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EXPLICATION DES PLANCHES
A P rès le sepulcretum de la famille Nistacidia, vient le tombeau de Calventius Quietus, marquéG sur le plan; il est en marbre comme celui de Munatius, à l’exception du soubassement et dol’enceinte, qui sont en maçonnerie revêtue de stuc, et décorés de moulures et d’ornements demême matière. Il n’a point de chambre sépulcrale , ni de lieu pour recevoir les cendres ; il estmassif; ce ne peut être qu’un monument honorifique, un véritable cénotaphe. La fig. I ( pl.XXIV) en donne l’élévation, dont le motif est assez nouveau et l’effet fort agréable.
L’inscription, placée au milieu d’un riche encadrement sur la face du tombeau, porte qu’ilfut élevé à Caius Calventius Quietus, augustal, auquel, pour sa munificence, les décurions dé-cernèrent , par un décret et avec le consentement du peuple, les honneurs du bisellium. On voitau-dessous de l’inscription la représentation de ce bisellium. Il est plus orné et d’une forme plusélégante que celui de Munatius. Ces deux bas-reliefs sont extrêmement curieux, parcequ’ils ontenfin expliqué la figure de ce siège, dont on ne connoissoit aucun exemple, et sur lequel on afait une infinité de conjectures vagues r . On voit maintenant que le bisellium étoit un tabouretassez grand pour contenir deux personnes ; mais le marchepied indique qu’il ne servoit qu’à uneseule (i) 2 . Ceux qui avoient obtenu cet honneur s’appeloient bisellarii, et jouissoient du droit des’asseoir sur ce siège aux spectacles, au forum et autres lieux publics. En traitant des théâtres,nous aurons soin de faire remarquer la place destinée aux bisellarii. Ce tombeau nous montreque si les anciens ne connoissoient pas la vénalité des charges , ils connoissoient celle des hon-neurs, et que la prérogative du bisellium n’étoit point une récompense exclusivement réservéeaux services ou au mérite, puisque Calventius l’obtint par ses largesses.
Les deux faces latérales sont ornées d’une couronne de chêne liée avec des bandelettes(pl. XXV, fig. III). Le coussinet est sculpté avec élégance, et porte à ses extrémités un tête debelier ( fig. II) . La fig. IV donne le détail en grand de la base, et la fig. V celui de la corniche.
Divers petits acrotères s’élèvent sur le mur d’enceinte; ils étoient ornés de bas-reliefs en stuc,dont la plus grande partie n’existe plus : on voit pl. XXVI quelques uns de ces bas-reliefs, quej’eus soin de dessiner lors de la découverte de ce monument, et avant que les pluies et les geléesles eussent détachés de l’enduit sur lequel ils étoient appliqués. Le premier (fig. I) offre uneRenommée posée sur un globe et les ailes étendues; elle a pour pendant du côté opposé uneVictoire, absolument semblable pour le mouvement et le dessin 3 , tenant un vexillurn , espèced’enseigne flottante dont se servoient les Romains. On voit, dans la figure II, OEdipe et lesphynx. L’artiste a choisi le moment où le héros trouve le mot de l’énigme fatale. Le sphynx estplacé sur une pointe de rocher, du haut de laquelle il va bientôt se précipiter : au-dessous gisentles cadavres des Thébains déjà immolés par le monstre. Quoique l’exécution de ce bas-relief, né-gligemment modelé, laisse beaucoup à desirer, sa composition naïve et le sujet célèbre qu’il repré-sente le rendent extrêmement intéressant. U a pour pendant Thésée dans l’attitude du repos : cehéros est reconnoissable à ses traits jeunes et à ses formes sveltes; il tient la massue de Périphetès,trophée de sa première victoire, qu’il n’abandonna jamais. Pour le caractériser davantage, l’ar-tiste a suspendu à une colonne auprès de lui l’épée qui servit à le faire reconnoître par Égée . Enplaçant ainsi sur son tombeau l’image d’OEdipe, persécuté dans son enfance, et celle de Thésée ,dont la carrière fut, dès le commencement, semée de tant de périls , Calventius auroit-il vouluexprimer d’une manière allégorique les premières épreuves de sa vie? En effet combien ne faut-il
(i) Voyez Valer. Chimentell. Marm. Pisan. de honor. bise II.
(ci) On a trouvé à Pompei deux bisellia en bronze, que l’on s’est empressé à tort d’appeler des lectisternes. L’un d’entre eux, que l’on voitau musée des études, est élégamment orné, et d’une admirable exécution.
(3) La similitude de ces deux figures est telle, qu’on les croiroit sorties d’un même moule ; aussi ai-je jugé inutile de donner cette seconde.