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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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PRÉFACE . DE L'AUTEUR

côtes du Nord ont l’immense poésie delà mer. La Souabese repose à l’ombre mystérieuse de sa Forêt-Noire; lespaysages du Rhin sont remplis d’une grâce romantique,et la Thuringe se couronne de roses comme dans uneidylle. Les bruyères delà Westphalie prêtent à cette con-trée un caractère grave et monotone qui porte le voya-geur à la méditation. Les sources d’eau vive des monta-gnes du Harz redisent aux oreilles de ceux qui passentles vieilles et poétiques légendes. A Helgoland, à l’îlede Rügen, c’est le souffle fortifiant de la mer qui vousdilate la poitrine. Au sud, c’est le Danube qui descendla fertile et grasse Ravière et s J en va porter ses flots versla joyeuse Autriche.

Les habitants de l’Allemagne ont toujours su mettreà profit les dons de la nature. Dans aucun pays l’écono-mie rurale n’a atteint un tel degré de perfection. Latransformation des forêts séculaires de la Germanie enterres productives et populeuses est due aux efforts in-fatigables et à l’austérité de nos paysans. Dès que lesprogrès de la civilisation rendent possible la fondationet l’établissement de la bourgeoisie, nous la voyonsparcourir avec une hardiesse et une énergie admirablesles chemins de l’industrie et se frayer une voie toutenouvelle par le commerce.

Les villes allemandes qui s’élèvent parmilliers, au mi-lieu d’innombrables villages, sont ornées de cathédralesgothiques, de galeries de peinture et de palais ; ellessont remplies de tout ce qui prête des charmes à la vie etdonne de nobles jouissances ; ces villes sont reliées entreelles par des routes militaires, des canaux, des cheminsde fer sur lesquels la vapeur entraîne des voitures char-gées de marchandises, avec une rapidité égale à celle