TEMPS PRIMITIFS ET MOYEN AGE
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enfants, Mani (lune) et Sol (soleil), dont la beauté rendit lesAses jaloux. Ceux-ci les enlevèrent et leur imposèrent lacharge de diriger dans les cieux, Mani la marche de la luneet Sol les coursiers qui traînaient le char du soleil, astresqu’ils avaient tirés des étincelles de Muspelheim. Si la luneet le soleil courent si vite, c’est qu’ils sont constammentpoursuivis par deux énormes loups.
Longtemps les Ases vécurent dans la paix et la joie. Ilsavaient réduit à l’impuissance les dangereux enfants de Lokien donnant à Hel le gouvernement de l’enfer, en précipitantle serpent Mitgard dans l’Océan et en enchaînant le loupFenris avec un lien que les gnomes avaient fait de l’entre-lacement des poils delà barbe d’une vierge et du bruit despas d’un chat. Vous voyez comme les invraisemblances dela vieille poésie Scandinave se rencontrent souvent aveccelles de l’Inde!
Mais Loki, leur terrible ennemi, veillait. Trois de ses fillesvinrent à Asgard enlever aux Ases les merveilleuses tablesd’or sur lesquelles étaient tracées les plus anciennes poésiesruniques et, dès lors, le destin des dieux fut troublé, surtoutaprès la mort du sage Baldur, provoquée par la méchancetéde Loki. Ils parvinrent pourtant à se venger de leur ennemien enchaînant ce traître à un rocher au-dessus duquel pla-nait une vipère qui lui lançait perpétuellement son poisonau visage.
Ici, par exception, dans cette âpre mythologie du Nord,nous trouvons à citer un trait assez touchant. Sigyn, lafemme de Loki, vient à son secours. Avec une tendresse affectueuse, elle garantit le malheureux des effets du poisonet recueille dans un plat les gouttes à mesure qu’elles vonttomber. Mais quand le plat est rempli, il faut le vider, etpendant ce temps le poison brûle le visage de Loki. Celui-ci se tord avec tant de rage que les hommes croient à untremblement de terre. Enfin le crépuscule des dieux (ra-gnarok) délivre le coupable à la fin du monde et de ter-