PORT DE DIEPPE. l5l
d’Honfleur seroient exécutés dans un terrain semblable à celui deDieppe, on trouvera une toute autre différence dans le rapport desdépenses.
Le port de Honfleur est situé à quelque distance de la mer.Tous ceux qui ont été témoins de l’exécution des ouvrages, saventque le terrain des fondations y est gras et compact, et laisse si peude jour aux filtrations, que, lorsqu’après chaque marée l’eau yavoit été épuisée avec un grand nombre de chapelets, un ou deuxsuffisoient ensuite pour les tenir à sec. On sait aussi que, pourformer les batardeaux, on n’a eu besoin que de la glaise desfouilles.
Comparons ce local à celui de Dieppe. Un banc de galet mêléde sable et de coquillages, s’étendant à 3 8 pieds de profondeurau-dessous du niveau des hautes mers de vives eaux , forme le terraindans lequel il a fallu fonder (1). Il est si pénétrable et si sujet auxfiltrations, qu’en moins de six heures de temps elles remplissentles fouilles à la hauteur de 7 à 8 pieds en contre-bas de la hautemer. La terre glaise y est très-rare, et l’on est obligé de la prendre à3 00 toises de distance, en traversant la rivière d’Arques, à maréebasse. Le galet offrant plus de résistance pour les pieux que laterre glaise, leur battage auroit été beaucoup plus dispendieux.
On peut donc assurer que cette difficulté, jointe au transportde la glaise, auroit au moins doublé la dépense des batardeaux, etque celle pour les épuisemens et autres frais relatifs auroit été troisfois plus considérable qu’à Honfleur, parce qu’il auroit fallu ledouble, i°. des machines, 2°. du temps pour les épuisemens, 3°. del’entretien et des autres frais.
(1) Le dessus du radier est à 18tout en galet.
au-dessous des vives eaux, reste 20 pieds