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Première partie.
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DE LA PREMIÈRE PARTIE. 43

J’ai mesuré de nouveau la face et la profondeur, mais en pieds antiques, à raison de io° io 1 2 ^ parpied : les i3 p 7 0 6 1 , mesures françoises, me donnent i4 p ant 8 onces ^, c’est-à-dire i5 pieds moins 3onces et un peu plus de \ once. Or, la dimension n° III, réduite de meme en mesures antiques,égale i5 pieds, plus 3 onces et un peu plus de ; once; c’est-à-dire i5 pieds, plus ce qui se trouvemanquer à la face. On voit par là que Xagrimensor de la ville, après avoir établi la dimensionn° II, qui est juste, se trouvant trop resserré entre les tombeaux voisins pour donner exactementles i5 pieds de face, a cru devoir dédommager la famille Nistacidia en mettant de plus, sur ladimension n° III, ce qui manquoit sur la dimension n° I.

Cette quantité de io° io 1 ^ une fois établie pour grandeur du pied dont on se servoit à Pompei ,j’en ai fait l’application à une autre inscription, donnée planche III, et qui porte que le lieu con-sacré à la sépulture de la prêtresse Mamia a 25 in frontem et 25 in agro. Or, mesurant l’espacede terrain sur lequel se trouve le banc circulaire M (espace compris entre la voie, la petite rueA, le tombeau L et un petit mur détruit qui le séparoit du tombeau N), j’ai trouvé sur un descôtés 22 p 7 0 , valeur correspondant aux 2Ô pieds antiques à 4 1 près. Sur les autres côtés, resserréspar la voie et la petite rue, il y a une légère différence en moins \

Ces deux opérations doivent, ce me semble, nous convaincre que le pied antique dont on seservoit à Pompei étoit égal à io° io l ~ du pied de roi, ou 287 millimètres. Or cette grandeur estcelle du pied antique romain, qui, selon les calculs les plus exacts, les plus fondés en autorités,comme ceux de Lucas Pœtus, de Picard, de Fabretti, d’Arbuthnot , de Danville, de l’abbé Barthé-lemy, de David le Roi, et de Stuard, selon aussi divers exemples 3 , égale io° io 1 , plus une légèrefraction 3 . On voit par là que les mesures romaines avoient remplacé à Pompei les anciennesmesures grecques; et en effet les Pompéiens avoient depuis long-temps abandonné en partie lesusages, la langue et les mœurs de leurs aïeux. C’est une observation que nous aurons plus d’unefois occasion de rappeler, surtout en traitant des habitations dans le second volume de cetouvrage.

Les fig. II et IV donnent les inscriptions des columellœ placées dans le sepulcretum. La fig. IIImontre le revers d’une d’entre elles 4 .

( 1 ) Cette opération m’a fait reconnoître une erreur dans laquelle sont tombées toutes les personnes qui ont écrit sur Pompei , et dont jen’ai pu me garantir moi-même, c’est que le tombeau N (voyez pl. III, VIII, IX et X), qui a toujours été regardé comme celui de Mamia , nelui a jamais appartenu. La sépulture de cette prêtresse ne consiste que dans le terrain dont nous venons de parler, et le monument élevé enson honneur est le banc circulaire M, sur lequel on a gravé l’inscription donnée pl. VII. Probablement l’autre banc circulaire K, dont l’inscrip-tion est enlevée , étoit aussi un monument funèbre.

( 2 ) Je ne rapporterai point ici tous les pieds de bronze ou de fer cités par ces auteurs, dont la grandeur s’est trouvée être de io° io 1 , plusune fraction; je ne parlerai que des monuments réunis au Capitole, parceque ce sont les seuls qui me soient connus. Ils sont assez négligem-ment travaillés; les extrémités des pieds qu’on y a sculptés sont taillés en biseau, de manière que la mesure prise à la superficie du relief estplus petite que celle prise sur le nu du marbre ; je les ai mesurés avec soin , mais toujours à la superficie du relief.

Pied sculpté sur le tombeau d’Ébutius io° n 1 .

Pied sculpté sur la pierre caponienne xo° n y 4 .

Pied sculpté sur le tombeau de Statilius io° 9

Pied sculpté sur le tombeau de Cassutius io° 9 */„

Toutes ces mesures étant différentes, il faut prendre un terme moyen entre elles; ce qui donne io° io' ■/» ; valeur qui ne diffère que deI7 / J20 de ligne de résultat que m’a procuré l’opération faite sur la sépulture de Nistacidius.

(3) On ne peut douter de la justesse de cette évaluation, puisqu’elle est confirmée par les opératiops faites sur le monument de Nistacidius,et sur celui de la prêtresse Mamia. Ces deux monuments et divers pieds trouvés à Herculanum , comparés au résultat moyen des monumentsdu Capitole, prouvent que dans les villes de l’Italie on se servoit du même pied qu’à Rome , et par conséquent que le pied italique dont il estparlé dans le traité de Héron n’est autre chose que le pied romain. ( Hero, de Mensuris.—Montfauc. Analec. Grœc. p. 3x3. )

(4) Les Turcs, qui, en s’établissant dans la Grèce , ont adopté presque tous les usages des vaincus, placent encore sur les tombeaux desbornes sépulcrales semblables à ces columellce.