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LYON.

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en perspective de charmants poirits de vue. Cesquais se prolongent depuis le pont du Cliangejusqu’ä celui de Serin, et offrent des pprtscommodes pour la navigation.

Le nombre des ports de debarquement estde dix-huit, dont quatre sur le Rhone et qua-torze sur la Saöne. Celui de la Feuillee, sur laSaöne, est la Station ordinaire des beclies, pe-tits bateaux munis de cerceaux recouvertsd’une toile, qui servent ä conduire les Voya-geurs ou les habitants de Lyon ä l’ile Barbe oudans les campagnes environuantes. Ce sont or-dinairement des femmes qui exercent la pro-lession de batelier, dans toute la partie de laSaöne qui s’etend depuis le port de la Feuilleejusqu'ä l’ile Barbe. Ces batelieres sont desfemmes de tout age, ou de jeunes lilles souventremarquables par leur beaute, qui aident aleurs meres, et qui meme quelquefois condui-sent seules a deux rames ; leur liabillement estblanc, d'une proprete recherchee, etressemblea peu pres ä celui des paysanes du Lyonnais, al’exeeption de la coiiVure, qui est un grandchapeau de paille orne d’un rubau noue sousle mentou. Les jours de dimanclie et de fete,toules ces batelieres sont assises sur le parapetdu quai, ä la file les unes des autres, cherclianla deviner au costurne et ä la demarche despassants s’ils arrivent pour faire une prome-uade sur la Saöne; elles les engagent, les pres-sent par des plirases caressantes et sonores, etleur vantent les agrements d’un voyage pareau. Des familles entieres ou des societes d’a-mis se placent dans ces bateaux, les uns pourse promener sur la Saöne, d’autres pour serendre ä leurs campagnes. Souvent les ama-leurs s’y embarquent pour faire de la musique,et parcourent ordinaircment, avec des bateaux«claires ou Fon place des pupitres, toute cettetiellc partie de la riviere qui s’etend de l’ile*f«rbe a Lyon. Le inouvement de toutes cesPeches illuminees, d’ou partent des sons agrea-bles, produit un effet delicieux.

Ib.Acrs. Lyon possede plus de 50 places pu-^’liques , dont quebpies-unes seulement sont'Ostes, assez regulieres et ornees de beaux cdi-*‘ces ; les autres sont petites etn’olTreut aucune.

' egularite. Les priucipales Sont:

La place Bellecour, une des plus helles etplus vastes de l’Europe. Elle a la forme** u u Parallelogramme Ircs-ällonge, de 310 m.delong sur 200 m. de large d’uucüle, et 225 m.

l’autre; irregularilb qu’on a i'ait disparaitrel' ar une plantation de tilleuls qui occupe toutea * a ce meridionale et derobe la vue des mai-sous de ce cöte.

be nom de Bellecour ltii vient, dit-on, det’eiui J e ]j e [[ a Curiu que ce lieu portail depuisl - second siede de l’cre chretienne. Elle futl 'n»uite nommee place Louis-le-Grand ; sous leonsulat, eile recut le nom de place Bonapartef l’> eile changea pour celui de Napoleon. CetteI’ a( e offre une protnenade d’autanl plus agrea-’e quelle est piesque au centre de la villc.ux deux extremites sont deux corps de bäti-! s .' , ' n etriques , presentant une faeade de

* ,,,a ScSi dont un avant-eorps, decore de

buit pilastres , occupe le centre. La Statueequestre de Louis XIV, detruite pendant nostroubles civils, a ete remplacee en 1826 parune statue semblable, ouvrage du cclebre Le-inöl ; eile est elevee sur un piedestal eutoured’une grille d’un hon goüt. Le terrain de laplace est ferme, ä une cerlaiue distance, parune banquette de pierre de laille. Les faqadesdu Rhone et de la Saöne sont ornees de beauxtrottoirs et eclairees au gaz. La promenade desTilleuls, qui orne cette place, est fort belle ettrcs-frequentee.

La place des Terreaux est la plus remar-quable apres la place Bellecour ; son nom, quisignifie fosse dans le langage du peuple deLyon, rappelle la premiere destination de celieu, Cette place est petite , mais reguliere ;liuit nies y aboutissent. L’liötel de ville et lepalais des Arts en occupent deux cötes; lesdeux autres faeades sont formees de diffe-rentes maisons particulieres. Le centre, cir-conscrit par des banquettes, etait autrefois de-core d’une pyramide qui a ete delruile en1660- C’est sur cette place que fnrent excculesde Tliou et Cinq-Mars.

La place du Mcridien ou des Cordelicrs.Cette place ofi're un des points de vue inte-rieurs de Lyon les plus interessants : au milieus’eleve une colonne cannelee de plus de 20 m.de liauteur, surmontee d’une statue colossalerepresentant Uranie qui indique le meridien.Cette place a etc le theätre de grands evene-ments au mois d’avril 1834 ; c’etait le quar-tier general des ouvriers iusurges.

