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LILLE.

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teur du Haut-Bourdin, sur la haute Deüle.N’ayant pas assez de monde pouv completer leblocus, ils fureut l’orccs de laisser libre le cötede la porle d’Armentieres, qui menageait ä laplace une communicalioii avec Dunkerque. Leduc fit repandre le meme jour une proclamation;il s’etait Halte qu’en fuisaut eclaler sur la villeune forte pluie de boulets rouges el de bombesil eu serait bientöt le maitre. Mais les Francaiscommencereiil par brüler les faubourgs de Fi-ves et de St-Maurice, qui pouvaient favoriserles Aulrichieiis pour s’approcher de la place.Le general Labourdonnaye eut ordre du minis-tre de la guerre de ramasser des troupes dansles plaines de Lens, ahn de tourmenler les Au-tricbiens sur leurs Communications. Les enne-mis avaient recu d’Ath une nombreuse artille-rie el un amas prodigieux de poudre, de bom-bes et de boulets ; ils commencerenl donc leurstravaux dans la nuil du 25 au 2G, du cöte desportes de Fives et des Malades ; mais ils en fu-reut. deloges par les assieges , qui firent unesortie des l’aprcs-inidi, se jeterenl sur la telede leurs ouvrages, et les obligerenl de les abau-donner. Les deux jours suivanls, les Autrichienss’elendirent sur la gaucbe et sur la droite, äl’abri des masures du laubourg de Fives, et yplacerent de formidübies batterics avec desgrils pour rougir les boulets. Apres avoir acbe-ve leurs travaux et rccule a Aspes bmr quar-tier general, ils envoyerenl au conunandaut eta la muuicipalite le major autricbien d’Aspes,preceded’uu trompelte, avec deux sonmiatious :on y üattait les liabilanis d’etre traites avec laplus grande moderatiou s’ils voulaient oubiierla cause qu’ils avaient scrvie jusqu’a ce jour,et se livrer a leur souveraiu ; et on les mena-cail en meme temps de tous les ileaux de laguerre s’iis opposaient quelque resistance. Leparlemenlaire esl reuvoye sans avoir rien obte-nu. Les Lillois avaient jure de s’ensevelir sousleurs murailles plutöt que d’ouvrir leurs portesä Fennenü, et les prcmicres bombes lauceessur la ville ne font que rauimer ce noble de-vouement. Viugt-quatre pieces de canon degros calibre, chargees ä boulets rouges, tirentsur la ville avec une extreme violence. Les Lil-lois ouhlicut leurs propres inlerels pour nesonger qu’ä se dclcudre et a veiller a Finteretgeneral : ils agissent dans le plus grand ordre.Des veilleurs etaient postes dans tous les quar-bers pour arreler les ravages des bombes , auxbeux oü eiles tornbaieut; des vases pleins d’eauetaient preis a toutcs les portes. Un canonliierbourgeois servait une piece sur les remparls ;011 accourl Favertir qu’un boulet rouge a incen-bie sa maison ; il se relourne, voiL les tlammes( 1 UI la devoraient, et conlinuc sa cbarge en di-saut • Je suis ici ä monposte; rendons-leurßupourfeu. Quaud une maisonne pouvaitplus eLre habilee , on s’cmpressaiL d’ollrir unasde aux malbeureux qui en avaient etc pos-sesseurs; et. des lors tont lern- elait coinmim.tiuvez, mangez , leur disait-on, tant que maProvision durera; la Providence pouiyoira al aveuir.

La lureur de ce siege etail encore excitee par

Farcbiducbesse Clirisiine, gouvernante des \Pays-Bas, qui le dirigeait. elle-meme, en plai- [santant. sur les calamites des malbeureux Lil-lois. Ceux-ci repoudaient vivement de leursremparts au feu terrilole de Feunemi; mais cen’etait qu’un faible secours pour la ville. L’in-ccndie avait consmne l’eglise St-Eiicnne et plu-sieurs maisons voisines ; le quartier de la pa-roisse St-Sauveur elait encore plus endommage.Le \ nr octobve, l’eimemi continua un feu tres-vif; des incendies parliels se manifesterem äFhöpital militaire et a 1’liölel de ville. Le memejour, ie general Lamorliere entra dans la placeavec huit bataillons. Le feu, qui avait paru seralentir dans la journee du 2, reprit le lende -main avec une teile violence, que les pompesde la ville ne furent pas sulbsantes , et que cefut avec la plus grande reconnaissance qu’onvit arriver celles de Bethime, d’Aire, de St-Omer et de Dunkerque. Le bombardemeut etla canoimade duraient depuis cent quaranta-quatre heures sans inlemiplion, el les ennemissemblaient moins aebarnes contrc les rempartset les troupes que sur les deine,ures des mal-lieureux habitants. Six mille bombes et trentemille boulets etaient deja tonibes dans la ville,dont la garnison se vit augmentöe de deux nou-veaux bataillons de voloutaires et d’un batail-lon de troupes de ligne. Le feu des Autrichiensdiminua des lors sensiblement jusqu’au 6 oc-tobre, oii il cessa tont a fait dans l’aprcs-midi.Des traits d’une rare fermete se multiplierentdurant ce inemorablc siege. Un boulet, tombedans le lieu des seauces du conseil de guerre, yfut dcclare eil permanence comnie l’assemblee;d’un aulre cöte, un barbier ramasse un eclat debombe, el, avec celte gaiele naturelle auxFran-eais, meine au fort des plus grands dangers, ils’en seil de bassin pour rascr quatorze ci-loycns. Fatigue de la resistance des Lillois,averti d’ailleurs des avantages des Francais enChampagne, cl de l’obligation ou ils avaient misles allies de baltre en retraile, le duc de Saxe-Teschen songea lui-meme n se retirer.

