ALF.NT.OX.
ALEXCOX.
ALEXCOX.
53
gleterre. Un de ces comles, Robert H de Be-lesme , s'est rendu fameHx par ses cruaute».C’etail, dit un contemporaiu, pour ses prisoriniers, un Pluton, une Mcgere, un Cei e,e i 1ne se souciail pas de leur rancon, inais pre-ferait les laire nionrir dans les.lourments, con-damnant les uus, hommes ou femmes, a etreempales; inhigeant ä d’autres differentes tor-tures, et faisnnt quelquefois Im-meme le melierde bomreau. Le dernier de celte race bomi-cide Robert IV, ctant mort saus poslcrite,Alis sa saun et son lieritiere, ceda a Phi-lippe Auguste Alencon et ses dependances, quiiirefit parlie du domaine de la couronne jus-qu’en 1268, que Louis IX le donna pour apa-nage ä Pierre, son cinquieme lils. A la mortde ce prince, Alencon revint ä la couronne etfut donne, par Philippe le Bel, a Charles deValois, son frere. Be conile d’Alenqon fut, äcette epoque, crigeen comte-pairie.—Dans lexjv° siede, Alencon eut beaucoup ä souffrirdes ravages des grandes compagnies. On futoblige de raser les faubourgs, le prieure deSt-Ysiges et l’IIötel-Dieu de Monlsorl, ahnd’empecher l’enneini de s’y forlilier. Le pays,gonverne ensuite par des priuces bons et armesde leurs sujets, jouil pendanl un demi-siecled’une graude prosperite et d’un cbmplet repos.
Vers la iiu du xiv e siecle, Alenqou fut ihrigeeil duclie, par Charles VI, roi de France,Henri V, roi d’Angleterre, s’en empara en1417, et en fit don au duc de Kedforl, soafiere. En 1421, les Franqais reprirent la ville,quiretomba an pouvoir des Anghiis en 1428,pms revint ä Charles VU en 1440; mais lesAnglais y lentrerent en 1444 ; enhn, en 1450,ils en furent definitiv-erneut chasses. — Le du-11 fut reuni ä la couronne en 1525.
u 1559, la ville deviutle douaive de Catherinede Medicis, nitre de Charles IX; eile renfer-juail alors un grand nombre de calvinistes, eteut beaucoup a aouffrir des querelles reli-gieuses. es protestanls, etant en majorite,pdlerent les eglises et devaslerent les couvents;ucanmoins, lorsque arriva la St-Barthelemy,le brave Malignen, c l le f des wrtwU villt
a bout dempeclier tonte sangl a „t e renresaille,et sauva la vie ans proteslants. Bes Iigueurs
s empavevent de la TlUe d , Alenpon ^.gg,
ehe iutreprise en 1590 par Henri IV lui-möme,it alors detruire une parlie du chäteau.Ln 1605, ilengagea cette ville au duc de Wir-teinberg, auquel il devait des sotnmes consi-derables, Marie de Medicis, sa veuve, vem-boursa cet engagemeot, el fut subrogec aus.droits du duc. A sa mort, Alencon cehut äGaston (Töileans; puis, apres avoir forme, en1660, le douaire de la veuve de ce prince,passa par mariage au duc de Guise. — Lesguerres relieieuses avaient continue ä desolcrfc ville ; pendant le xvrf siecle, les predica-tions des pasteurs protestanls et les re utationsdes pretres catboliques y furent souvent occasion de graves desordres. Ba revocatiouVedit de Nantes, en 1681, porla aux calvinistesun coup terrible, et fut signalee ä Alehcon pardes atrocites i'pouvantables.
Bes armes d’Alenijon sont : seme deFrance, ä la bordurc cousue de gueules,chargec de dix besants d’or. —Dans unma-nuscrit de 1610, eiles sont indiquees : d’azurä trois faux d'arger/t, et dans un autre ma-miscrit de 1669, elles sont indiquees : d’azura l’aigle etor au vol abaisse becejueetmembrede gueules.
Ba ville d’Alencon est situee dans une graudeet fertile plaine entouree de forels, au confluentde la Sartlie et de la Briante; eile est grande,bien bätie, et entouree de cinq faubourgs tres-agreablcs. Bes rues sont generalement larges,bien pavees, propres et assez bien percees. Baprincipale de ses places publiques, sur laquelles’elevent l’hötel de ville et le palais de justice,communique ä une magnifique promenadeplantee de beaux arbres, qui a beaucoup deressemblance avec. le Bois et la grande allee dujardin du Buxembourg ä Paris.