La place des Celestius. Cette place conduitä la belle rue St-Dominique par un passageforme de magasins. Elle est reguliere, orneede plusieurs eafes remarquables et de hellesmaisons nouvellement construites. L’un descötes est occupe par le theätre des Celestins, leplus frequente de Lyon.

l.a place du Change. *Elle doit son nom ä1’etablissement de la banque de Lyon sousFrancois I". Comme eile etait beaucoup troppetite pour contenir Fadluence des negociantsqui s’y rassemblaient , Henri III ordonna auxconsuls d’acheter deux maisons pour l’agran-dir; mais les diflicultes qu’ils rencontrcfent dela pari de l’archeveque et du chapitre pour laeonclusion du marcbe irrilerent le peuple äun tel point, que le 2 octobre 1585 il s’y purtaen foule et abatlit les deux maisons. Depuiscette place a encore etc agrandie. Elle est assezreguliere et ornee d’un joli edifice qui sert detemple aux proteslants.

l.a place Salhonar. Elle doit son nom äla reconnaissance des habitants pour M. deSatbonay , maire de Lyon, dont l’adminislra •tion fut marquee par un grand nombre de tra-vaux importauts. Cette jolie place sert d’entreeau jardin des plantes ; eile est environnee debeaux edifices, bien pavee, et ornee d’une fou-taine surmontee par la statue du celebre rne-canicien Jacquard, qui a fait faire ä la fabriquedes elod’es de soie un pas immense par lacreation d’un nouveau melier qui eeonomise letemps et les brus.

Le marche qui etait sur cette place a disparudepuis la creation du marche Couvert de laMartiniere.

Place de la Charite. La place de la Chan li-est belle par sa Position entre un des plusbeaux quais du Rhone et la place Bellecour :au nord plusieurs hötels reunis forment uncorps d’architecture regulier ; vis-ä-vis est l’e-glise de la Charite, surmontee d’un joli clocherde forme octogone.

Place de la Prefeclure. Cette place, forigramle, inais trcs-irreguliere, precedemmeutuonunee Confort et des Jacobins, est le centrede quarliers tres-popideux; eile sert d’aveuueä l’liötel de la prelecture et au beau passage del’Argue. On y a construit un theätre en 1834.

La place de VHomme de la röche. Cette pe-tite place doit son nom ä une statue en boisrepresentant un guerrier avec une cuirasse etune liallebarde, tenant une bourse ä la main.Si l’on interroge un homme du peuple sur cequ’ou a vculu representer par cette statue, ilrepondra : « C’est le hon Allemand qui marieles lilles de Vaize et de Bourgneuf; il leur mon-tre sa bourse pleine d’argent pour les doter. i.’S oici l’origine de cette tradition populaire :Jean Cleberger, de Nuremberg, apres avoirexerce le commerce en Suissc, se mit ä la töted’une compagnie franclie, entra en Italie avecFrancois I er , qu’il suivit ensuite dans sa capti-vite en Espagne. Apres le retour de ce souve-rain, Cleberger se lixa ä Lyon, ou il devint l’undes negociants les plus distiugues, et acquit ledroit de botirgeoisie. En reconnaissance de cetemoignage de considcration, cet homme gene-reux repandait ses bienfaits sur la classe ou-vriere; chaque annee il employait une sommeconsiderable ä la dotation des pauvres lilles deson quartier. Apres sa mort le peuple desfaubourgs de Vaize et Bourgneuf lui eleva unestatue en bois, et chaque fois que ce fragilemonument s’est detruit il l’a renouvele ä sesfrais. Cet usage, que la reconnaissance a con-sacre , n’est point lornbe en desuetude •. eu1820 une nouvelle statue du hon Cleberger.apres avoir ete promenee dans toute la ville ausolides Instruments, a ete placee sur le roc,d’ou eile domiue la route de Paris, avec lesmemes ccremonies qu’en 1716. Cette statue äete remplacee en 1844, par une statue enbronze,executee par M. Lepping, jeune statuairelvon-nais.

Pres de l’Homme de la röche etait le fort dcPierre-Seise, l’un des moiuimenls les plus cu-l ieux du moyen äge. Le grand rocher de granitsur lcquel il avait eie eleve s’avanqait dans laSaöne de maniere ä ne laisser auctin passage ;Agrippa le fit couper pour etablir l’une desquatre grandes voies romaines qu’il ouvrit dansles Gaules et dont Lyon etait le centre.

Quelques historiens attribuent la construc -tion du. chäteau fort de Pierre-Scise aux roisde Bourgogne ; maisil paraitplus vraisemblablequ’il fut l’ouvrage des premiers archeveques deLyon, qui, apres l’avoir habite longtemps, l’a-bandoniierent pour aller resider au palais St-Jean. Cette forteresse fut ensuite transformee