VILLE DE DARIS. — ON/IEME ARRONDISSEMENT. — N° 41. QUARTIER DU LUXEMBOURG. 297
pieee; et, malgre Fapprnhation de la poliee, la coniedie fut rayee duRepertoire, et les filles iriompherent. La furenr du public pour ce spec-lade lut surtout extraordiuaire en 1782. La löge etait si petite (eile neeouieuait guere que quatre.Cents personnes), et la modieite des places(doni les plus oberes etaient a vingt-quatre sous) pennettant a toul lenionde de se regalerde ce spectacle, il arrivait communement que laducliesse et le savoyard s’y coudovaient saus distiuction. — En 1783,Audinot mit en actiou la chansou de Malbroug dans une pantomimegrivoise intilulee Malbroug sen vai-en guerre, pantomime (jni iiteourir tout Paris. 11 n’est peut-elre pas inutile de rappeier Torigine decette ehanson. En 1722, a la mort de Marlborough, general anglais, quilut si funeste ä la France par les batailies d’Hochstet et de Ramillies,on composa en rejouissance de cetle mort une de ces chansons betes,qui eut alors une vogue considerable. Beaumarcbais avant rajeuni Fairde eette ehanson dans les Couplets de son Mariage de. Figaro , on re-chercha la ehanson composee ä l’occasion de la mort de Marlborough,qui int bienlöt cbanlee par les courtisans, et qui donna ä Audinot Fideede la mettre eil seene. Peu apres Nicollet eil Fit une parade encore plushurlesque qui lit courir tout Paris; le peuple lui-nieme voulut iaire saPartie dans celte parade, et peiulant tout ie carnaval de 1783 on ne vitque cavalcades et chars funeraires representant le convoi de Malbrouget diverses farces atialogues.
L’Eclus«, directeur du theatre appele depuis Varietes amüsantes,«ivait oblenu ie privilege de jouer ses parades a la loire Sl-Germainavant de s’installer dans sa nouvelle salle batie en 1777. I)e meine, lesItaliens et les comediens de Monsieur, lorsqu’ils quitterenl les Tuileriesen octohre 1789, allerent jouer dans une des salies de la foire jusqu’äla fm de decembre 1790, epoque oii ils prirent possessio» du theatreFeydeau ; c’est ä ee theatre de fa foire que Martin debuta, en 1789,dans l’opeva du Marquis de Tutipano, — Deux spectacles s’clablireutencore en 1791 a la foire Sl-Germain ; l’uu sous le titre de Varietes co-aihfues et lyritjues, l’autre sous celui de theatre de la. Liberte; inaistous deux so ruinerent au bout de quelques mois. Le premier so relevacepeudant vers la Fm de l’annee sous une autre direclion, et prit le nomde tbedtre. nouveau, des Varietes; mais il n’obtint pas plus de succes.Quant, au second, il reparut. on 1792 avec son ancien titre, mais il nevecnl pas plus longtemps. Des acteurs ambulants, des comediens desociete, des apprentis artist.es jouerent encore plusieurs lois sur ces deuxIheatres peiulant les dernieres annees du xviri* siede et pendant lespeennere? du xix c , jusqu’ä ce qu’enfin les loges et toutes les salies de laloire furent demolies pour faire place a differentes constructions et au‘Barche. St-Germain.
Avant l’inccndie qui les detruisit. dans la nuit du 16 au 17 mars*~62, les balles sous lesquelles se tennit la foire St-Germain, et quiavaient eie conslruites par ordre du Cardinal Briconnet, passaienl pourune des plus hardies constructions en eharpente qu’il lut possible de'°u*. Elles elaient divisees en deux balles differentes qui elaient conti-et ne composaient qu’une seule et meine enccintc. Elles avaient1 30 pas de long sur 100 de large; neuf nies, tirees au c.ordeau et qui sev °upaient a atigles droits, les partageaient en vingt-quatre partics. UneJlla gui(ique eharpente soutenait un toil qui mettail a couvert toutes leslUt; s. Les loges etaient coniposces d’uue bou(i<[ue au rez-de-chaussee et^'nie chambre ou petil magasiu au-dessus; il y avait quelques-unes deecs loges derriere lesquelles on avail nicuage des cours. Au bout d’uueballes etait une chapelle oii on disait la messe tous les jours pendanta duree de la foire. Les rues etaient distinguees par les noins des diffe-Uaits marchands qui y elalaient; il y avail la nie anx Orfevres, aux Mer-aux Drapiers, aux Tableliers, aux Faienciers, aux Lingers, etc.^° ut eela disparut dans uue nuit par tm affreux inccndie qui repandit•barme dans tout le quartier. Un vent du nord, qui soulllait avec unextl eme violence, fit faire en peu de lemps un si crand procres aux
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ni nes, qu’en moins de cinq heures toutes les loges de la foire furentousuniees. Ces loges furent reconslruites la meine annee, mais le toitoh*' Ut . USe ^ eS ne pas retabli; on se conienta de placer des
'issis v iO‘es sur quelques-unes des nies/*— L’enclos exterieur ou Ie* a ioire etait tres-vaste; et outre la halle aux draps, la hallea blasse et le marche ferme que le Cardinal de Bissy avait lait cons-
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truire, il y restait encore de grandes places pour le stalionnement desvoitures de place et des equipages.