Ba catheohale, sous l’invocation de Notre-Dame, est un edihee gotliique dont la construc-tion fut commencee en 1553 ; le portail, re-marquable par ses sculptures, ne fut achevequ’en 1617; il offre trois grandes entrees queprecede une facade legere et hardie; les troisarchcssont surmontees de pyramides, et garniesde galeries et de niclics; la nef dale du xvi°siecle, etesldccoreed’orueinentsgothiques tres-riches; eilea 31 in. 30c.delongueur, 9 m. 75c.delargcur et 19 m. 50c. de hauteur. Dechaquecöte cinq arcades ä ogive y souliennent des ga-leries ä jour, au-dessus desquelles sont cinqgrandes croisees u vitraux colo ries, qui rappel-lent plusieurs traits de l’histoire des seigneursdu lieu. Bes pilicrs de cette nef sont massifs;les bas coles sollt etroils et uuisenl egalenient äla grfice de 1’ediGce. B’eglise a la forme d’imecroix latine. B’autel, place sous la premiere ar-eade du cluvur, est fort beau; il est decored’une Assomption en marbre blanc, etsmmonted’un baldaquin en euivre, soutenu par quatrecolonnes de marbre blanc. MalbeuieusementJe cheeur qui, au milieu du xvm e siecle, avaitetc entierement delruit par un incendie, a eiereconstruit Sans aucunes sculptures, et cellenudite presente un conlraste avec la richessedu reste de l’edifice. On remarque aussi lachaire, qui date du xvi e siecle, et ä laquelleon arrive par un escalier pralique dans le pilierauquel eile est adossee. B’eglise Nolre-Damcavait autrefois une lieche de 47 ni. d’iileva-tion, qui a ete renversee par la foudre en 1744.On y voyait les tombeaux des anciens duesd’Alencon, detruits lors de la revolution. Onn’y remarque plus que la statue agenouillee deMarguerite de Lorraine. — B’cglise Notre-Dame, ainsi que les resles deTaiiden cliäteau,ont ete designes par l’autorite locale, commeetant susceplibles d’etre classes au nombre desmonuments hisloriques.
L’eglise St-Li.oxahd est une reconstruc-tion du xv" siecle; une des chapelles seule-ment rappelle un monument plus ancien quiremonlait au xi'.
L hotel de la PREEKCTURK, autrefois Pin—tendance, est un bei edifice en briques, cons-
truit par Froment de la Benardiere et aug-mente par la duchesse de Guise.
L’hötel de ville a ete construit en 1783,sur l’emplacement de l’ancien chäteau, dont ilreste encore trois vieilles tours couronnees decreneaux, parfaitement conservees, qui serventaujourd’hui de prison. Ce chäteau fut fondedans le x e siecle par Yves de Belesme; maisla forteresse, dont les trois tours sont encoredebout, date du xii", du xm e et du xir° siecle;un donjon, renverse en 1784, elait l’ouvrage deHenri 1", roi d’Angleterre. Les deux grossestours massives formant la porte d’entree, et latour couronnee avec ses mächicoulis, son cre-nelage, ses fenetres carrees et son toit arrondi,denotent des constructions de la hn du xiv"siecle.
La bibliotlieque publique, renfermant en-viron 8,000 vol., est placee dans la partic su-perieure de l’eglise du College.
On remarque encore ä Alencon: le palais dejustice, de construclion moderne; l’höpilal ge-neral et l’liospice des alienes ; la halle auxgrains, rotonde massive ä peu pres semblableä celle de Paris, mais beaucoup moins gra-cieuse; la halle aux toiles; la poissonnerie;l’ahattoir public; l’eglise de Montsort, cons-truite dans le vui" siecle; la salle de spec-tacle; l’hippodrome, destine aux courses declievaux de premier ordre pour vingt et un de-partements, etc., etc.
On doit visiter ä 8 k. ouest d’Alencon labutte de Chamnont, qui domine au loin unegrande etenduede pays. A 500 pas de sonsom-met, ä l’est, on trouve uue premiere enecintede pierres seches avec des traces de baslionsqui annoncent une premiere ligne de defense.Parvenü au point le plus eleve, uneseconde en-ceinte du meine geure, plus apparentc, avecun large fosse en dehors, presente un camp fortdifficile ä forcer. Enhn, au point central, onrencontre les fondements d’un donjon , et unpuits aujourd’hui comble (Mcm. de la soc.des ant. de Normandie, t. ix).
Industrie et commerce. Lesenvirons d’A-lencon produisenl beaucoup de fruits, du cidre,du poire , des laines, des plumes, des clievauxrenommes, des bestiaux, des volailles, etc. Ony trouve du minerai de fer, de l’argile ä polier,des carrieresde granit, dans lesquelles on ren-contre des quartz enfumes, connus sous le nomde diamants d’Alenqou, ainsi que des bcryls ouemeraudes jaunes. — L’iuduslrie de celte villea bien cliange depuis vingt ans. Elle consistemainlcnaul en quelques tanneries, bruleries oudistilleries de lies de cidre, brasseries, blanchis-series de toiles; hlatures de chanvre et de co-ton; fabriques de mousscline de laine ä impres-sion et pour meubles, fabiique de bougran. Uneindustrie plus active est celledes toiles connuessous le nom de tolles d’Alencon. Suivant unestatistique de l’Orne, publice en 1834, il s’enest vendu cette annee-lä 21,670 picces, savoir:1,016 pieces 4/4, de 70 ä 80 aunes pour draps;3,082 pieces 15/16; 1,308 pieces 7/8; 4,832pieces 2/3 pour chemises; 6,166 pieces 5/8;2,366 pieces de servieltes de diverses largeurs,