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VI ILE DE PAK IS. — ONZIEME ARRONDISSEMENT. — N° 41. QUARTIER DU LUXEMBOURG.

Rue Madame, n° 17, et rue de Fleurus , n" 6 , est le theatre foraindu Luxembourg, fonde par un certain Bobineau, qui ctait en meinetempsdirecteur, acteur, Souffleur el aboyeur ä la porte. Ainsi que toutesles choses de ce monde, le theatre de Bobineau est entre dans la voiedu progres; on y joue quelquefois des pieces amüsantes qui Tont pamerd’aise les enfants et les bonnes qui les conduisent; la societe y devientde plus eil plus mieux composee ; Fetudiant e» medecine y conduit sausrougir Fobjet de sa tendresse, et l’eleve eil droit ne dedaigue pas de s’ypresenter dandestinement. Et ce qui, pour les interesses, vaut mieuxque tout cela, les administrateurs de ce theatre donneut aimuellementde fort beaux dividendes a leurs actionnaires.

Rue de Tournon , demeurait M 11 " Theroigne de Mericourt , quise fit remarquer parmi les femmes du cortege qui ramena de Ver-sailles ä Paris le roi, la reiue et le dauphin. C’est eile qui criait le longde la route: Noits votis ramenons le boulanger , la boulangere et lepetitmitron. Elle demeurait alors rue de la Chaussee-d’Antin, oii eile reunis-sait les hommes qui parurent avec le plus d’eclat au commencement dela revolution, et particuficrement Sieyes et Talma. Apres Faffaire du6 octobre 1791, eile etablit chez eile, rue de Tournon, une Sorte de clubou se reunissaient, entre autres revolutionnaires de Fepoque, Danton,Camille Desmoulins, Fahre d’Eglantiue, Vincent, Momoro, Ronsin, etc.— Elle combattit bravement dans les rangs du faubourg Saint-Antoinecontre Bailly, la Fayette et le drapeau rouge de la municipalite. Le sortayant trahi le courage des patriotes, Theroigne s’occupa de faire donnerla sepulture, daus le cimeticre de Vaugirard, aux malheureuses viclimesde la loi martiale restees dans le Champ-de-Mars.— On prctend qu’ellefit plusieurs passions. Plus tard, eile devint folle, et est morte a la Salpe-triere en 1827. Depuis longnes annees, cettefemme, qui avait etc si re-chercheedanssatoiletle, ne supportait aucune espece de vetements; eilemenacait constamment de jeter ses cxcrements a la tote des personuesqui la regardaient. Elle est restee plus de trente ans dans cet afireux etatd’alicnation mentale.

Dans les premicrs jours du mois de messidor an iv, la sectiou deMucius Scajvola (du Luxembourg) imagina de celebrer des repas civi-ques, et fut spontanement imitee par toutes les autres sections. Lescitoyens de la rue de Tournon et des rues adjacentes se distinguerentparticulieremeiit dans l’ordonnance de ces repas civjques. Devanttoutes les maisons etaient dressees des tables chargees de mets plus oumoins abondants ou recherches. Les convives d’une table passaient ä latable voisine et reciproquement. On buvait au salut de la patrie, onentonnait des chants patriotiques, et les cris de Vive la republicjue J sefaisaient frequemment entendre; des guirlaudes de fleurs etaient sus-pendues dans plusieurs rues au-dessus des tables. Aucun desordre netroubla le calmede ces repas fraternels, qui cependant firent concevoirdes craintes a quelques membres de la Convention, et furent prohibcspar un arrete de la commune de Paris.

Au n° 5 demeurait et est morte, le 25 juin 1843, M lle Lenormand,celebre tireuse de earles.

Au n" 6 est l’ancien hotel dk Brancas, construil sur les dessins deBullet pour M. Terrat, chancelier du regent. II a etc habile eil 1808par le celebre geometre Laplace.

Au n“ 10 est I’hotel de Nivernais, recouslruit pur le due de Ni-vernais sur remplacement de l’hötel oü demeurait le marechal d’Ancre.Apres sou assassinat, on y trouva pour deux ceut mille ecus de pier-reries. Ce fut ä M. de Luynes qu’il echut apres la confiscatiou des biensde Concini, ainsi qu’Anet, Lesigny, etc., eie. Plus tard, cet hotel fuldestine au logement des ambassadeurs extraordiuaires. En 1814, il de-vint l’habitation de la duebesse douairiere d’Orleans, etsert aujourd’huide caserne ä une compagnie de la garde nninicipale.

Au n° 12 est 1’hotel o’Entraiguks, ou est morte M ,l,c dTloudetoten 1813.

Rue du Petit-Bourbon, n'* 1, et rue de Tournon, n" 2, Louis deBourbon, duc de Montpensier, avait fait bälir uu üotrl, ou sa veuvc, fillede Franqois, duc de Lorraine, apprit le meurtre du duc et du CardinaldeGuise, ses freres, assassines a Blois. La nouvelle de ce meurlre

l’ayant exasperee au plus haut degre, ellesortit de son hotel comme une' forcenee avec les enfants de son frere, deelamant de rue en rue contreHenri III et son conseil, et par cette conduite alluma le flambeau fatalde la Ligue, quiemhrasa tout le royaume.

