PÉRIODE CARLOVINGIEISNE ET OTHONIENNE
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pas le tort de parler avec légèreté des anciens monas-tères. Si l'histoire entière du monde chrétien n’est qu’unlong contraste entre la pensée du Christ et la conduite del’Église officielle, c’est l’honneur des couvents d’avoir es-sayé de faire disparaître une telle anomalie. Peut-être n’ont-ils pas employé les moyens propres à les conduire à cebut, mais leur tendance première était bien faite pour atti-rer de pures et nobles âmes. Aussi combien de jeunes gensdont les généreux sentiments avaient été froissés au contactde la triste réalité, y portèrent-ils leurs idéales aspirations!D’autres hommes, trompés par la pratique de la vie, aprèsavoir mûri dans les armes ou la diplomatie, allèrent cal-mer dans le silence monastique la douleur de leurs décep-tions et se livrer à des travaux dont profitera la postérité.L’un d’eux, l’historien Cassiodore,se déroba à la cour pourfonder en Calabre un monastère dont les religieux se con-sacraient à la copie des manuscrits et à la culture de laterre. Il y avait certes, même dès cette époque, des religieuxdont l’habit ne couvrait qu’une profonde ignorance et quicomptaient pour vivre sur la superstition du peuple, mais àcôté d’eux combien d’honorables corporations remplis-saient avec zèle leur mission civilisatrice! Ces premiers ins-tituteurs rendirent les plus grands services aux nations,qui étaient tombées dans une profonde décadence aprèsles grandes invasions. Les écoles monastiques organiséespar Rhaban Maure (766-856), dans le couvent de Fulda etqui furent bientôt suivies de celles de Saint-Gall, Hirschau,Reichenau, Wissembourg, Korvey,etc., devinrent desfoyersde lumière et jouirent de la protection particulière de Char-lemagne. On y enseignait, avec la langue latine, les septsciences libres, divisées en trivium et quadrivium. C’est à1 étude persistante du latin que nous devons les chefs-d œuvre de la littérature classique dont les manuscritsavaient transmis les modèles. La Providence veillait sansdoute sur ces précieux parchemins qui avaient tant à nous