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Maximes, pensées, anecdotes, caractères & dialogues : ; précédé de l'histoire de Chamfort par P. J. Stahl; suivi de fragments complètement inédits / Sebastien Roch Chamfort
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XLVI
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XLVI

TRÉrACE.

Et en voici un autre : « Moi, cest un autre; unautre, cest moi : voilà la démocratie. »

Et encore : « Il y a en France sept millions d'hom-mes qui demandentFaumône et douze millions horsd'ctat de la faire. »

« La noblesse est un intermediaire entre le roi etle peuple comme le chien de chasse entre le chas-seur et les lièvres. »

Et enfin : « Il faut recommencer la société hu-maine, comme Bacon disait quil faut recommencerl'entendement humain. »

Mais ce fut lui qui, voyant la Révolution prendreun caractère qui révoltait sa raison, et son cœur plusencore que sa raison, disait :

« Prenons garde! nous ne sommes que des Fran-çais, et nous voulons être des Romains. »

« Grands et petits, on a beau faire, il faut toujoursse dire comme le fiacre aux courtisanes dans leMoulin de Javelle : « Vous autres et nous autres,«nous ne pouvons nous passer les uns des autres. «« 11 semble que la plupart des députés à lAssem-blée nationale naient détruit les préjugés que pourles prendre, comme les gens qui nabattent un édi-fice que pour sapproprier les décombres. »Entendant déplorer lindifférence du public pourles chefs-dœuvre de la scène tragique, il l'expliquapar ces mots : « La tragédie ne fait plus deffet de-puis quelle court les rues. »

Il dit de Barrère, à la naissance de son pouvoir :

« Cest un brave homme que ce Barrère : il vienttoujours au secours du plus fort; » et de Pachc, àun des amis de celui-ci : «Cest un ange que votrePachc; mais, à sa place,je rendrais mes comptes. »

11 traduisait ces mots : la fraternité ou lamort, quil sindignait de voir accoler sur les mo-