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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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TEMPS PRIMITIFS ET MOYEN AGE

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supprimait leur langue, leurs mœurs et leur religion. Leursoulèvement fut habilement excité et dirigé par Arminius(Hermann, noble), fils de Segimer, qui était à la tête d’unepartie de la tribu des Chérusques. Le dessein et l’ambitiond’Arminius étaient de réunir les diverses fractions de l’Al-lemagne en faisceau qu’il opposerait à la domination ro-maine . A la tête des tribus qu’il avait ralliées, il remportadans la iorêt de Teutobourg une victoire signalée sur troislégions romaines (9 ans après J.-Ch.) commandées par Varus.Ce premier exploit fut suivi d'autres succès (15-17 ans aprèsJ.-Oh.) qui firent d’Arminius le sauveur de notre existencenationale. Ce génie supérieur avait deviné que le mal dontsouffraient les Germains depuis les temps les plus reculésn’était autre que la division de leurs tribus. Averti par sesvictoires de l’importance de l’unité allemande, il entrepritde prévenir le démembrement du pays en réunissant toutesles peuplades germaines en une nation unique. Cette idéed’unité a toujours eu ses apôtres, mais elle a fart beaucoupde martyrs. Hermann fut le premier; assassiné par sa proprefamille, il périt victime de l’égoïsme des princes allemands,incapables de comprendre sa grande idée et qui l’accusèrentd’aspirer à la tyrannie. Dès cette époque, il ne manquaitpas chez nous de princes qui criaient que l’on menaçait laliberté allemande, toutes les fois qu’il s’agissait de sacrifierleur intérêt ou celui de leur dynastie au triomphe de l’u-nité.

La levée de boucliers, commandée par Arminius, encou-ragea partout la résistance et bientôt l’Allemagne du Sudprit les armes à la voix de Civilis (69-71 ans après J.-Ch.).Malgré leurs succès, les Romains dès lors ne se firent plusd’illusion sur la durée de leur conquête et comprirent queleur domination avait reçu une atteinte mortelle. Les vic-toires remportées par Julien vers le milieu du quatrièmesiècle après J.-Ch. sur les Francs et les Allemands, furent ledernier éclat de la puissance romaine dans ces contrées.