VILLE DE PARIS. — ONZIEME ARRONDISSEMENT. — N° 42. QUARTIER DE L’ECOLE DE MEDECIXE.
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Rue Montfaucon (ci-devant me de Bissy) etait Fentree du marclieSaiiU-Oermaiu ou de Bissy, dont la porte priucipale etait decoree d’imoi’dre dorique et surmontee d’un attique couronne par les armoiries duCardinal de Bissy, qui lit construire ce marclie.
Rue Garanciere, n" 10, est Fhotel de Sourdeac, qui plus tard pritlenomd’hötel Montagu, construit pour Rene de Rieux, ev&quedeLeon ;d est occupe aujourd’hui par la mairie du onzieme arrondissement. OuRemarque la ia^ade qui donne sur la rue Garanciere, les chapiteaux despilastres et la Balustrade. A oote est une fontaine construite aux fraisde la princesse palatine en 1715.
Rue du Pot-de-Fer, n ÜS 12 et 14, etait Fhotel Mezieres, donnecn 1610 par Madeleine de Ste-Beuve aux jesuites pour y ctabiir Ieurüoviciat. L’eglise fut construite de 1630 a 164*2 ; Henri de Bourbon,duc de Verneuil, bätard de Henri IV et de Henriette de Balzac d’Eu-0‘agues, en posa la premiere pierre: le maitre-autel etait decore d’untableau du Poussin, representant une resurreetion opeiee par saint Fran-cois Xavier.— Apres Fexpulsion des jesuites, on a construit sur Fem-placement des bätiments destines ä leur noviciat une löge maconniquepour le grand Orient de France, ou travaillaient plus de vingt loges avantla revolution. C’est dans celle des Neuf-Sceurs, instituee en rhonneurdes neuf Muses, que fut recu Voltaire eil 1778.
En face de l’ancien noviciat des jesuites etait le couvent des filles»e lTnstruction chretienne, supprime en 1790 et occupe aujourd’liuipar le seminaire St-Sulpice.
Au n° 20 habitait sous l’empire Roger Ducos, successivement avo-cal, depute des Landes a la Convention nationale, oü il vota la mort dansle proces de Louis XVI, membre du conseil des anciens, et juge de paix |de caiiton, modestes 1‘onctions qu’il quitta pour aller remplir la pre- |miere dignite de la republique, celle de directeur, Nonnne consul pro- 1"visoire apres le 18 brumaire, il fut ensuite membre du senat conserva-teur, et membre de la cliambre des pairs pendant les cent jours. Obligcde s’expatrier par la loi dite d’anmistie du 12 janvier 1816, il perit,au mois de niars de la meine aimee, dans les environs d’Ulm, en s’elan-^ant de sa voiture prete a verser.
Rue Palatine, n° 5, demeuiait en 1822 le vicomte de Bonald, re-volutionnaire en 1790, emigre en 1791, conseiller de Funiversite sousl’empire, propliete nebuleux du retour des Bourbons pendant son sejouren Allemagne, intrepide emiemi de la raison et grand pretre des tene-bres, meme sous le regne de Fempereur, qui u'avait pas cru payer tropeher sa melapkysique par une pension de douze mille francs. Apres lai'enlree de Louis XVIII, il lut elu par le departement de l’Aveyron ala cliambre introuvable, oii il vota conslamment avec la inajorite. Il tra-’vaillait a la Quotidienne et au Conservaleur , ou il faisait de pompeuxeloges de ses ouvrages.
Rue du Vieux-Colombier, vis-a-vis la rue du Gindre, etait le cou-'eni des religieuses de Notre-Dame df. Misf.ricorde, supprime en 1790,e t ou on etablit dans la suite une löge de francs-macons.
He l’autrc cote de la rue, au-dessus de celle du Gindre, etait la eom-^Ruiaute dite maison de la Mkre-Dieu, fondee en 1650 pour les pauvrese olants de. la paroisse St-Sulpice.
Rue Gassette, n° 22, etait le couvent des henedictines de l’Ado-Ration perpetuelle do Sai.nt-Sacrkment, transfere de la rue Ferou enCe lieu en 1669, eL supprime en 1790.
Au n« 7 demeurait en 1843 M. Barthe, membre de la cliambre despairs, qui redigea en 1830 ä Fhotel de ville, sur l’invitation de la eom-^Jssion municipale faisant fonction de gouvernement provisoire, la pro-clamation de decheance de la brauche ainee des Bourbons.
Rue du Cherche-Midi, n‘ )S 23 et 25, etait le prieure de Notre-aaie de Consolation, dit du Cherche-Midi, etabli en ce lieu par des• Jgieuses augustines qui sc livraient ä i’instruction des jeunes filles. Cettmnastere fut supprime en 1790 et vendu commc propriele nationale leinctidor. La nie d’Assas a ete percee sur une partie de son enclos etUe ce hü des Carmes.
