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TOULOUSE.
TOULOUSE.
TOULOUSE.
posee de trois aliees paralleles qui conduiseutau bord du canal du M idi; Tun des cötesest occu-pepar l’hötel de i’Enrope, pres duquel sontdesbains de sanlc fort agrcables. La place de laTrinile est aussi decoree d’une belle l'ontaine.Outre les belles aliees qui bordent les canauxde Brienne et du Midi, Toulouse possede plu-sieurs autres promenades, dont les plus remar-quables hojit : le coursDillon, situesurla rivegauche de la Garonne ; la niagnifique avenue dela porte Neuve ; l’Esplanade, dont les aliees sereunissent comme autant de rnyons ä un bou-lingrin circulaire, au centre duquel on a placeun jet d’eau en gerbe; le jardin public; lejardin des plantes, le plus vaste et le plus beaude France apres celui de Paris, etc.
La jeunesse toulousaine est douee, ä un hautdegre, du genie musical, etdansaucune ville deFrance il n’existe des oreilles plus sensibles äl’harmome. Le Toulousaiu chante, pour aiusidire, en naissant. Pour se faire une idee de songotit exquis et de Fexpression delicieuse de seschants. il laut l’avoirenteudu pendanl ces bellesnuits d’ete, oii des centainesde groupes, parcou-rantles nies, font entendre desaccentspleinsdecharme; tantöt c’est un air simpleou melancoli-que, tantöt un mouvemeni gai, vif, presse, maistoujours un chant pur et melodieux : chacundes musiciens fait sa partie avec une rare in-telligence. On ne peut se lasser d’ecouter leschants nocturnes de ces Orphees populaires.Jamais daus nos contrees du Nord, on n’aeprouve une pareille jouissance. A Paris, sur-tout dans les dernieres classes de la soeiete,les voix sont rauques , et comme noyeesdans le vin ou les liqueurs spirilueuses :on soufire en entendant chauter les enfants deParis, tandis que ceux de Toulouse et de laFrance meridionale paraissent faire partie deces troupes d’intelligences elherees, envojeespendant la nuit pour consoier les malheureux,ou pour donner a quelque devot personnage unavant-goüt des concerts du ciel.
Les principaux edifiees et elablissements pu-blies de Toulouse sont:
Le Capitolk ou l’hötel de ville, situe apeu pres au centre de Toulouse, sur la placequi porte le mcme nom; sa faQade, exposee äl’ouest, a ete lerminee en 1769 ; eile a ISO m.de longueur, et est eomposee d’un arriere-corpset de trois avant-corps, dont deux terminentles extremites ; la gründe entree est dans le troi-sieme. Cet ouvrage est decore d’un ordre d’arclii-tecture ionique colossal, qui porte un soubas-sement contimi, avec des portiques refendus,et dont les claveaux sont ornes de tetes. L’avant-corps du milieuest enricbi dehuitcolonnes deniarbre rouge de Carrare. Il est termine parun fronton triangulaire, dans le tympan duquelfigurnient les medaillons de Louis XIII, deNapoleon et de Louis XVIII, auxquels on asubstitue, depuis !a revolution de 1830, celtelegende en leltres dorees : liberte, ordrp. pu-blic. — Sur les cötes, on voit deux genies, etaux extremites la I-orce et la Juslice. Les l'ron-tons des avant-corps lateraux sont circulaires;ils renferment, dans leur tympan, les armes de
la ville, et, ils sont termincs par un groupe deligures. On voit, sur le fronton de la salle duspectacle, la Tragödie et laComedie, avec leursattributs. Celui de Fautre exlremite du bati-ment estsurmonte par la ligure de ClcmenceIsaure, restauratrice des jeux lloraux.
La cathedrale , dediee ä saint Etienne, estdigne de fixer l’attention par la difference desgenres empreints sur ses diverses parties ; laplus ancienne construction est la nef, batie versle comniencemeut du xm e siede, par les ordresde Raimond VI, comte de Toulouse, dont onvoit encore les armes sculptees sur une desclefs de ta voute. Le grand portail, d’un styletout different de celui de la nef, a eteconstruitpar Pierre Dumoulin, archeveque de Toulouse;on remarque au-dessus une granderosace dontles compartiments sont sculptes fort delicate-ment. Le choeur, brüte vers le commencementdu xvii e siede, a ete reconstruit de 1609 a1612, ainsi que Fatteste une iuscription graveeen lettres d'or sur une labte de niarbre noirplacee au-dessus de la porte du chccur; il estaise de voir que ce choeur est le commencementd’une nouvdle eglise , qui n’a pas ete conti-miee, et dont on a change l’emplae.ement, demaniere que Faxe du choeur ne röpond plus acelui de la tief. Le maitre-autel, place dans unangle de la nef, est d’ordre corinthien ; les co-lonnes, frises et panneaux sont en niarbre duLanguedoc.
