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V1LLE DE PARIS. — OXZIEME ARRONDISSEMENT. — N° 41. QUARTIER DU LUXEMBOURG.
Pextremite orientale du cubde-sac de I^otre-Dame des Ghanips; extre-mite que 1’on a ouverte, et qui a converti ce cul-de-sac en une rue uom-mee de Flciirus. A la lin de l’an iv ( 1795), la Convention nationaleconnnenea Pexecution du projet de la helle avenue qui se dirige depuisie palais jusqu’ä robservatoire. En 1801, on renouvela tous les arbresde la partie orientale du jardin ; on donna au terrain une peilte regu-liere ; on planta pareillement la partie meridionale qui avoisine lagrande popiniere. Le parterre fut entierement changc en 1801 ; des ta-lus eu gazon succederent au double mur de terrasse qui le bordait; illut elargi considerablement par deux espaces demi-circulaires , etablissur les cotcs. Au milieu , on placa une piece d’eau plus etendue quePancienne, qui presentait un Parallelogramme. Le parterre se terminait,du cöte meridional, par un vaste escalier, compose de dix marehes etorne de statues. Tous ces ouvrages furent executes sur les dessins deChalgrin. Dans les aunees 1810 et 1811, ce parterre eprouva encore denotables et hcureux changenients. La route de la grande avenue qui sedirige vers l’Observaloire , a force de depöts successifs de gravois et detevre, accumules pendant plus de dix ans , s’etait enlin elevee a la bau-teur necessaire. Dejä cette avenue etait plautee de quatre rangs d’ar-bres, et ferniee, au midi, par une grille de fer, lorsqu’nn nouvel archi-tecte, M. Baraguei, proposa et fit adopter et exccuter le projet de don-ner au terrain de Pavenue et du parterre , depuis le bäliment de POb-servatoire jusqu’ä la facade du palais du Luxembourg, une seule etmeme ligne de pente. — Les balustrades qui, ä l’exlre.mite meridionaledu parterre, en ouvrent Pentree ä ceux qui descendent par Pavenue, seraccordent avec les talus de gazon qui bordent les parties laterales de ceparterre, lequel esl compose de quatre pieces de gazon, bordees deplates-bandes lleuries, entre lesquelles est le bassin oclogone, dont lasurface est animee par des cygnes.
L’ancien jardin avait ete dessine par Jacques Desbrosses , architectedu palais ; il conslruisit aussi, ä Pextremite orientale de Pailee contigueä la facade du palais , une fontaine reniarquable par ses bossages et sescongelations multipliees.—On arrive danscejardin par huitenlrees prin-cipuies, toules ornees de grilles en fer. La ligne meridionale de l’Obser-vatoire traverse le jardin du Luxembourg , et se dirige sur P angle ouestdu pavillou qui forme Pextremite de la facade du palais, du edle dujardin ; de sorte que l’axe de la grande avenue ineline un peu ä Pest, etforme, au point d’intersection avec la ligne meridienne , un angle tres-obtus.
VARIETES IUSTORIQUES ET R10GRAPH1QUES.
La Foire St-Germain, remplacee aujoimPhui par le marche St-Germain, a ete etablie par Louis XI en 1482, et donnee ä Pabbave deSt-Germain des Pres. Elle fut construite sur Pemplacement de Phdlel deNavarre, bäti au milieu de quelques vignes achetees au cclebre Raoulde Presle par Louis de France, lils de Philippe Ie llardi ct pere de Phi-lippe le Bon, qui habila cet bdtel, ainsi que Charles le Mauvais, son lils.L’epoque de Pouverture et la duree de cette foire varieient souvent; unariet du parlement de Paris du 4 mars 1484 ordoima qu’elle commen-cerait le 3 fevrier, lendcniain de la Cbaudeleiir, et qu’elle durerait jus-qu’au samedi veille du di manche des Rameaux.En I486, les religieuxde Pabbaye de St-Germain y lirent conslruire cent quarante loges , quifurent remplacces en 1511 par un des plus hardis morceaux de cliar-pente qu’il fut possible de voir, et que les plus celebres arcbitectes ve-naient souvent admirer. C’etait un vaste bätimcnl, divise en deux hallesdifferentes , mnis contigues , qui ne composaienl qu’une seule et memeencciute. Elles avaient cent trente pas de lougueur sur cent de largeur ;neuf rues, couverles, tirees au cordeau et qui se coupaient ä anglesdroits, les partageaieut en vingl-quatre parties; elles portaieut les nomsde rues des Orievres , des Merciers, aux Draps, aux Peintres, aux Ta-bletiers, aux baienciers et aux Lingeres. Les loges qui furmaient et bor-naient ces murs etaient eomposees d’nne houtique au rcz-de-chaussce,et d’une chambre ou |>etit magasin au-dessus. Derriere quelques-unesde ces loges on avait menage des cours ovi se trouvait un puits. Au hontd’une des halles etair une chapelle oii Pon disait la messe tous les jourspendant la duree de la foire. Ces helles halles furent detruites entiere-
ment par un incendie, dans la iinil du 16 au 17 fevrier 1762. On rebä-tie les loges la mente annee, mais d’une itianicre ntoins solide et surtoutmoins eommode, puisque les rues n’etaient pas couvertes. — La foireSt-Germain etait un lieu de Iranehise, un Heu privilegie, ou les ouvrierspouvaient travailler pour leur contple saus avoir ete recus maitres dansles communautes des meliers qu’ils exeroaient. Elle etait fournie d’unegrande quantite de toutes sortes de marcliandises, et atlirait une fouleconsiderable , principalement le soir. On y voyait de nomhreux cafes,plusieurs loges de baladins, de danseurs de corde , de faiseurs de tours,et quatre grandes salles de spectaele, ou jouaient des comcdiens forains;ces salles portaieut les noms de salles des Varietes, de l’Anibigu-Comi-que, des Grands-Danseurs et des Associes. Les acteurs quiltaient leursalle des boulevards pour se rendre ä celles-ci, et y jouaient pendant laduree de la foire.
