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VIIXE DE PARIS. — ONZIKME ARRONDISSEMENT. — N“ 43. QITARTIEK DE I. ECOEE DE WEDEf.INE.
nos joiirs et duiera loDgtemps encore. On sait que Beaumarchais eutplus de peine ä faire jotier sa piece qu’a la composer, et l’inti'igue deson ouvrage, quelque compli ,uee qu'elle soit, n’est rien aupres de sesdemarches et de ses sollicitations. Pour se cousoler de l’amertume queleur causait uu succes sans exemples, les mecontents, ä la ciuquiemerepreseutation, fireut jeter des quatriemes loges des imprimes contenantles vers suivants, qui se repaudirent dans tonte la salle. Ce lut a qui eilaurait; les fenimes en demandaient ä grands cris; les gens du parquet enplacaient au bout de leurs Cannes et en preseutaient aux loges; desplaisants y mettaient du papier blaue et meme des polissonneries.
Je vis hier du fond d’unr coulissrL’extravugnnle nouvctiutöQih, triomplmnt de la police,
Profane des Fnuicais le spectaclc enchunte.
Dans ce ^ame honteux rhaqne arteur eel tmBien personnifik- dans tonte son liorreur.
Barlholo nous piint l’uvnrice,
Alniaviva le suborneur;
Sa tendre uioiti£, l’adultere;
Le Double-M.dn, un plat volenv;
Marceline est une megere;
Basile un calouitiiateur;
Fannhettc... l’inimcente est trop apprivoisee!
Et tont brulant d’ainour, lei qn’im vrni Cherubin,
Le page est, pour bien dire, un fitffe liherlin,
Protege par Suzon, ßlle plus que rusec,
Prennnt aussi sa part du gentil favori,
Greluebon de Id fcmitie, et migntn du man.
Qucl bon ton! Quelles nui'iirs cette inlrignc rasscmble!
Pour l’esprit de 1’ouvrage... i) est cbez Bride-Otson :
Et quant ä Figaro... )e dröle » son pntronSi scamlalriiM>ment ressemble,
1) est si frappant qti’ii fait peur.
Mais pour voir ä la fin tous les vices cnsemble,
Le parterre eu chorus a demande l’auteur.
Ces vers, aujourd’hui totalement oublies, ne prejudicierent en rienau succes de la piece, et n’empecherent pas la mode de donner le nomde Figaro a mille objets divers; il y eut des rohes a la Figaro, des bijouxa la Figaro, etc., etc., etc.
La tronpe du Theätre-Francais oflrait alors une ctonnante variete detalents remarquables ; eile comptnit Mole, Larive, Brizard, St-Prix,Monvel. Dugazon, Dazincourt; M n,# Vestris, M me Devienne, M llc Sain-val, M lle Contat, M l,e Joly, M llc Clairon, M lle Dumenil, M lle Kaucourt,M ,,e Emilie Contat, etc.
j Lors de la translntion des restes mortels de Voltaire au Pantheon, lej H juillet 1791, la facade du theätre de POdeon lut magnifiquementdecoree de guirlandes, de draperies et de cartels plaees sur les colonnesdu peristyle, oü etaient iuscrils les titres de toutes les pieces de theätredont Voltaire etait Pauteur. Sous le fronton on lisait:
IL FIT IRfe.NE A QllATUE—VIXCT-TROtS ANS.
Lors du passage du convoi funebre, la draperie qui couvrait Pentreedu Vestibüle s’ouvrit, et laissa voir dans le fond le huste en marbre deVoltaire resplendissant de Inmiere. Des aeteurs de ee theätre, repre-seutant divers personnages dramatiques, vinrent faire leur offrande aPobjet de la veneration pnhlique : Brutus lui offril des faisreaux delauriers. Orosmane les pnrfums de PArabie, et Nanine un bou(|uet deroses.
Sans les troubles de la revolution, il est prol)able que les comediensIranoais n’eussent pns quittc ce theatre, (jui avait pris le litre detheatre de la Nation en 1790; mais, ä la suite des representations dePamela , comedie de Francois de Neufchaleau, jouee pour la premierefois le 1 er aout 1793, Pautorite fit fermer le theatre de la Nation etmettre tous les aeteurs en prison, ä Pexceptiou de Mole. Pendant leurretraite economupte, leur salle, qui avait pris le nom de Theatre -Egalite, fut occupee par une troupe d’opera-comique. L’anciennetroupe lut obligee, apres le 9 thermklor, de s’associer avec oes nouveauxhötes; mais ils ne vecurent pas longtemps en honne intelligence.
| Au 19 fructidor, le conseil des cinq cents se minit dans la salle dePOdeon pendant que le conseil des anciens s’assemblait a Pecole de me-
deeine: la un (leeret fut remlu pour proserire les direeteurs Carnot etBarlhelenn. — Dans celte salle eneoie, on etablit une Commission mili-taire pour condamner ä mort le parti contraire a la reaction du jour.
