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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

Le chêne, image de la force, était dédié à ftonar. Lessources, les cascades, le sommet des montagnes étaient,ainsi que les bois, des lieux sacrés. Outre la prière, le cultecomprenait le chant et la danse, ainsi que les processionsau commencement de chaque saison et surtout du prin-temps. Dans toutes les religions, on croit se rendre les dieuxfavorables en leur faisant des sacrifices; les Germains leuroffraient des fruits, des animaux et des hommes. Chez lesGètes, les plus proches ancêtres des Germains, selon Grimm,l’usage était d’envoyer tous les cinq ans un messager au dieuIamolxis. Voici comment avait lieu le sacrifice : on liait lespieds et les mains du messager et on le lançait en l’air d’oùil retombait sur trois lances. Lors de leur invasion dans laHaute-Italie, les Cimbres mêlaient aux oracles des sacrificeshumains. Leurs prêtresses, les pieds nus, les cheveux blan-chis par l’âge, le corps revêtu d’une tunique blanche serréepar une ceinture d’airain, portaient dans leurs mains desépées flamboyantes. Elles allaient prendre dans le camples Romains prisonniers, les couronnaient de fleurs et lesmenaient près d’une grande cuve de fer. Là ils étaient égor-gés par la principale prêtresse, et le sang qui coulait dansle vase servait à prédire l’avenir. Avant de partir pour laguerre, les Saxons sacrifiaient à Wodan le dixième homme;les Celtes, dans leur lutte avec les Hermundares, promirentd’immoler au dieu tous les prisonniers, hommes et chevaux.Ces derniers furent, dit-on, fort agréables à la divinité.

L’usage des sacrifices humains se conserva en Scandi-navie plus longtemps qu’en Allemagne. Nous lisons enen effet, dans ia Saga d’Inglinga, œuvre de Snorri : « Da-maldi hérita de son père Wisbur et gouverna le pays.Dansce temps, la famine et la misère furent grandes en Suède.Les habitants firent de grands sacrifices à Upsalir. La pre-mière année, ils sacrifièrent des bœufs et n’amenèrent pasla prospérité; la seconde année, ils firent des sacrifices hu-mains, mais la misère continua; la troisième année, beau-