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EXPLICATION DES PLANCHES.
sant à la plate-forme qui règne sur les deux tiers de la circonférence de l’édifice, tandis que letroisième côté s’appuie sur la terrasse des remparts. Cet escalier est celui qu’on voit à gauche etau bas du plan, planche XLY. L’aspect extérieur de l’édifice est froid et sévère; point d’orne-ments, point de colonnes, pas même de corniches. Tous ces accessoires auraient-ils été enlevés?Il est plus probable qu’ils n’ont jamais existé. Placé près des remparts, l’amphithéâtre pouvait aubesoin servir de lieu de retraite pour la garnison, de citadelle à la ville; sa construction devaitavoir toute la simplicité^et la solidité de l’architecture militaire.
La vue intérieure de l’arène, pl. XLIY, produit une impression toute différente. Après avoirtraversé le corridor long et obscur qui s’ouvre à l’ouest et qui est marqué B au plan, pl. XLY,on arrive tout à coup à un détour, et l’on voit à gauche la porte qui s’ouvre au midi de l’arène.C’est à l’entrée de celle-ci que le spectateur est censé s’être arrêté. L’enceinte elliptique, quel’on peut comparer à un cratère de volcan, offre un coup d’œil étrange et grandiose. C’est iciseulement que Ion voit l’amphithéatre dans toute sa hauteur; car l’arène est creusée d’autantau-dessous du sol, que les parois s’élèvent au-dessus. En outre, l’espace plus resserré fait ressortirles proportions de l’édifice qui, dans une espèce de plaine, comme on l’a vu tout à l’heure,s’effacait en partie. Le mur et presque tous les gradins sont parfaitement conservés. Le soleilnapolitain, qui déjà penche vers l’ouest, éclaire vivement ces vieux murs, et leur rend un air dejeunesse. Au nord, le Yésuve, témoin muet de toutes les scènes de cruelle joie, de coura-geuse résignation, qui se sont passées dans cette enceinte, domine de loin cette colline bâtie demain d’homme; et dans un ciel d’azur il balance au gré de la brise occidentale son noir panachede fumée.
Hesperiæ letalis apex! (i).
Ici le Germain et le Gaulois , nos ancêtres, se sont entr’égorgés pour le plaisir des esclavesde Rome ; ici encore, les premiers confesseurs de nos saintes croyances ont été déchirés sous lesyeux des prêtres des idoles. Telles sont les réflexions du voyageur, et quelque amères qu’ellessoient en elles-mêmes, elles font pourtant diversion à d’autres regrets.
Le sol est uni, quoiqu’on n’y trouve plus ce lit de sable d’où l’arène tirait son nom, et quiétait destiné à absorber les ruisseaux de sang. Au pied du podium, on ne voit pas de traces dece canal nommé Euripe qui, dans les grands amphithéâtres, servait à retenir dans l’arène lesanimaux qu’on y avait lâchés, et particulièrement les éléphants qui, croyait-on, redoutaientbeaucoup l’eau (2). Plus haut, on ne voit plus le filet qui devait arrêter les bonds des tigres oudes panthères, filet dont Néron, à Rome , faisait orner chaque maille d’un morceau d’ambre (3),et dont Carinus voulut que les cordes fussent d’or. On ne le voit plus, mais on aperçoit les trousdans lesquels étaient scellés les barreaux d’une grille. O11 trouve encore sur le mur des tracesde peintures qui s’effacent de jour en jour, mais dont quelques-unes sont encore assez bienconservées. Ce sont des sujets de chasse, tels que celui de la planche XLYII : une tigresse com-battant contre un sanglier; un cerf poursuivi par une lionne; un ours attaché par une longuecorde à un taureau, ou enfin, sujet moins sérieux, un tigre qui lutte avec un singe. Les peintu-res de cette espèce sont séparées entre elles par des cartouches dont le fond est peint de manièreà imiter des espèces de mailles ou d’écailles; et, entre ceux-ci et les sujets de chasse, se trou-vent encore des dessins plus petits représentant des trophées et des palmes.
( 1 ) Stat., Sylv. IV, 8, 5.
( 2 ) Plin., lib. VIII.
(3) Plin., lib. XXXV.
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