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Tome second.
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RADE DE CHERBOURG.

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puissance de la marine française , et le reste de l’escadre ennemie,contraint de se réfugier dans ses ports, avoit abandonné la mer ànotre pavillon qu’elle voyoit flotter victorieusement dans la Manche.Mais cette prééminence ne fut pas de longue durée. On peut enreconnoître deux causes principales ; l’une dans l’ordre fatal qui,donné par ce prince au maréchal de Tourville, nous fit perdre àla journée du 29 Mai 1692 l’empire que nous avions momenta-nément obtenu ; l’autre, dans l’insuffisance du port de Dunkerque,qui n’offroit au pavillon français qu’un foible asile à l’extrémitéd’une mer qu’il avoit librement parcourue. En effet, le bassin dece port, dans son état de perfection, étoit à peine capable derecevoir des vaisseaux du second rang. Ces travaux dispendieux,entrepris alors pour assurer les succès de ce monarque, et servirde monument à sa gloire, attestèrent bientôt ses malheurs. Ladémolition du bassin, exécutée à des conditions onéreuses, causaà la nation française plus de regrets qu’elle ne pouvoit attendred’avantages de sa construction.

Ces diverses considérations étoient le sujet des méditations conti-nuelles du Gouvernement ; l’esprit national s’indignoit de l’inactivitéforcée à laquelle une sage prudence condamnoit nos flottes quidepuis se sont montrées dignes de faire respecter la liberté des mers.

195. Louis XVI, immédiatement après la ratification de la paixde 1780, donna ordre à M. de Castries , son Ministre et Secrétaire •d’État au département de la Marine, de faire décider, par unecommission spéciale , laquelle des rades de la Ilougue ou de Cher-bourg seroit préférable pour y former un port capable de recevoir80 à 100 vaisseaux de guerre. D’après l’avis des Commissairesla préférence fut donnée à celle de Cherbourg.

U ne fut plus question que de trouver les moyens de remplir,dans cette rade, deux conditions très - importantes : la première,