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Tome trente-deuxième.
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T E M

ressources au musicien quand il a besoind’expressions dures & marquées. Car il estbon d’observer , dit M. Rameau , que nousfecevons des impressions différentes desintervalles à proportion de leurs différen-tes altérations. Par exemple , la tierce ma-jeure qui nous excite naturellement à lajoie , nous imprime jusqu’à des idées defureur lorsqu elle est trop sorte ; & la tiercemineure oui nous porte naturellement à ladouceur & à la tendrestè , nous attristeloríqu’elle est trop foible.

Les habiles musiciens, continue le mê-me auteur , savent profiter à-propos deces différens effets des intervalles , & fontvaloir, par l’expression qu’ils en tirent, Tal-tération qu’on pour toit y condamner.

Mais dans fa génération harmonique , M.Rameau parle bien un autre langage. II sereproche sa condescendance pour l’usageactuel ; & détruisant en un moment tout cequ’d avoit établi auparavant, il donne uneformule d’onze moyennes proportionnellesentre les deux termes de l’octave , fur la-quelle il veut qu’o n réglé toute la successiondu système chromatique ; de sorte que cesystème résultant de douze semi-tons par-faitement égaux , c’est une nécessité quetous les intervalles semblables qui en fe-ront formés soient aussi parfaitement égauxentre eux.

Pour la pratique , prenez , dit-il , telletouche du clavecin qu’il vous plaira ; ac-cordez-en d’abord la quinte juste , puis di-niinuez-la li peu que rien ; procédez ainsidune quinte à Tautre ,. toujours en mon-tant , c’est-à-dire du grave à l’aigu , jusqu’àla derniere dont le son aigu aura été legrave de la premiere , vous pouvez êtrecertain que le clavecin fera bien d’accord ,Ùc.

II ne paroít pas que ce système ait étégoûté des musiciens , ni des fadeurs. Lepremier ne peut se résoudre à se priver deîa variété qu’il trouve dans les différentesimpressions qu’occasionne le tempérament.M. Rameau a beau lui dire qu’il se trompe, !& que le goût de variété se prend dans l’en-trelacement des modes , & nullement dansl’altération des intervalles ; le musicien ré-pond que l’un n’exclut pas Tautre , & ne setient pas convaincu par une assertion.

T E M Ui

A T égard des facteurs, ils tr»uvent qu’unclavecin accordé de cette maniéré n’estpoint aussi bien d’accord que lassure M.Rameau ; les tierces majeures leur paroii-scnt dures & choquantes; & quand on leurrépond qu’ils n’ont qu’à s’accoutumer à ^al-tération des tierces , comme ils Tétoientci-devant à celles des quintes , ils répliquentqu’ils ne conçoivent pas comment T orguepourra s’accoutumer à ne plus faire les bat-temens désagréables qu’on y entend parcette maniéré de l’accorder. Le pere Mer-senne remarque que de son temps plusieuripenfoient que les premiers qui pratiquèrentfur le clavecin les semi-tons, qu’il appellefeintes , accordèrent d’abord toutes lesquintes à-peu-près justes , selon Taccordégal que nous propose aujourd’hui M. Ra-meau ; mais que leur oreille ne pouvantsouffrir la dissonance des tierces majeuresnécessairement trop fortes , ils tempérèrentTaccord en affoibíislànt les quintes pourbaisser les tierces majeures. Voilà ce qusdit le pere Mersenne.

Je ne dois point finir cet article fansavertir ceux qui voudront lire le chapitrede la génération harmonique , où M. Ra-meau traite la théorie du tempérament , dene pas être surpris s’ils ne viennent pas àbout de Tentendrc , puisqu’il est aisé'de voirque ce chapitre a été fait par deux hommesqui ne s’entendoient pas même Tun Tau-tre , savoir un mathématicien & un mu-sicien.

La théorie du tempérament offre unepetite difficulté de physique , de laquelle ilne paroít pas qu’on se soit beaucoup misen peine jusqu’à présents

Le plaisir musical, disent les physiciens,dépend de la perception des rapports dessons. Ces rapports font—ils simples ? les in-tervalles sont consonans , les sons plaisentà Toreille. Mais dès que ces rapports de-viennent trop composés, Tante ne ics ap-perçoit plus , & cela forme la dissonance.Si Tuniíson nous plaît , c’est qu’il y a rap-port d’égalité qui est le plus simple de tous *dans Toctave , le rapport est d’un à deux ’c’est un rapport simple , toutes ses puissan-ces sont dans le meme cas ; c’est toujourspar la simplicité des rapports que notreoreille saisit avec plaisir les tierces , les