PORT DE DIEPPE. 11
mer j car ceux qui sont situés sur ses rivages, étant exposés auxcourans des marées, qui y rapportent continuellement des sableset du galet, sont, pour l’ordinaire, autant de cribles toujoursouverts, même aux sous-courans des basses mers; ainsi l’on doits’attendre à trouver constamment dans les fouilles faites sur l’estrandes ports le produit de toutes les alluvions des débris de la côte,dont les couches se trouvant séparées, laissent un libre cours ,aux filtrations, et présentent souvent un terrain sur la soliditéduquel on ne doit pas compter.
Il n’est donc guère permis d’employer les batardeaux dans lestravaux de mer que dans le cas d’une indispensable nécessité,comme pour des réparations aux pieds des grandes jetées, oupour l’établissement des calles de construction de navires; encoreseroit-il quelquefois préférable de faire, en avant, un draguageassez profond pour y verser de forts blocs de pierre dure, sur les-quels on pourroit établir une plate-forme de niveau, en y em-ployant du béton fait en mortier de pozzolane.
17. Les ports les plus fréquentés de la Manche reçoivent desnavires de quatre à cinq cents tonneaux, et plus ; ces navirestirent à peu près 1 5 Ji 2 o pieds d’eau ; ainsi, en supposant qu’ilsne puissent y entrer que dans les vives-eaux, à cause du balan-cement de l’avant à l’arrière des bâtimens, le terrain naturel doit setrouver au moins à 2 2 pieds au-dessous du niveau des plus hautesmers, ce qui présente de grandes difficultés pour les fondations.
18. Il y a cependant des Ingénieurs qui ont exécuté des batar-deaux de cette hauteur, afin de ne point mettre de discontinuationdans le travail, et de n’être point exposés aux inconvéniens queje détaillerai ci-après.
Nous avons vu en 17 7 o le célèbre Ingénieur suédois Thumbergentreprendre et exécuter, dans la mer Baltique, pour la cons-