L’armee du camp de Lens augmenlait dejour en jour : Dumouriez elait pres de s’y reu-nir. Le duc courail donc les risques, en demeu-rant quelques jours de plus devanl Lille, de setrouver entre deux armees, l’une sortie desmurs de la place, Fautre venant de Champagnevers Valencieuues, cl se porlant entre Tournaiet ses derrieres pour le couper, avant qu’il eutle ü‘mps d’etre secouru par le general Clerlait.Il fut force en eonsequence d’abandonner uneplace dont il avait teilte vaiuement ue lairelaconqnete, et qu’il avait cruellement incendieepar un bombardemeut. inulile, puisque , ioinde pouvoir eutreprendre un siege en regle, iln’avait pas meme assez de troupes pour la cer-ner. Ou apprit peudant la nuit la retraite desAutrichiens a la droile de la rivicre de Marquc,a Pont-a-Tressin. On se mit sur-le-champ adclruire les travaux de l’ennemi, qui perditdans cetle ientalive un grand nombre d’aüutset d’altirails d’artillerie , et environ deux millehonnnes, lues ou blosses,. Les Francais eurenti ä regrelter a peu pres autant de leurs camara-

des, outre le donnnagc immense qu’eprouvacelte ville celebre.

Les armes de Lille sollt : de gueules äune fleur de lis d’urgent.

La ville de Lille est siluee dans une contreeextrememcnl fertile, sur le canal qui coniinu-nique de la Sensee a la mer, et sur la moyenneDeüle, qui la traverse et y est navigable. Elleest entouree de lortihealious immenses, et de-fendue par une bonue citadelle.

On y compte 34 places ou marches ; 25 ou30 ponls, tant grands que petits; pres de 200rues, et un grand nombre de ruelles et de courson impasses ; de 8 ä ,p,000 maisons, et envi-ron 73,000 habitants. Ses rues sonl bien per-cees, garnies delroltoirs; les maisons, presquetoules rcgulicres el pour la plupartd’un goütmoderne, presentem generalement de helles fa-cades a deux ou meine trois etages , ayant descaves peu profondes dans lesquelles, encerlainsquartiers, löge une quantite prodigieuse depeuple, ce qui nuit considerablement a sa saute.Mais, grace aux elforts d’une admiuistrationpaternelle , le nombre de celles qui serventd’haliitations est considcralilement dirninue, etlout fait espercr qu’elles ccsserout d’elre con-sacrees a cel. usage. Les maisons sont solide-ment baties de briques ou de pierres calcaires,qu’ou tire des carrieres de Lezeunes, pres deLille.

La citadelle est un pentagone regulier, de-fendu et eouvert a Fexterieur par tout ce quel’art et le geuie out pu inventer ; c'est avec rai-son qu’on la regarde commela plus belle qu’ily ait en Europe. Elle est separee de la ville parune tres-grande esplauade, dont Fextremile, ducöte de la \ille, est plautee de plusieurs alleesd’aihres paralleles ä un tres-beau canal. Cetlevaste et magnihque promenade , ornee au mi-lieu d’un bassin avec un jet.d’eau, est termineepar un joli portique avec gradins et colonnes,formant une belle perspective. Le canal futcreuse en 1750, pour joindre la haute Deüle ala hasse Deüle. Les eaux de ces deux partiesde la meme rivicre coupeul la ville en un grandnombre de petits canaux necessaires aux di-verses manufactures qui y sont etablies. Il lautune arniee considerable pour faire la circon-vailation de cetle place, qui est en etat de sou-tenir avec succes le siege le plus vif et le plusopinialre. L’enceinte interieure du corps de laville a 2,338 m. 81 c. de longueur sur 1,169m.40 c. de largeur. Eile est de forme ovale; lapari ie qui regarde l’ouest est un peu plus largeque Fautre. La citadelle , qui esl au sud-ouestde la ville, a environ 389 m. 80 c. de dia-nietre.

On ne compte a Lille tjii’un pelit nombre demonuments et d’etablissements publics; lesplus rcmarquables sont:

Ij’egi.ise St-Maurice , dont la constructionremonte a 1022. Elle est encore assez belle,malgre la demolition de sa tour, et est orneedes statues de samt Fierre et de saint Paul,sculptces par Bra.

L’eglise St-Baxjl est aussi une fort belleeglise, dont la tour elait surnionlee d’une Ile-