Rue d’Enfer, n“ 46 , etait Fentree du couvent des Charteux. Ilexistait autretois en ce lieu une ninison royale batie par lloliert II, filsde Hugues Capct, et designee sous le nom de chateau de Yeauvert. Lesdiables, dit-on, avaient etabli lern* demeure dans cette maison, ou ils fai-saieut un tapage d’enter. Les chartreux, etablis par saint Louis ä Gen-tilly, la demauderent a ce monarque, qui leur en lit l’abandon en 1259,et*des (ju’its y furent installes le tapage cessa. Sur 1’emplacemenl decette propriete, alors lort delahree et presque abandonuee, les char-treox constrnisirent un vaste couvent, dont les jardins, mitoyens avec lejardin duLuxembourg, se prolongeaient jusqu aux boulevards, et setrou-vaient fermes par un mur qui descendait jusqu’ä la rue de Yaugirard.Le jardin potager avail seul 340 hectares, la pepiniere contenait 180bectares. II y avait dans cet immense jardin un moulin a vent pourmoudre le ble des nioines, et un pressoir pour faire le vin avec le raisinqu*ils recoltaient. Chaqtie chartreux avail en outre sa maison separee,composee de plusieurs chambres commodement distribuees et son jardinparticulier. Derriere ces jardins etait un vaste clos, ou, le 2 aout 1589,trois ou quatre heures apres la mort de Henri III, Jean de Marivaux,du parti du roi, et Claude de Marroles, du parli de la Ligue, se rendi-rent et combailirent a outrance, apres avoir observc toutes les formalitesde la chevalerie, en preseuce de toutes les uotabilites du royaume. Ausignal des trompettes, ils partirenl tous les deux en meme temps l’uncontre Fautrc. Marivaux rompit sa lance contre la cuirasse de Marroles,lequel cnl'onca le fer de sa lance dans l’ueil de Marivaux, qui mourut surle coup.
Le couvent des Chartreux servil de retraite ä Lesueur, alors inspec-teur des receüesaux enlrces de Baris. Ayant eu ä repousser les iujuresd’un gentilhonime qui voulait frauder les droits, il demanda raison, l’oh-tint, et tua son adversaire sous le mur de Fenclos des Chartreux, dont lemonastcre lui servit d’osile apres sa funesle victoire. Douloureusementpoursuivi du souvenir de cette actiou, il se cunsacra ä la vie monastique,et c’esl ä sa vetraile que nous devons Fadmirable galerie du cloitre deSl-Brnno, dont les vingt-deux tahleaux furent aeheves en trois ans. —Les chartreux ne vivaienl que de maigre, et avaient le droit de clioisir lepoisson a la halle de Paris avant que persoime n’eut Ie droit d’en acheter.
L’eglise du couvent des Chartreux , batie en 1324, etait principale-ment vemarquable par sa dccoralion interieure. On ne pouvnit rien voirde plus pavfail que les Stalles en meuuiserie qui entouraient le chceur, etsur toul que celles qui elaient place.es de chaque eöle de la lief. Le grandautelctail ovned’un magnihque tableau de Philippe de Champagne. Au-dessus de chaque stalle on voyait une suite de tahleaux representant lavie de Jesus-Christ, peints par Jouvenet, Bon Boullongne aine, LouisBoullongne jeune, la Fosse, Audran, Coypel, Corneille jeune, etc.—A cötc de IV'glise se trouvait Je cloitre, decore des vingt-dcux tahleauxrepresentant la vie de saint Biuuo, peinls par Lesueur.
Rue de Vaugirard, non Ioin du Luxembourg, etait Ie jeu de paumedu Bel-Air, que Lulli transforma en theatre, ou il donna, le 15 no-vembre 1672, les Fe/es de l'Amour et de liacchus, pastorale dont ilavait lait la musique sur les paroles de Quinaull. j)iec.e qui lut suivie deCadmas, represente en fevrier 1673. Apres la mort de Moliere, Lulli,avant oblenu la salle du Palais-Royal, y Iransfera FOpcra, qui occupaeette salle jusqu’au 6 avril 1763, epoque oii eile lut detnute par imineendie.
Un marin e posc sur la muraiUe exteneure de la maison n° 11 de cettenie imlique que Ie celebrc. acteur Lekain y mourut le 8 fevrier 1778,le jour meme oii Voltaire renlrail ä Paris apres trente aus d’absence.
Au n° 23 etait le couvent des filles du Calvaire, supprimi* eu1790 et converti en prison pour les accuses politiques traduits devantla chambre des pairs.
Au n ü 60 etait Ie couvent des filles du Precikux-Sang, supprimeen 1790 et converti cn maison parliculiere.
Au n" 67 est uue communaute de dajiks hernaudines , ancieune inai-son de Port-Rcr.al, aifectee a un peusionnat.
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