PRÉFACE.
XLVII
numents publics, par ceux-ci : « Sois mon frère ouje te tue, » ou par ceux-ci : « La fraternité de cesgens-là est celle d’Éléocle et de Polynice. »
Si bien qu’un jour, Hérault de Séclielles lui ayantdemandé d'écrire contre la liberté de la presse etChamfort ayant refusé avec indignation de le faire,il fut conduit aux Madelonnettes par l’ordre ducomité de salut public.
Nous avons,dans le courant de cette étude, laisséla place aux faits toutes les fois que nous l’avons pu:ce ne serait pas le moment d'abandonner ce sys-tème; car.àpartir de cette arrestation de Chamfort,rien ne pourrait égaler la saisissante éloquence deceux qui vont passer sous les yeux du lecteur.
Le séjour de la prison fut odieux à Chamfort. Lemois qu’il y passa, lui parut un siècle. Il en sortitvieilli. « Ce n’est pas la vie, ce n'est pas la mort, di-sait-il ; il n’y a pas de milieu, il me faut ouvrir lesyeux sur le ciel ou les fermer dans le tombeau. »Rendu à la liberté, il jura qu’il ne retomberait ja-mais vivant aux mains de ses persécuteurs.
VIL
Seconde arrestation. — Suicide de Chamfort. —Dernières parole*de Chamfort. — Récit de celte scène par un témoin oculaire. —11. Arsène Houssaye. — Portrait littéraire de Chamfort.
Il tint parole.
A quelque temps delà, on se présenta une secondefois pour l’arrêter. Son parti était pris, il n’essayapas même de fuir. Il demeurait alors à la biblio-thèque nationale, dont Roland, ministre de l'inté-rieur, l’avait nommé bibliothécaire.