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EXPLICATION DES PLANCHES
Cette voie venait de Naples en passant par Herculanum , Retina, Oplonte; elle monte, depuisla plaine jusqua la porte de la ville, par une pente d’environ 3 pouces par toise, qui a dû coûter
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beaucoup de peine à dresser; car les divers endroits fouillés sur la droite indiquent que le soldevait être primitivement fort inégal. Elle a d’un cote (pi. III) une petite rue A qui conduisaità un sepulcretum, ou lieu destiné aux sépultures, et dans les maisons de campagne voisines ; del’autre, est un embranchement B, suivant le contour des murs, et qui sans doute conduisait aupassage du Sarno , pour la commodité de ceux qui ne voulaient point traverser la ville.
La largeur de Xcigger, ou chaussée, est de 12 à 14 pieds, ce qui suffisait au passage de deux chars,comme on peut s’en convaincre en examinant les traces profondes que les roues ont laissées surle pavé : elle est formée de larges morceaux de lave semblable à celle que l’on emploie encoredans le pays pour le même usage. La parfaite conservation de cette voie empêche que l’on puisses’assurer de la manière dont les pavés sont établis; il y a apparence qu’ils sont posés, comme dansles autres voies antiques, sur plusieurs couches alternatives de maçonnerie. Comme le rocherpouvait remplacer ici le statumen, ou massif qui leur servait ordinairement de base, ces couchesdoivent se réduire à deux; savoir, celle appelée rudus, formée de blocage, et celle nommée nucléus,composée de cailloutage et de mortier, auquel, selon Pline, on ajoutait de la cendre. Les trottoirsou margines, qui ont généralement un peu moins de la moitié de la chaussée, ne sont que ter-rassés et élevés d’environ un pied. De distance en distance sont placées des bornes basses, quiservaient à empêcher les chars de passer sur les trottoirs, et qui pouvaient aussi aider les voyageursà s’élancer sur leurs chevaux. (Voyez le détail du trottoir au bas du frontispice, planche I.)
DES TOMBEAUX.
La vénération pour la mémoire des morts devait être un des premiers points de la morale dansla religion païenne, qui peut être regardée comme le culte des mânes, puisque ses dieux n’étaientpour la plupart que des hommes divinisés après une vie utile ou glorieuse. Aussi ne doit-on pass’étonner de cette quantité de monuments funèbres que nous ont laissés les anciens, ni du soinqu’ils apportaient à les décorer et à les rendre durables : les ombres de leurs parents, de leursamis, étaient pour eux autant de divinités familières ; ils leur élevaient des tombeaux qu’ils regar-daient comme leurs temples ; à l’entour, ils dressaient des autels où l’on déposait des fleurs, desfruits, et toutes sortes d’offrandes. La loi des Douze Tables défendit cette espèce d’adoration;mais comme ces excès naissaient de la nature même de la religion, ils ne tardèrent pas à repa-raître, et la loi finit par être oubliée.
C’était principalement le long des chemins, ou près des lieux consacrés aux exercices publics,que les anciens aimaient à placer les tombeaux : ici la voie dans les parties déjà découvertesen offre plusieurs.
Les premiers que l’on rencontre (voyez au bas de la pl. III) sont ceux de la famille Arria,élevés en façe de la Maison de Campagne : ils sont placés sur une espèce de soubassement continu(pl. IV, fig. ni), qui sert de mur x de soutènement au terrain consacré à la sépulture de cettefamille. Près du mur d’enceinte, à gauche, on voit d’abord deux petites bornes dune figure par-ticulière, formées de deux anciens fragments de marbre, qui indiquent les tombes d’un fils etd’une fille d’Arrius Diomédès, selon les inscriptions quelles portent (fig. 11, fig. ni); une autreinscription ( fig. iv ) est placée sous un petit mur qui semble séparer ces monuments des autres.Vient ensuite le tombeau d’Arrius Diomédès lui-même; il est construit en moellons revêtus destuc : la figure 1 le représente dans son état actuel; je l’ai développé plus en grand dans la figure v,