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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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PRÉFACE DE i/AUTEUR

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que chose de doux et de tendre. N’oublions pas quel’arbre préféré des Allemands ne fut point le chêneaustère, mais le tilleul paternel. La chevelure est géné-ralement blonde ou châtain clair; la carnation estfraîche, le regard limpide et loyal; le front large etbombé porte l’empreinte de l’indifférence. Tout celatempère ce qu’il y a d’anguleux chez nous. Dans lemaintien, on remarque un mélange de réserve, de cor-dialité, de concentration, d’indécision et de docte cri-tique allemand.

Même contraste dans l’être moral. Goethe fait dire àFaust: «Deux âmes, hélast habitent dans ma poi-trine! » De là tant de discordes, des luttes incessantes.On dirait que le génie allemand ne s’accorde pas avecl’énergie et la fermeté. Nous ne sommes pas une nationconcentrée en elle-même, nous n’avons pas un caractèrenational achevé ; le peuple français est équilibré ; lepeuple allemand ne le sera jamais.

Le défaut de l’instinct du beau et de l’amour de laforme plastique produit des effets désastreux même enpolitique. Un peuple qui ale goût de la forme, — commele peuple français, et surtout le peuple italien, — nepourra pas supporter de difformités politiques telle quele fut, par exemple, le saint empire romain.

L’idéalisme est le fond du caractère allemand. C’estde lui qu’est née l’incomparable hardiesse de la penséeallemande, l’enthousiasme allemand pour ce qui est gé-néreux, beau et grand (1) ; c’est l’idéalisme qui a égale-

(l) J’ai beau chercher dans l’histoire, je ne trouve nulle parttrace de cette grande flamme de l’Allemagne pour ce qui est « beauet généreux. » L’Allemagne, au contraire, a toujours profité desmalheurs ou de la faiblesse des autres.

(Note du traducteur.t