Band 
Tome second.
Seite
297
JPEG-Download
 

RADE DE CHERBOURG. 297

vif intérêt, une partie de la Manche , dans laquelle il n’étoit entrédepuis 94 ans, époque de la malheureuse journée du Maréchal deTourville, aucun autre vaisseau de guerre Français que le Patriotearmé de 74 canons. Cette circonstance fit sentir l’importance deces travaux, dont le but étoit de rendre à la France son em-pire sur mer, en lui créant un port à la vue même des côtes desa rivale.

L’élévation et le volume immense du cône, qui flottoit majes-tueusement , en effaçant les plus gros vaisseaux de guerre, l’aspectde la flotte pavoisée et garnie de troupes sous les armes, offroientun spectacle qui enflammoit l’imagination, et ranimoit l’espritnational par les idées de grandeur qu’il lui présentoit.

2 54* L’essai qu’on voulut faire, dans cette circonstance dunouveau cabestan de M. Desvalons, retarda de près d’une heurel’immersion de la caisse. Le câble qui devoit la rapprocher à 5 otoises du cône où nous étions, avoit 120 brasses au. lieu de 6 ocomme on en étoit convenu. L’excédant qu’il fallut enrouler sur lafusée du cabestan causa, par sa longueur et son poids, une lenteurqui donna le temps à la mer de monter et de pousser la caissedans un sens contraire à sa marche. Malgré les efforts multipliésde beaucoup de bras, le câble dérivant toujours , produisit unesi violente secousse que plusieurs ouvriers furent blessés. Lehoi s’étant aperçu de cet accident eut soin d’envoyer sur-le-champ M. de Poix, Capitaine de ses Gardes, avec ordre de fairedonner tous les secours possibles. U accorda des pensions aux blessés,

et répara , autant qu’il lui fut possible , le malheur dont il avoitété témoin.

La remorque ayant été suspendue assez long-temps, on proposad échouer le cône à 85 toises de distance du premier, au lieu de 5<?,comme il avoit été décidé au Comité. Les Officiers de Marine, que

T. 2. 38