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Quatrième partie.
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EXPLICATION DES PLANCHES.

le bas, il traverse le massif B des quatre gradins de la troisième précinction, endroit où, à la vérité,il diminue de moitié de sa grosseur, pour aller s’appuyer ensuite sur le sol du corridor voûté K.Cette longueur a été donnée à la partie inférieure de cette poutre, engagée dans les œuvres demaçonnerie, sans doute à cause de la force de traction à laquelle elle devait résister, et afin defatiguer d’autant moins l’anneau de pierre qui la maintenait plus haut.

Il est à remarquer cependant que le mât voisin de la scène est le seul qui paraisse avoir tra-versé la voûte du corridor : les autres ne s’enfoncent dans le massif que de 25 centimètres environ;c’est qu’ils ne supportaient pas autant que les premiers le poids de tout le voile.

Mazois pense que la partie supérieure de chacun des mats semblables, placés de distance endistance sur toute la demi-circonférence du théâtre, soutenait une poulie, ou peut-etre un appareilde moufles plus compliqué, propre à gagner de la force aux dépens de la vitesse. Chacun descâbles qui passaient par ces appareils était manœuvré, peut-être au moyen d’un cabestan, parplusieurs hommes placés sur les gradins ou sur la plate-forme supérieure : on attachait l’autreextrémité à un des angles du rideau bordé lui-même et traversé diagonalement par des câblestrès-solides : il avait la forme d’un demi-polygone régulier, et se trouvait déployé préalablementen partie dans l’orchestre (i). A un signal donné, tous les travailleurs tiraient avec ensemble,et le voile s’élevait lentement jusqu’à ce qu’il formât une demi-calotte sphérique renversée, àpeu près au niveau du sommet des murailles ( 2 ).

On ne peut se dissimuler que cette manœuvre devait être pénible; le poids de câbles aussilongs et d’une toile aussi étendue était sans doute énorme. Les frémissements de cette toile im-mense devaient avoir quelque chose de gigantesque, soit pendant les efforts que l’on faisait pourl’étendre, soit lorsque le vent venait l’agiter et menaçait de l’emporter dans les airs. Lucrèce aparfaitement décrit ces effets dans ces deux beaux vers :

Carbasus ut quondam magnis intenta theatrisDat crépitum malos inter jactata trabesque ( 3 ).

Aussi ne plaçait-on les voiles que quand la température brûlante ou humide exigeait cetteprécaution. On avait soin alors de l’annoncer sur l’affiche : Kela erunt (4). En effet, il était impos-sible de dresser les voiles lorsque le vent était violent; et les spectateurs se munissaient alors deleurs grands chapeaux et de leurs casaques blanches, comme l’indique cette épigramme deMartial :

In Pompeiano tectus spectabo tlieatro ;Nam ventus populo vêla negare solet ( 5 ).

«Je me placerai bien couvert au théâtre de Pompée , car ordinairement le vent empêche de« tendre les voiles, »

(1) L’espèce de réseau de cordes qui soutenait le vélum formait un tout inséparable; mais il est probable que la toile elle-même se divisait en plusieurs rideaux et pouvait se replier partiellement en glissant le long des câbles, au moyen de cordons,d’anneaux et de poulies. En effet, nous lisons dans Suétone que Caligula s’amusait quelquefois à faire replier tout à coup les voilespar un soleil très-ardent, en ordonnant que personne ne quittât sa place.

(2) Cette manœuvre était exécutée à Rome par un corps de marins : nous lisons dans Lampridius qu’un jour Commode, secroyant insulté par les spectateurs qui, dans leur empressement servile, allaient jusqu’à le saluer comme un dieu, ordonna auxmarins qui faisaient mouvoir le vélum, de massacrer cette vile populace.

( 3 ) Lucret., VI, 108. « Tel le voile étendu sur les grands théâtres frémit quelquefois, ballotté entre les mâts et les poutres qui« le soutiennent. »

( 4 ) Voyez deux inscriptions, III e partie, frontispice et page 46 .

( 5 ) La même idée se trouve indiquée trois fois par Martial, VI, 9; XIV, 29, et XI, ai.