Ce fut ä peu pres vers 1595 que Pon commenca ä voir des acteurs ala foire St-Germain. Les freres de la Passion voulurent les en chasser;mais une sentenoe du lieutenant civil du 5 fevrier 1596 maintiut lenouveau theätre de la foire , ä la charge par lui de payer aux freres dela Passion deux ecus par an. La foire Sl-Germain se trouva pour lorsirrevocablement en possession d’un theätre, et offril le prentier exentpleä Paris de Pelahlissement d’uu theätre forain. Le länieux Brioche ytransporta ses machines, et il y fut suivi de beaucoup d’autres dans lemeine gerne. Ensuite parurent les animaux sauvages, tels que les lions,les ours , etc., qu’on läisait voir dans differentes loges. Les geants suc-cederent, et apies eux vinrent les chiens et les singes savanls. On y vitensuite des joueurs de gobeiets , des sauteurs et des danseurs qui atli-rerent beaucoup de mondc; ce ne fut qu’en 1678 qu’on commencaä y representer pour la premiere f'ois des pieces de theätre; la plus an-cicnne que Pon eonnaisse est intitulee : les Forces de l’amouv et de lamagie, divertissement coinique melede sauts, de machines et dedanses.Ces dilfcrentcs pieces etaient representees par des danseurs qui for-maieul dt(fereutes troupes. Ou en comptait trois pvincipales en 1697 :la troupe des freies Allurd , la troupe de Maurice et celle d’AlexandreBertrand. La suppression de l’ancienne troupe des comcdiens ita-liens olfril un vaste champ aux entrepreneurs des jeux de la foire ;ils donneren! plusieurs Fragments de leurs pieces, et le public, qui re-grettait les Italiens , courut en foule voir leurs copies ; c’est alors quePon conslruisit ä la loire St-Germaiu et ä la foire St-Laurent des sallesde spectaele en forme avec des theätres, loges, parquet, ete. Les come-diens franeais , jaloux de leurs Privileges, s’en plnignirent au lieutenantde poliee, qui delendit aux entrepreneurs de theätres forains de jouer lacomedie. Ceux-ci obtinrenl de l’aoadeinie de musique la perinission dejouer des petites pieces mises en vaudevilles meles de prose et accom-paguees de ballels , sorte de speelncles qui prirenl le nom d’opera-coniii[tie, et donl Lesagi^ peut 6tre regarde comnie le premier auteur.
L’uu des theätres de la loire Sl-Germain qui eut la plus grande voguefut celui eleve par Audinot. Il cornmenea par un theätre de marion-nettes, auquel il ajouta un petil naiii, propre au rdle d’arlequin , quilui aeipiit une (’ertaine vogue. Plus tard il fit bätir un theätre char-mant, et se constitua directcur d’une troupe d’enlants, qui, par leursgräces naives, attirerent une infinite de monde. Deux auteurs disgraciescomme lui du theätre Italien , Plainchesne et Moline , firent des piecespour ce theälre, et la liberte de ce genre de spectaele les engagea d’yglisser Ijeaucoup de polissonneries. Les filles se porterenl alors en fouleä ce theätre, et beaucoup de libertins, d’oisifs et de freluquets avec elles.Ce monde en attira d’un autre genre. Les femmes de la cour, qui encette qualite se crovaient au-dessus de tous les prejuges, ne dedaignerentpas d’y paraitre, ( t ce theätre devint en 1770 la rage du jour. Ce theätred’Audinot etait surtout fort couru par les allusions que les auteurs despieces qu’on y representait se permeltaient sur les divers personnagesdu lemps. En 1774 courut une facelie intitulee les Curiosites de lafoire, ou les filles les plus celebres de Paris etaient designees allegori-quemeiit sous les noms d’animaux rares. Le sieur Landein, lournisseiirdu theätre d’Audinot, composa sur ce sujel et sous le meme litte unepiece qui fut jouce avec sueces. Les filles, furieuses, ameutereut leursarnants contrc Audiuol, ct exigemit de lui, sous peine de voir mettreson theälre en eanuelle et de perir sous le bäton, la suppression de cette