Apres avoir ete quelque temps inoccupee, la salle de POdeon rouvriten 1798 sous la direclion de Dorleuille, et reeut alors le nom d’Odeou,parce que les operas et des pieces melees de chants devaient lormer leFonds du repei toire ; ntais le nouveau theatre se montra bientöt infideleä cette promesse; la comedie revint y prendre place. — T.e 18 mars1799, un incendie detruisit le theatre de POdeon, dont il ne resta queles quatre murailles. Il fut rcedilie par Chalgrin, et rouvert, sous ladirection de Picard, le 7 juin 1808, sous le uom de theatre de Vlm-peratriee; ou y jouait des comedies et des operas bufia; c’est lä queM" ,e Barilli fit entendre sa voix, d’une fraicheur et d’une purete inalte-rahle; aupres d’elle se groupaient le heau tenor Crivelli, la hasse taillePorto, Tachinardi a la taille de naiu, mais ä la voix enchanteresse, etc.— En 1814, le theatre de POdeon echangea son litre de theatre dePlniperatrice pour eelui de theatre royal de l’Odeon, et fut occupepar une troupe d’acleurs qui jouaient des comedies qui ne faisaientpoiut partie du repertoire du Theatre-Francais. — Un secoiul incendiedetruisit de nouveau ce theatre le 90 mars 1818. Louis X.V1II ordonnasa reeonstrnetion, et Perigea en second Theatre-Francais. La nouvellesalle, decoree avec magnilicence, fut ouverte le 30 seplemhre 1819. Lerepertoire fut eompose de toutes les pieces du repertoire de PancienTheatre-Francais, et des tragedies et comedies nouvelles que les auteurscomposaient pour POdeon. Magre quelques brillants succes, POdeondevint bienlöl deserl. Sous la direction de M. Bernard, qui y lit jouerdes operas arranges sur des partilions etrangeres, il prospera peudantquehpie temps sans pouvoir totitefois se soutenir. Dans ces dernierstemps, il tm s’ouvvait plus que de loin en loin pour des reprcseulatioiiRa hene/ice que venaient y donner d’autres spectacles. Apres Pincendiedu theätre Favart, les Italiens s’y installerent, et y ramenerent la fouleavec le heau ntonde; mais la salle redevinl deserte lorsque Popera hufläfut occuper la salle Ventadour.
En resume, depuis 1782, jour de Pinstnllation des comediens i'ran-eais dans cot edilice, combien d’ouvertures, et, par conseqnent, helas!eomhien declölures! Fenne en 1793 par le comile du salul public;brtile en 1799; reediüe en 1808 comme theätre de Plniperatrice; brüteencore en 1818 ; retabli et reconstitue second Theatre-Francais en1819; abandonne ä Ions les genres, tragedies, drames, comedies, ope-ras, en 1824; puis ferme, puis ouvei t, puis referme.... II a ete de nou-veau livre au public, en octohre 1841, sous la direction de M. Depagny ;puis sous celle de M. de Lireux et tutti t/iumli.
Le theätre de POdeon est le plus digne de remarque qu’il y ait ä Paris.C’esl uu moimmenl isole, decore du cöte de la place d’un grand peri-st\le de huit colonnes doriques, dont Pentahlement regne sur les quatrefaces. Celles-ci olfrent ensemhle quarante-six arcades au rez-de-chaus-see et le meme nombro de croisees au premier etnge; le second et letroisieme sonl ecluircs par des jours pratiques dans les metopes de lafrise et dans Paltique. 'LYois galcries puhliques se lient avec le porclie.et Font le pourtour de Pedilice. J^a forme interieure de la salle est uneellipse dont le grand axe a IS m. 24 c., et le petit 1Ö m. 27 c. Le iioiti-hre des plaees qu’elle conlient est de 1,75Ü.
Le marchö St-Germain, sihie entre les nies Felihien, Clemetil,Lobineau et Maltillon. 11 ollVe tm quadrilatere, dont la construction estparfaiteinent appropriee ä son ohjet; les hailes presenlenf tm eoup (Pteiimagniüque; les cötes des rues Felihien et Lobineau sollt eelaires exte-rieuretmnit par seize croisees et par cinq grilles; le cöte des nies Clementet Mabillon presente douze croisees et cinq porles. Outre une borne-fon-taine et un vaste puits, au cenlre du marche St-Oerniaiu s’eleve la Fon-taine de la Paix, joli moimmenl construit cn forme de lombeau antique,et consistant eil un massif carre, dont eha(|ue face est surmontee d’unfrontou sans support. Il decorait autrefois la place St-Sulpice, et a etetr dans la cour du nouveau marche St-Cermain en 1824. Le
but de Parcliitecte avait ete d’elever un moimment funernire ä la me-moire de Servandoni; mais, sur les observations qui furent faites surPinconvenance d’un toinlteau pour orner une place publique, ou le de-