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Tome trente-deuxième.
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il ne s’agira plus que de les reconnoítredans les usages connus des langues , soiten les considérant d’une maniéré générale ,soit en les examinant dans les différensmodes du verbe.

ART. I. Notion générale des temps. Se-lon M. de Gamaches ( disert. I. de sonuífìronomie physique) que l’on peut en cepoint regarder comme î’organe de touteî’école cartésien e , le temps efi la successionmême attachée à /’existence de la créature.Si cette notion du temps a quelque défautd’exactitude, il faut pourtant avouer qu’elletient de bien près à la vérité , puisque l’exil-tence successive des êtres est la feule mesuredu temps qui soit à notre portée , commele temps devient à son tour la mesure deInexistence soccestìve.

Cette mobilité soccestìve de l’existencebu du temps , nous la fixons en quelquesorte, pour la rendre commensorable , eny établissant des points fixes caractériséspar quelques faits particuliers : de mêmeque nous parvenons à soumettre à nos me-sures & à nos calculs l’étendue intellectu-elle , quelque impalpable qu’elle soit, eny établistànt des points fixes caractériséspar quelque corps palpable & sensible.

On donne à ces points fixes de la succes-sion de l’existence ou du temps , le nomd’époques ( du grec í-tokù, venu de ítiÍikuv ,morari, arrêter), parce que ce sont des ins-tans dont on arrête , en quelque maniéré,la rapide mobilité , pour en faire commedes lieux de repos, d’où l’on observe, pourainsi dire , ce qui co-existe , ce qui précede& ce qui suit. On appelle, une por-tion du temps dont le commencement & lafin sont déterminés par des époques : de’ri’çtfCircùm, Lr via ; parce qu'une por-tion du temps bornée de toutes parts, estcomme un espace autour duquel on peuttourner.

Après ces notions préliminaires & fon-damentales , il semble que l’on peut direqu'en général les temps font les formes duverbe , qui expriment les différens rapportsd’exifience aux diverses époques que Vonpeut envisager dans la durée.

Jedis d abord que ce sont les formes duverbe , afin de comprendre dans cette défi-nition , non - feulement les simples in-

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flexions consacrées à cet usage , mais en-core toutes les locutions qui y font desti-nées exclusivement, & qui auroient pu êtreremplacées par des terminaisons ; en sortequ’elle peut convenir également à ce qu’onappelle des temps simples , des temps com-posés ou surcomposés , & même à quantitéd’idiotismes qui ont une destination analo-gue , comme en françois, je viens d'entrer,f allois sortir y le monde doit finir, &c.

J’ajoute que ces formes expriment lesdifférens rapports d'exijìence aux diversesépoques que l'on peut envisager dans ladurée : par-là après avoir indiqué le maté-riel des temps , j’en carectérife la significa-tion, dans laquelle il y a deux choses à con-sidérer ; savoir , les rapports d’existence áune époque , & l’époque qui est le termede comparaison.

§. I. Premiere division générale desTemps. L’existence peut avoir , en gé-néral , trois fortes de rapports à l’époquede comparaison : rapport de simultanéité,lorsque l’existence est coïncidente avec l’é-poque j rapport d’ antériorité , lorsque l’exis-tence précede l’époque, & rapport de pojlé-riorité, lorsque l’exijlence succédé à f épo-que. De-là trois especes générales de temps ,les préfens, les prétérits & les futurs.

Les préfens sont les formes du verbe ,qui expriment la simultanéité d’existence àl’égard de l’époque de comparaison. On leurdonne le nom de préfens , parce qu’ils dé-signent une existence qui , dans le tempsmême de l’époque , est réellement présen-te, puisqu’elle est simultanée avec l’époque.

Les prétérits sont les formes du verbe ,qui expriment l’antériorité d’existence àl’égard de l’époque de comparaison. Onleur donne le nom de prétérits , parcequ’ils désignent ’une existence qui , dansle temps même de l’époque , est déja paíìéc(prœterita) , puisqu’elle est antérieure ál’époque.

Les futurs sont les formes du verbe , quiexpriment la postériorité d’existence à re-gard de l’époque de comparaison. On leurdonne le nom d e futurs , parce qu’ils dési-gnent une existence qui, dans ]e tempsmême de l’époque, est encore à venir(sutura), puisqu’elle est postérieure à l’é-poque.