PÉRIODE CARLOVINGIENNE ET OTHONIENNB
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exercèrent sur le clergé inférieur une pression énergique etconservèrent le droit romain, qui prit presque partout laplace des lois nationales. Soumis, il est vrai, à la juridic-tion royale, le haut clergé obtint que ses juges fussent prisparmi les ecclésiastiques, sauf pour les affaires criminelles,où des laïques faisaient partie du tribunal. Cette indépen-dance se transformait en soumission absolue envers Rome,ainsi qu’on le vit dès le premier synode (743), où les évêquesjurèrent fidélité au souverain pontife.
Les mœurs du clergé, à ce moment, sont loin d'êtreexemplaires, bien que le mariage des prêtres fût encore to-léré par la discipline ecclésiastique.
Malgré la défense de porter les armes, nous n’en voyonspas moins, dans tout le moyen âge, des évêques et desabbés s’en aller en guerre à la tête de leurs valets et deleurs domestiques.
Si les Carlovingiens détruisirent nos anciennes franchiseset libertés, leur triomphe n’en fut pas moins un progrès vé-ritable. C’est, en effet, avec leur royauté et à partir de lacomplète victoire du catholicisme sur le germanisme païenque se fonda la civilisation allemande ; Charlemagne en futréellement le créateur et le père. Ce prince aimait lessciences, et son biographe et secrétaire intime, Eginhard,nous raconte que, jusqu’à un âge avancé, il s’efforça d’ac-quérir l’instruction dont sa jeunesse avait été privée. Il par-lait le latin, comprenait le grec et se plaisait dans la sociétédes hommes savants qu’il avait attirés à sa cour. Les plusillustres étaient l’Anglo-Saxon Alcuin, l’évêque Théodulf,l’abbé Adelhard, l’historien Eginhard, et Warnefried, plusconnu sous le nom de Paul Diacre. Alcuin, qui mourutabbé de Tours, en 804, était chargé d’élever les enfants duprince, tant légitimes que naturels, dont le nombre s’élevaità quatorze. La conduite ultérieure de ces élèves, surtoutcelle des princesses, ne fait pas grand honneur à leur édu-cation. Les tilles de Charlemagne menèrent une vie neu