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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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XIV

PRÉFACE DE L’AUTEUR

ont été organisées par la nature. Cependant jusqu’àl’époque la plus récente, notre pays n’avait pas de centregouvernemental, pas de capitale proprement dite, pasde facteur dirigeant.

Quelle bizarrerie dans les habitudes, dans les cos-tumes, quelles différences dans les caractères, depuisles Alpes jusque dans les bas-fonds de l’Oder, depuisl’Elbe ou le Weser, ou depuis les vallées rhénanes jusquesaux plaines de la Silésie !

L’Allemagne ressemble à ce bananier de l’Inde, quiplonge ses branches dans la terre, d’où elles ressortentpour produire de nouveaux rejetons et de nouveaux ar-bres, isolés et livrés à leurs propres forces, mais unisentre eux par la racine-mère, dont ils tirent presquetoute la sève.

La tâche qui nous incombe aujourd’hui est de con-server l'unité que nous avons acquise au prix de tant desacrifices et de combats séculaires, et de la détendrecontre toute menace, soit qu’elle vienne de l’autre côtédes Alpes, du Rhin ou du Niémen.

Ce n’est pas à tort qu’on a accusé la nature allemanded’être noueuse ( knornge ). Notre peuple a quelque chosed’anguleux dans les mouvements et dans l’expression desa physionomie. Il lui manque l’ardeur méridionale, lavivacité et la souplesse françaises. On ne rencontre querarement chez nous la beauté hellénique du profil. Maissi, dans les classes inférieures, le travail, les soucis, lesprivations; si, dans les classes supérieures, une éduca-tion faussée et les exigences de la mode flétrissent lesdispositions naturelles à la beauté, notre peuple n’estpas pour cela un peuple absolument disgracieux. Sousl’expression dure et rébarbative du visage, il y a auel-