Rue de Cond6, n° 28, demeurait M. Alquier, mernbre de Fassem-blee Constituante et de la Convention nationale. Envoye en Hollandeapres la conquete de ce pays par Pichegru, il publia une liste qu’il avaittrouvee dans le cabinet du stathonder, coutenant le uom des hommesayant figure dans la revolution fran^aise, qui devaient etre ecarteles,

■ Ltrüles vil’s, pendus ou euvoyes aux galercs. Plus tard il lut nomme| ministre de la republique aupres de l’electeur de Baviere; peu de temps

apres, ambassadeur a Naples. C’est pendaut son ambassade dans ce paysi que les Bourbons furent precipites du tröne. Envoye en la mcme qualiteä Rome, c’est pendant son ambassade que le pontife romain fut expediej pour Savone. Nonune ambassadeur en Espague, «’est pendant son ain-; bassade que la brauche des Bourbons cessa de regner. Nomme ambas-| sadeur en Suede, c’est pendant son sejour ä Stockholm que Gustave IVI perdit ia couroime. Aussi l’avait-oii surnornnie l’executeur des hautesI ucuvres diplomatiques. — Apres la seeonde restauration il lut obligedei quitter la France; mais ses anciens rappoi Is avec M. de Talleyrand, qui

■ le regardait comme un des diplomates les plus adroits de cette epoque,

| et Famitie etroite qui existait entre lui e.L M. de la Tour du Pin, ambas-I sadeur aupres du roi des Pays-Bas, obtinrcnt sa rentree eil France. C’est

l’un des hommes les plus remarquables par son esprit et par l’art aveclequel il savnil raconter les cvenemenls nuxquels il avait eu une sigrande. part, et par la baute position qu’il avail eue pendant plus devingt aus. L’empereur Napoleon, qui ne l’aimait pas, lui confiait toutesles missions dilfieiles, et il savait les rempliravee une adresse qui avaitfait de lui un komme neeessaire. On croit que c’est M. Alquier queChauderlos de Laclos avait en vue dans ses Liaisons dangereuses, enpeignant le chevalier de Vaimont; ils avaient ete du reste etroitementlies ensenilile.

C’est rue de Conde que fut arrete Georges Cadoudal. Le 9 mars1804, vers Feutree de la uuit, plusieurs otlieiers de paix ayant en-toure une maison devenue suspeete par los allees et venues de geusde mauvaise apparence , Georges, qui l’avait occupee, essaya d’ensorlir pour se procurer un asile ailleurs. Il partit vers sept heuresdu soir, et mouta pres du Pantbeou, dans un cabriolet conduit par unserviteur de conliance, jeune cliouan determine. Les offieiers de paixsuivirent ce cabriolet eu courant a perle d’haleine jusqu’ä la rue deConde (alors rue de FEgalite) pres de la rue des Quatre-Vents. Georgesprcssait son eompngnou de liäter le pas, lorsque Fun des agents de lapolice, arrivc le premier, se jeta sur la bride du clieval. D’uu coup depislolet, Georges Felendil roide mort a ses pieds. II s’elanca ensuite ducabriolet pour s’enfuir, et tira un second coup sur un autre agent qu’illilessa grieveme.nl. Mais enveloppe par le peuple, arrete malgre seseflorts, il ful livre a la force publique accourue eil toute bäte. On lereconnul sur-le-ehamp pour ce terrihle Georges qu’on cherchait depuissi longlemps, ce qui produisit dans Paris une joie generale.

Rue des Boucheries-St-Germain, elait la boucherie de ce nom,supprimee a l’epoque de la revolution ; mais, jusqu’en 1808, une grandeparlie des maisons de la nie des Boucheries etaient encore occupees pardes bonchers. Chaeune de ces maisons formait un abnttoir particulier, d’oule sang des animnux tues s’ecoulait dans la rue. Cet etat de choses necessa qu’a Fepoque de la eonstruction des abatloirs.

Dans un cafede la nie des Boucheries se reunissaient autrefois, pen-dant la quinzaine de Paques, les acteurs et les nctrices sans emploi,qui y venaienl de tous les points de la France pour contracter des enga-gements avec les direcleurs de theatres de province qui arrivent ä Parisä eetle epoque pour renouveler ou completer leurs troupes. — La plusaneieime löge de. francs-ma^ons fut etahlie a Paris, rue des Bouche-ries, chez Hure, trnilcur, par lord Dervent Waters.

Rue des Quatre-Vent*. La premiere maison ä porte coeliere amain dioite en entrnnl dans cette nie par la rue de Conde, a cte batiesur lVmplncement d’un petit theatre etalili en 1601, dont la troupe sequalifiaitde comediens de Mademoiselle.