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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
aussi ce manteau sut une longue robe sans manches, quilaissait à nu les bras, les épaules et le haut de la poitrine.Ajoutons à ce costume une ceinture, et vous aurez le vête-ment des Germains, tel qu’il se conserva jusqu’au moyenâge. Dès la plus haute antiquité, les guerriers avaient cou-tume de se couvrir la tête d’une peau de bête féroce, afind’effrayer leurs ennemis dans le combat. On ne peut doutercependant que le contact des Romains n’ait modifié le cos-tume et les armes des Germains; d’autant plus qu’il y avaitentre les deux nations une certaine analogie dans la ma-nière de se vêtir.
Ce que nous connaissons le mieux des mœurs de nos an-cêtres, ce sont les rapports qui existaient entre les deuxsexes et la situation faite aux femmes, situation bien supé-rieure à ce qu’elle fut dans le haut moyen âge. Il est bienvrai que, dès les temps les plus reculés, nos aïeux n’avaientqu’une médiocre estime pour le rôle et la valeur de lafemme. La naissance d’un garçon était bien plus agréableque celle d’une fille, et ce sentiment n’a pas disparu mêmede nos jours. On trouverait dans l’histoire de nombreuxtraits de la dure brutalité des Germains envers le sexe.Ainsi, les Frisons comprenaient leurs femmes dans lesmarchandises qu’ils livraient en tribut aux Romains. Ce-pendant, tandis que le Grec artiste et le pratique Romainregardaient la femme comme une esclave, et une esclaveimpure, à l’ombre des forêts de la Germanie, grandissait lerespect que l’on avait pour elle et qui fait vraiment hon-neur à l’idéalisme allemand. Avant tous les autres peuples,les Germains ont reconnu l’influence de la femme dansl’histoire et lui ont accordé le rang qu’elle doit tenir dans lasociété. Tacite rapporte qu’ils la considéraient comme unêtre prédestiné et saint, qu’ils consultaient avec respect, etdont ils suivaient les avis. L’exemple de Velléda nousprouve l’ascendant prophétique exercé par les femmes àcertains moments. Cette jeune fille de la tribu des Bruc-