LYON.
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ancieuuele k celui-ci. C’est une fondation deChildebert et de la reine Ultrogothe , sonepouse. L’administration eu fut d’abord confieea des personnes laiques sous la direction del’archeveque , et celte forme dura plus de dix'i«:1t's. Elle passa ensuile successiveinent ä desreligieux de differents ordres ; enlin en l’annee1486 les conseillers eclievins de la ville s’enchargerent, et gouvernerent cet höpital imme-diatement et par eux-memes jusqn’en 1583 ,qu’ils remireut ce soin k douze citoyens , dontte nombre fut porte dans la suite ä quatorze.L’entree priucipale de l’liöpital a ete refaiteen l’aunee 1708. Ferdinand Delanwnce, qui eua donne le dessin , a su faire valoir l’irrcgula-rite de la Situation , et en a fait un morceauU’architecture tres-joli. La porte exterieure estouverte en areade, accompagnee de deux co-lounes doriques qui portent sur des socles etsoutiennent un entablement regnanl. Un grandattique a pilastres s’eleve au-dessus du premierordre et renfernie une tablc d’inscription , oüi st grave le nein de cette maison. Ce portail esteuchässe dans deux portions de cercle qui sejoignent aux bätiments des cötes , et qui ser-"mt a eaelier tonte l’irregularite de cette Si-tuation; il donne entree dans un Vestibüle oc-logone qui degage dans l’ancien cloitre par oül’on va aux appartemeuts. Ce Vestibüle estvoüle en eroupe et decore d’ornements qui ser-vent a raccorder, d’une maniere fort inge-uieuse, les anciennes voütes avec les nouvelles.ku centre de la cour on voit une superbeeroi.x en fer, entouree de saules pleureurs, eri-gee par les administrateurs et bienfaiteurs del’hospice , ainsi que par Ia soeur Olard, eil1813. - L’interieur de l’lidpital consiste priu-
’ ipalement dans la grande infirmerie, sur ledessin de celle de Milan. Elle est disposee enlornie de croix grecque, ayant 186 m. de lou-n'ieur , dans cliaque partie de laquelle il y abois rangees de lits pour les malades. Ces'astes salles sollt vulgairement appelees lesM'tatre rangs ou des fievreux , et ont 10 m.86 c. de largetir et 8 m. 33 c. de hauteur.■Utaix de ces rangs sont destiues pour les bom-•ues et les autres pour les feninies. Au milieul’emplacement oü aboutissent ces quatreian gx s’eleve un döine de 12 m. de dianietre ,M "is lequel est un autel isole qui peilt etre vud''s rangs les plus eloignes , niais qui manqueaiisolument de proportion ; les prieres qu’on y'• deux fois par jour peuvent etre entenduesd p tous les appartements, et le prötre peut etrede tous les malades. Eu general tous lesds sont de fer et au nombre d’environ 1,800,-onipris ceux des membres de la communaule( l'u sont altaehes au Service des malades, et qui* niontent k 26(1 : tant que le nombre des’nalades le perniet, on les coucbc seuls dans^aqtie fit. ße I a grande salle on passe au'>nie principal, sous lequel se trouve un grandx .l autel bien decore. La salle qui forme la; di, (lome est destinee aux blesses ;
( j, e a ' lle s nr le quai du Rhone. On a eu soin^ nuvi ir dans le dorne plusieurs grandes fene-■' • et , pour prevenir les accidents, on a
place un grillage assez serre jusqu’a la hauteurd’environ 2 in. 33 c.
La salle des operations et celle. des femmesblessees ne sont point separees, et c’est ungrand inconvenient; aucune salle meme liefest:il serait utile de les fermer , mais alors l’aircirculerait moins lilirement que dans un vasteespace, et ce serait un mal plus fächeux que lepremier. Cependant rien n’est plus affligeantque la vue de cette foule d’honunes reunis dansun meine lieu, qui, outre les maux dont ilssont accables, ont encore le spectacle continneldes souffrances des autres, et entendent sanscesse les cris et les gemissements de la douleur.
Outre les deux salles ci-dessus decrites ilexiste encore dans la partie la plus elevee de lamaison deux autres ebambres, appelees cliam-bres des convalescents. Elles sont destinees arecevoir ceux qui sont gueris, Sans avoir re-couvre leurs forces.
Ce superbe etablissementest de la plus grandebeaute. Le Service s’y fait avec autant de gene-rosite que de soins. Cent cinquante smurs ser-vent les malades, et preparent les remedes quisont ordoimes. La pbarmacie est remarquablepar sa grandeur et par l’ordre qui y est elalili;eile fournit aux besoins du public et aux pau-vres malades des paroisses, qui y trouvent lesremedes gratis. Une seconde est spccialementdestinee a l’nsage de la maison. La belle facadequi dominc sur le quai du Rhone fut coustruitevers le milieu du siede dernier par l’architecteSoufllot. C’est un magnifique bätiment, quin’aunonco nulleinent l’asile de la pauvrete souf-frante. Le donie qui le couronne parait, il estvrai, un peu inassif en raison de l’elevation del’edilice; mais cette disproportion disparaitrait,si la facade etait entierement terminee.
