12 TABLEAU ANALYTIQUE,
dant les hautes mers, d’abandonner le travail de la ma-çonnerie et de pratiquer des vannes pour les vider, oude les épuiser ensuite, afin de pouvoir continuer la bâtisse.On ne peut disconvenir que ce procédé exposant la nou-velle maçonnerie à être délavée par la mer, elle devoitperdre la majeure partie de sa consistance, et que lesmortiers devenoient presque nuis.
Cet Ingénieur ayant jugé le lit de la Tamise assezsolide par les sondes qu’il fit dans le terrain, et qu’ilpoussa jusqu’à 14 pieds de profondeur, crut pouvoir y faireéchouer ses caissons avec confiance. Il se détermina enconséquence à faire un simple régalement du terrain qu’ildisposa à peu près de niveau jusqu’à 5 pieds au-dessousdes plus basses eaux, et seulement dans une superficie de2,400 pieds carrés, égale à la base de chaque caisson.On ignore les procédés dont il fit usage pour opérer ledéblai, et préserver cette fouille des alluvions occasion-nées par la mer et la Tamise.
Mais tous les Ingénieurs blâmèrent cette sécurité, etavec d’autant plus de raison, que la maçonnerie de sonpont présentoit d’abord une masse très-considérable quipouvoit comprimer la première couche de gravier, et pro-duire un tassement dangereux, tel, en effet, qTx’il s’estmanifesté dans la suite par l’affaissement d’une des piles,sous laquelle le gravier a consenti, ce qui a occasionnéde vives inquiétudes, même après la réparation des deuxvoûtes adjacentes.