L’eglise de St-Skrnin, ou St-Saturnin, nepromel pas par son exterieur levaste grandiosequ’oflre son interieur. Elle a la forme d’unecroix allongee et est remarquable en ce que,batie avant Fintroduction en France de l’ar-chilecture gothique , et au moment de ladecadence de rarchitecture romane , eile estneaumoins construite dans les principes decelle-ci ; ou voit partout le plein cintre , ([uiest employe jusque dans les moindres details.Gelte eglise passe pour avoir ete batie vers lexi fi siede. La coupole, dont la voiite est orneede peintures d’un assez hon style, est formee parquatre piliers qui supporteut un cloclier ä lie-che fort eleve; autour du choeur se trouveutdes chapeiles renfermant plusieurs reliquaires.Sous le maitre-autel, qui est tres-eleve et sur-monte par un baldaquin, existent des chässesfort anciennes, parmi lesquelles figurent cellede saint Saturnin; on descend dans ces caveaux,qu’on a origes en chapelles, par deux escaliersen pierre.
L’eglise de la Daurade est un edilice mo-derne dont Finterieur est fort beau ; mais lesbas cötes ue sont pas en rapport avec ia nefprincipale. On croitgenüralementqucClemenceIsaure lut iiihuntee dans cette eglise ; et c’estpour cela que la beaediction des lleurs en or elen argent, deslinces aux vainqueurs du con-cours des jeux lloraux, a lieu tuus les ansdans cette eglise.
L’eguse de la Dalbade parait une construc-tion tres-ancienne, Elle n’a qu’une porte go-lliique dont les sculptures sont assez curieuses
L’eguse St-Pierrk se fail remarquer par undömed’untres-bon goüt, surmonted’une slatue
en plomb d’une tres-grandc proportion. L’in-terieur a eie orne par plusieurs artistes touiou-sains.
L’uötel de la prefecture, aueiennementFarcheveche, est remarquable par sa masscimposante ; c’est le plus bei edilice moderne deToulouse apres le Capitole. L’inlmeur esttres-beau; les appartenients du rez-de-ehaus-see, la salle du synode et les jardins, meritentsurtout de fixer ralteution.
Le musee est elhbli dans le l>eau vaisseaude l’eglise des Augustins ; on y arrive par uncloitre oü l*on reniartpie quehjues fragmenIs desculpture et d’inscripUonsantiques.
Fontaines publiques. Toulouse possede ungrand uombre de fontaines puliliques, dont laplus remarquable est celle de la place de la Tri-nile, executeesur conconrs parM.Urbain Vitry,iugenieur de la ville; eile se compose de troismarches circulaires en pierre de taille, suppor-tant un bassin ou vasque de 5 m. de diametieau milieu duquel s’eleve un double soele trian-gulaire en marbre blanc; il Supporte trois si-reues en bronze, enlre lesquelles est un balustr«de mcme nietal. Ce groupe soulient, a 4 in. au-dessus du soi de la place, une eoupe egalementen niarbre blanc, de 2 m. 16 c. de diametre :sur les paus coupes du socle sont trois leies deHon ou mascarous en bronze. L’eau qui jaillitdu milieu de la eoupe s’eleve a 8 m. au-dessusdu sol.
Le i*ont qui reunit les deux rives de la Ga-ronne est remarquable par sa largeur et sa so-lidilc : commence sur les plans de FarchitecteBachelier en 1543, et lermine en 1600, il eslperce de sept arches, dont celle du milieu a33 m. d’ouverlure; les pilcs sont percces elles-memes de trous en forme de coquilles, pour Fe*coulement des eaux dans les grandes crues.Une porte eu arc de triomphe et en briques,qu’on altribue a Francois Mansard, le lerminedu cöte du faubourg St-Cyprien, qu’elle separede la ville.
On remarque encore a Toulouse les liötels deMalte, de Levy, de Mac-Carlliy; le palais dejustice el celui de la cour royale; Fobservatoire,que i’excelleuee des inslrumenls qu’il renl'ermeet le talent de *es observaleurs out rendu ce-lebre; Fecole velerinaire; l’abatloir ; le cha-teau d’eau; l’hötel des monnaics; les bihlio-theques publiques, contenanl ensemble 60,000vohunes; le jardin des pinnles ; Fecole d’artil-lerie; les easernes; l’arsenal; le pol)gone; lemouliu a poudre; Fliöpital de la Grave et l’IIö-tel-Dieu , qui, rcunis , jieuvcnl conlenir deuxmille individus ; la maison d’anel; lesmoulinsde Basucie el du Chateau ; le teniple calvinisle :la synagogue, etc., etc.
Biographie. Toulouse esl ie lieu de nais-sance de :
I/infoilune Calas.
Dominique Ricard (Fabhe)» Iraducteur dePlutai’C|iie et d’Arislote.
Septier (l’abbe Armand), bibliographe.
J. Mailliot, arelieologue.
Catel, hislorit'ii.
J. Raynal. Instorien de Toulouse.