Maisox i>e i.a Charite. Cet etablissement estune grande preuve de la ebarite des Lyonnais.En l’annee 1531 une sterilite affreuse ayantoecasionne la faminc, le peuple des environs duRhone et de la Snbne fut reduit a une si grandemisere, que ne sachant que laire des bouchesinutilcs on les niit, dit-on, dans des baleaux oüonles abandonna au courant de l’eau; plusieursde ces bateaux arriverent a Lyon. Ce spectacletoucha vivement le Coeur des Lyonnais; tousces malheureux, au nombre de douze mille,furent recus charitablement et secourus, uo-nobstant la disette dont la ville soulfrait aussibeaucoup. D’abord ils furent partages dans lesmaisons, clntcun en prit chez soi, ensuite l’onpourvut eu common ä leur nourriture : on laleur distrilmait, ainsi qu’aux pauvres de laville, en differents endroits. lluit notablesbourgeois furent charges de ce soin et de rece-voir les aumones qui se faisaient pour cela :cette bonne ccuvre fut continuee depuis le 19mai jusqu’au 9 juillet; et alors le temps de lamoisson ayant rappele tous ces pauvres k laCampagne, il se trouva encore entre les mainsdu tresorier de celte association une somme de396 liv-. 2 s. 7 den. de reste des aumones. Ilfut resolu dans une assemblce des principauxbourgeois de la ville de les employer k la nour-riture des pauvres de la eite, et de contiuuer a
l’avenir de leur fournir les memes secours. Onetablit a cet eilet une espece de bureau dans lecouvent des cordeliers de St-Bonaventure. En1613 on fit encore plus; car, sans disconti-nner cette distribulion, on bätit une maisonpour reufermer les pauvres mendiants. Ils fu-rent d’abord loges dans la maison de St-I.au-.rent, liors de la porte de St-Georges, sur lecliemin des Etroils; mais, ce bätiment n’etanlpas süffisant, on acheta un grand espace de ter-rain qui faisait partie de l’ancienne place deBellecour, et ii l’aidc des liberalites deM.Marquemont, archeveque de Lyon, des cha-noines de la cathedrale, de M. d’Halincourt.gouverneur, et de plusieurs riches citovens,l’eglise et l’böpital furent mis a peu pres dansl’etat oii ils sollt aujourd’bui. Dans la cour, enface de la porte d’entree, il y a des tables noi-res sur lesquelles on a grave les noms des per-sonnes qui, en mourant, ont institueponr leursheritiers les pauvres de cette maison.
Les bätiments de cet hospicesont Ires-vastes.Neuf cours, dont une plus grande au milieu,separent les differentes parlies et contribuent äaugmenter la clarte, quoique l’on ait tache d’vmenager toutes les commodites dont on avaitbesoin. Les proportions de cet cdilice ne sontavantageuses ni dans le detail ui dans le tont,ensemble. La facade s’etend jusqu’ä la casernede cavalerie, vulgairement connue sous le nomde nouvelle Douane, et n’est remarquable quepar sa noble simplieite. L’entree principale aete restauree en 1827. Dans la partie supe-rieure du portail on remarque un bas-reliefexecnte par M. Legendre-llerald ; six figuresä peu pres de. grandeur naturelle composentcet ouvrage, dont le sujet est la Charite elle-meme. Jusqu’a present, Ia plupart des peintreset des statuaires qui avaieut essaye de repre-seuter cette vertu, s’elaient attacWs k la mon-tier assise, allaitant plusieurs petits enfantsplaees sur ses genoux. M. Legendre-llerald acru pouvoir sortir de la routine. La Chariteest deboul, le sein gauche decouvert; eileelend la main gauche vers l’eufant d’unejeune et pauvre fennne qui lui demande l’au-möne, et de la main droile eile donne du paink un malheureux vieillard, egalement accom-pagne d’un petit enfant, que l’artiste a repre-sente la töte et les yeux baisses ; un autre petitenfant est assis aux pieds de la Charite, et a latöte et les regards tourncs vers eile.
IIospice de l’Axtiqcaielk. Il a sa principaleentree par la place de ce nom, et occupe l’em-placement de l’ancien palais des prefets dupretoire ou gouverneurs des Gaules. Plusieursempereurs romains l’ont habile; Claude et Ca-ligula y sont nes, et c’est aussi dans ce palaisqu’Antonia aecoucha de Germanicus.
L’Antiquaille n’etait qu’un lieu couvert deruines, et environne de vignes, lorsque PierreSala, d’une des familles de Lyon les plus dis-tinguees dans la magistrature, fit elever a laplace, l’an 1500, une belle maison somptueu-sement liätie, dans laquelle il reunit les monu-ments de l’antiquite que ce quartier ofi'rait enabondanee. Ce fut la destinatiou donnee a cette