Rue du Regard, n° X3, est Fiiosmck des orfhehnes de la X'rovi-dekce, fonde en 1809.
Au n° 17 est 1 ’hospice Devillas, fonde en 1836 par Louis Devillas,ancien negociant. Il contienl trentelits, dont vingt-quatre altribnes auxbureaux de cliarile des douze arrondissements de Paris, sans dislinctionde culte, et six aux deux consistoires de l’Eglise reformee de la confes-sion d’Augsbourg.
Rue Notre-Dame des Champs«, n" 34, est un magnifique liotelque 1 ’abre Terray lit construire et meubler richement en 1773. Il estoccupe aujourd’liui par le coij-ege Stanlslas, fonde en 1804 et enge enCollege de plein exercice en 1821.
Au n° 12 est une congregation de soeurs de Notre-Dame de Bon-Secours, instituee pour garder les malades ä domicile.
Boulevard Montparnasse, n° 28, est le riant jardin public de la \Grande-Chaumiere, rendez-vous habituel des etudiants et des jeunesgeus du quartier St-Gerniain. Moius vaste que Beaujon et Tivoli, laGrande-Chaumiere se distingue par la fraicheur de ses bocages et par lesoin avec lequel les jardius sont entretenus de fleurs nouvelles et varieesselon la saison.
N" 42 . QUARTIER DE LECOLE DE MEDECINE.
Ci-devant sectton de Marseille, puis section de Maral, et ensuite seclion duTheälre-Fran^ais.
Les limites de ce quartier sont : a parlir du Pont-Neuf, le quai desGi'ands-Augustins, la place du Pont-St-Micliel, la rue de la Vieille-Bouelerie n os pairs, la rue de la Harpe n ÜS pairs, la place St-Micliel ädroite, la rue des Francs-Bourgeois n os inipairs jusqu’a la rue de Vau-girard, la jue de Vaugirard n t,s pairs jusqu’ä la rue de Conde, la rue deConde n°* impairs, la rue de l’Ancienne-Comedie n° 5 impairs, la rueDauphine n ÜS impairs jusqu’au Pont-Neuf. — Superficie 280,000 m.equivalant ä 0,009 m. de la superficie totale de Paris.
Les principaux edifices et etablisseinents de ce quartier sont:
Le thöatre de l’Od^on, situe place de l’Odeon.
Le theatre que les comediens francais occupaient rue des Fosses-$t-Germain des Pres inenacant ruine, ils fuvent obliges de l’al)andonner en1770, et allevenl occuj)er le theatre des Tuilcries pendant que Fon s’oe-cup.iit de Ieur en construire un autre. Les comediens tenaient ä ce queFon restaurat leur ancien theatre, nuiis le corps numicipal ayanl acheteFemplacement de Fancien hotel de Conde , decida c[ue le nouveautheatre y serait construit. SuivaiU le projet de Farchitecte Moreau, Fe-diliee devait etre place a peu pres au milieu de la rue de l’Odeon ; et onen jeta meme en cet endroit les fondations; mais, apres plusieurs hesi-tations, on ahandonna ces travaux, et Fon adopta un emplnc.ement plusrapproche du Luxembourg. Les travaux, confies ä deux hommes d’ungrand taient, de Wailly et Pevre Faine, furent commences en 1779, ettermines en mars 1782. — C’est, a proprement parier, le premiertlieütre digne qui ait ete construit ä Paris. Jusqu’alors, de chetivesconstruclions elevces a la bäte, de miserables jeux de paume deeores dunomde theatre,servaient d’abri a la meilleure compagnie rassembleepoury voir jouer les pieces de Corneille, de Racine et de Moliere. Des plau-clxes posees sur des treteaux, des decorations en feuilles de paravents, desgaleries en cchafaudages, lormaient Fensemble de ces salles de spectadedont le decor etait complete par quelques pieces de tapisseries et deux outrois lustres en bois dore. C’est ainsi que partout, sous Louis XIV, ondonnait la comedie, meme ä la cour, oü toute ladillerenceconsistaitdansla riehesse des ameublemenls, la multiplicite des bougies, et dans uneplus grande perfection des decors et des niachines. La saile, construitepar Waillv et Peyre, decoree ec beaucoup de riehesse et d’clegauce. futouverte, sous le nom de Thedli e-brancais , le 9 avril de la meme aimee,par une comcdie episodique de la Harpe, intitulee Moliere ä la nou-velle salle; deux ans apres on v donna la premiere representation du.Mariage de Figaro , oii assista la reine Marie-Antoineite. Cette picce,jouee le 26 avril 1784, obtint un eclatant succes, qui se continue de