Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
XVI
JPEG-Download
 

XVI

PREFAGK DE L’AUTEUR

ment donné naissance à ce large cosmopolitisme quinous enseigne une noble sympathie et des sentimentsde justice envers les autres peuples. Figurez-vous l’i-déalisme allemand dans les plus hautes aspirations, —dans la poésie, dans la philosophie, dans l’ivresse de laliberté, — et comparez-le à la pédanterie du philistin,du petit bourgeois dont l’horizon s’arrête au clocher desa ville natale, et voyez le contraste I A côté de la fleurpoétique du sentiment allemand croît l’herbe véné-neuse du particularisme, toutes les bizarreries et lesvices des petites provinces étroites. L’étranger exercesur nous une attraction ardente, et produit, en mêmetemps que des germes de civilisation, des germes de ruineset de corruption. Nous apprenons ainsi le mépris de cequi se fait chez nous. J’adresse ce blâme particulière-ment aux femmes allemandes, qui prennent pour leursmodèles le rebut des courtisanes et des cocottes pari-siennes ; elles les suivent dans leurs toilettes et elless’en font les caricatures.

L’Allemand aime volontiers la liberté dans le royaumenuageux de ses rêves, mais dans la vie réelle, il est tropsouvent un esclave servile, un valet par méthode qu’unpoète patriote a peint dans ces vers :

L’homme est né pour être libre,

Mais l’Allemand n’est jamais plus heureuxQu’en servant des maîtres qu’il hait ou qu’il aime.

Que le dévouement est touchant chez notre peuple;mais qu’il tourne vite en habitude servile !

La politique du « chacun pour soi », qui fait du moile centre et le pivot du monde, produit chez nous des