PORT DE DIEPPE. 4^
Cette lettre avoit été précédée d’une autre de l’Inspecteur général,en date du 21 juin, par laquelle il annonçoit à l’Ingénieur sondépart pour faire sa tournée dans ses généralités, que la Lorraineétoit celle par laquelle il devoit commencer, et qu’il ne pouvoitse trouver à Rouen que vers la fin de septembre.
Au reçu de la lettre de M. de Cotte, la maçonnerie du radierde l’écluse étoit entièrement finie ; et quoique le caisson fût chargéd’un poids de plus de quatre millions, il se relevoit encore dansles hautes mers de vive-eau. Il étoit à craindre qu’en laissant leschoses en cet état, le fonds sur lequel devoit échouer le caissonne perdît de son uniformité, et qu’une masse aussi considérable nese tourmentât à force de toucher et de se relever, pendant les troismois qui dévoient s’écouler jusqu’à l’arrivée de l’Inspecteur gé-néral. C’étoit d’ailleurs une idée chimérique que de vouloir changerla direction du caisson encadré, pour ainsi dire, par des pieuxjointifs qui le circonscrivoient, et au-dessus desquels on ne pouvoitplus le relever, à moins d’en démonter toute la maçonnerie.
M. de Cotte se rendit à ces raisons, après en avoir conféré avecM. Peronnet et les Inspecteurs généraux qui étoient à Paris : lesayant consultés à la sollicitation de l’Ingénieur en chef. M. Devaux,Inspecteur général, précédemment adjoint à M. de Regemorte pourla construction du pont de Moulins , avoit passé à Dieppe le 1 Ojuillet j il avoit examiné les projets en général et le travail en par-ticulier. Ayant vu les choses en homme du métier, accoutumé àconduire et juger de grands ouvrages, il en fit un rapport favo-rable à M. de Cotte. Plusieurs officiers généraux, parmi lesquelson doit nommer M. de Beuvron et M. d’Àffri, lui firent égale-ment l’éloge des dispositions et de l’ensemble du travail, aprèsl’avoir jugé sur le local en connoisseurs et en hommes instruits.M. de Cotte écrivit donc le 20 juillet à l’Ingénieur en chef,