DE LA PREMIÈRE PARTIE. 3 9
corniche (fig. III) sont bien profilées. Le larmier de la corniche est incliné sur les faces latérales,et d’aplomb sur les deux autres; particularité que j’ai observée dans plusieurs monuments, etqui ne peut point être attribuée à un défaut d’exécution. Ce tombeau porte deux inscriptions,dont les lettres sont fort serrées, et d’une forme étroite. Ces inscriptions sont absolument sem-blables entre elles, à l’exception du dernier mot filio, qui, dans l’une, est écrit filo. En voicila traduction :
a A Marcus Alleius Lucius Libella père, édile, duumvir, préfet quinquennal; et à M. Alleius« Libella son fils, décurion, qui a vécu dix-sept ans. L’emplacement de ce monument a été donné« aux frais du public. Alleia Décimilla, fille de Marcus, prêtresse publique de Cérès, a fait élever« ce monument à son époux et à son fils. »
Derrière ce tombeau, on voit encore une petite enceinte, marquée b sur le plan, destinéesans doute à servir de sépulture à quelque famille sans nom ou sans fortune. Elle n’offre riend’intéressant, non plus que le massif d’un tombeau voisin à peine commencé, et qui ne s’élèveque d’une assise au-dessus du sol.
Un peu plus loin on a découvert un autre tombeau, marqué C sur le plan, qui mérite de nousarrêter un instant (pl. XIX). Il est construit en petites pierres de tuf, employées d’une manièrerégulière, soit en assises horizontales, soit en reticulatum (fig. I). Il n’est pas plein comme leprécédent, mais il renferme une chambre sépulcrale. Au fond, en face de la porte, est une nichedécorée d’un fronton où était placé un grand vase d’albâtre contenant des cendres 1 2 (fig. II etIII). Autour de cette chambre sépulcrale règne un appui sur lequel étoient posées d’autres urnescinéraires et des lampes de terre cuite.
Fig. V, vase de verre.
Fig. VI , id. en terre rouge.
Fig. VII, id. en marbre.
Fig. VIII, id. en albâtre.
On a trouvé aussi dans ce tombeau des amphores d’une grande dimension.
Ce monument étoit fermé par une porte en marbre (fig. IV) tournant sur deux pivots ( a, 6),armés d’un godet de bronze, et emboités dans une crapaudine de même métal. Cette porte setiroit avec un anneau et se fermoit avec une serrure, dont on aperçoit encore la trace.
Quelques pas plus loin, précisément sur l’embranchement des deux voies, on a découvert uneenceinte, marquée c sur le plan, avec une porte. J’étois présent à ces fouilles : l’on n’y trouvarien qui pût donner à penser que ce lieu eût jamais été destiné à servir de sépulture. Je croisplutôt que ce devoit être un sacdlum, ou chapelle découverte, consacrée sans doute, commeXœdicula que j’ai déjà donnée (pl. VII, i n° 9), aux divinités protectrices des voyageurs. Ce pou-voit être aussi un ustrinum % ou lieu destiné à brûler les corps.
Les monuments que je viens de décrire se trouvent placés à gauche de la voie en allant vers laville. Le coté opposé en offre d’autres mieux conservés et plus intéressants encore. La pl. XVIII,qui donne la coupe de la voie sur ce coté, présente leur élévation générale; et dans les
(1) Dès le temps de Numa, les Romains brûloient les morts, et en conservoient religieusement les cendres; cependant l’usage général étoitd’enterrer les corps; mais, vers la fin de la république, la première pratique prévalut, et fut même adoptée généralement en Italie. Les Pytha-goriciens , selon Pline (lib. XXXV, cap. 12) se faisoient simplement ensevelir dans des sarcophages de terre cuite. J’en ai découvert un dece genre en faisant fouiller autour des murailles de Pæstum .
(2) Un ustrinum devoit être isolé et à quelque distance des tombeaux voisins, que la flamme auroit pu endommager; aussi avoit-on soin dele rappeler dans les inscriptions sépulcrales, et on en trouve un grand nombre qui portent cette formule : AD HOC MONVMENTVMVSTR 1 NVM APPLICARI NON LIGET. ( Voyez Cruter. Inscript, ant. etc. )
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