entrelacés.Elle est collée fur toutes les parties qu'elleenveloppe pat les vaisseaux sanguins, lym-phatiques , nerveux ; & , pourl’ordinairc,par une couche de plusieurs feuillets très-minces, lesquels forment entr’eux des cel-lules , où les extrémités artérielles dépo-sent une huile graisleuse ■ aussi les anato-mistes nomment ces couches de feuillets le 'tijfu cellulaire ; c’est dans ce tissu que lesbouchers introduisent de T air quand ilssoufflent leur viande , pour lui donner plusd’apparence.

La peau est faite de toutes ces partiesmêmes qui l'attachent au corps qui {'enve-loppe. Ces feuillets , ces vaisseaux & cesnerfs capillaires sont appliqués les uns furles autres, par là compression des eaux quienvironnent le fœtus dans se soin de lamere , & par celle de l’air lorsqu’il est né.Plusieurs de ces vaisseaux , creux d’abord,deviennent bientôt solides , & ils formentdes fibres comme tendineuses, qui font

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