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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ BT LES MŒURS ALLEMANDES

toire primitive et sa législation guerrière, bases du carac-tère historique d’un peuple, elle acquit un peu de la sou-plesse particulière aux peuples du Sud, et adoucit sensible-ment sod entêtement et sa brutalité septentrionale. Le mé-lange des mythes et des légendes forma un fonds poétiquecommun qui n’est pas encore épuisé. La religion mêmesubit l'influence de l’invasion et corrigea, au contactdu germanisme, le dogme dur et judaïque qui s’étaitintroduit dans le catholicisme romain.

Le christianisme emprunta aux cultes du Nord leurs aspi-rations vers un plus noble idéal, et s’appliqua dès lors àrégner sur les âmes en vivifiant par la poésie, la musique,la peinture, la sculpture, l’architecture et même par ledrame, tout le culte divin; l’art chrétien était créé. Lesgracieux symboles du catholicisme fournirent ample ma-tière à la poésie du moyen âge, mais l’inspiration premièrelui vint de la Germanie.

C’est elle qui fournit l’idéal romantique de l’amour quifait de la femme l’âme de la vie. Le culte de Marie, qui ré-pondait au sentiment que les Germains avaient pour lafemme, fut accepté par eux avec enthousiasme ; ils entou-rèrent l’amour d’une auréole de sainteté.

Pour bien connaître la transformation intellectuelle desGermains par le christianisme, il faut voir par quels moyensfut introduit le nouveau culte. Les évêques romains qui,avec une opiniâtre ténacité, travaillaient à dominer l’Églisechrétienne, sentaient l’importance de conquérir à la foiles peuples du nord. Ils ne négligèrent aucun moyen pouratteindre c*, but. Il est juste de dire que les missionnairesenvoyés par Rome au delà des Alpes, déployèrent dans lesconversions autant de finesse que de courage, autant desouplesse que d’énergie.

Ils obtinrent des résultats rapides et importants. Dès le