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Première partie.
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38 EXPLICATION DES PLANCHES

dessus du mur d’appui qui supporte la sépulture de la famille Arria, vis-à-vis la maison de cam-pagne.

TOMBEAUX ET MONUMENTS FUNÈBRES 1 .

Les premières découvertes de i663 n’avoient procuré aucun tombeau parfaitement conservé;mais les dernières en ont fait retrouver un grand nombre dont on voit les plans pl. XV. Ils sontplacés de chaque côté de la voie, principalement à droite en allant vers la ville 2 .

On a vu dans la pl. IV le tombeau âtArrius Diomèdes et ceux de ses enfants : celui qui vientimmédiatement après, marqué A sur le plan, repose sur le même soubassement continu (pl. XVI,fig. I). Il est construit en moellons recouverts d’une décoration en stuc. Ce monument devoitêtre d’un ensemble agréable, quoique d’un goût un peu capricieux. La partie supérieure est en-tièrement détruite; elle étoit composée d’un entablement portant des statues, et d’une inscrip-tion que l’on voit dans la vignette à la fin de ce volume 3 . Les statues médiocrement sculptées etrecouvertes autrefois d’un stuc très fin, représentent un homme en toge, et une femme drapéeavec assez de dignité. L’inscription nous apprend que ce tombeau fut élevé à Lucius Ceius, filsde Lucius, de la tribu Ménénia 4 ; et à Lucius Labéon, deux fois duumvir quinquennal pour lajustice, par Ménomachus, affranchi 5 . On reconnoît aisément que la face principale (pl. XVI,fig. I) étoit ornée de deux portraits représentant probablement Ceins et Labéon . La face latéraledu côté de la ville (fig. II) offroit deux bas-reliefs. Le peu qui en reste fait regretter ce quimanque; car le costume héroïque et le style un peu roide de la sculpture rendent ce monumentassez curieux. La face opposée n’a point de bas-relief; elle est décorée d’un treillage et de bou-cliers. On y voit aussi une petite fenêtre destinée à donner du jour à l’intérieur du caveau 6 ;enfin on reconnoît encore sur la face postérieure une frise d’armes mêlées. Le socle étoit sur-chargé tout autour d’inscriptions peintes en rouge; mais elles sont tellement effacées, qu’il n’estplus possible d’y rien distinguer.

La planche XVI présente encore une autre sépulture qui n’est guère remarquable que par sapetitesse; mais cela même doit la rendre intéressante. Ce tombeau, élevé sans doute par unepauvre famille, prouve que chez les anciens toutes les classes de la société portoient un égal res-pect aux cendres et à la mémoire des morts : chacun, selon ses facultés, s’empressoit d’élever auxmânes des personnes chéries quelqu’un de ces monuments funèbres, où les parents, les amis etles personnes pieuses, venoient déposer des offrandes, témoignages d’affection et de regrets.

Le tombeau suivant, marqué B sur le plan, est parfaitement conservé. Il est entièrement massifet construit en travertin. Sa forme est simple, noble et élégante (pl. XVII). Sa base (fig. II) et sa

(1) M. Millin, membre de l’Institut national de France, a publié à Naples , en i8i 3, un petit ouvrage fort intéressant dans lequel il a décritet fait graver quelques-uns de ces monuments. Voyez Description des Tombeaux de Pompei, etc. (i vol. in- 8 °.)

M. de Clarat a publie, vers le meme temps, un petit volume de meme format, intitulé Pompei, dans lequel il donne le détail des fouillesdont il a été témoin le I er mai et le 18 mars i8i 3 ; il y a joint des gravures représentant la plus grande partie des objets qui furent trouvés dansces fouilles. Cet ouvrage renferme beaucoup de détails curieux.

( 2 ) La seconde loi du droit sacré, dans les lois des douze Tables, défendoit d’enterrer les morts dans la ville. C’est pourquoi l’on plaçoitles tombeaux autour des murailles et le long des chemins. ( Voyez Ferret. lib. IV, p. 236. )

(3) Les fragments de l’entablement, les statues et l’inscription, ont été trouvés dans les cendres à une assez grande hauteur au-dessusdu sol ancien; ce qui ne laisse aucun doute. Comme ces statues sont d’un travail très ordinaire, je n’ai pas cru devoir les donner.

(4) La tribu Ménénia étoit une des dernières tribus rustiques. ( Grœr. Thesaur. antiq. Rom. cap. L, pag. 275 .) On voit par les fragmentsd’une table contenant les noms des citoyens d’Herculanum agrégés à diverses tribus romaines, qu’un grand nombre d’habitants de ces contréesétoient inscrits dans cette tribu. ( Dissert. Isagog. pag. 56 et les pl. XIV, XV, XVI.)

(5) Voyez la vignette à la fin du volume.

( 6 ) Lorsque je dessinai ces tombeaux, on n’avoit point encore découvert son entrée; ainsi j’en ignore la distribution intérieure.