PERIODE CARLOVINGIENNE ET OTHONIENNB
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type judaïque et chrétien en héros national et populaire.Chez lui, le Christ parait au milieu de ses disciples commeun noble duc entouré de sa suite, et la description de la findu monde n’est qu’un écho du chant qui célèbre le crépus-cule des dieux dans YEdda. Ce poème nous fait entendrepour la dernière fois les airs francs et virils de notre an-cienne poésie nationale.
Une œuvre qui forme avec la précédente un parfait con-traste est celle connue sous le nom de Krist, sorte d’har-monie poétique et religieuse, composée par le bénédictinOtfrid au couvent de Wissembourg de 863 à 872. En saqualité de savant et de chrétien, l’auteur n’a que du méprispour la poésie populaire et nationale. Il remplace l’allité-ration par la rime et ouvre le chemin à un- art nouveau.Son Krist, divisé en cinq livres, essaie de nous représenterla civilisation chrétienne et religieuse ; il veut aussi instruireet moraliser ; mais il y a plus de science que d’inspiration ;l’histoire y est trop sacrifiée et l’ouvrage n’est intéressantque parce qu’il introduit la classe lettrée dans la familiaritéde la langue maternelle.
Toutes ces tentatives d’éducation et ces premiers bégaie-ments de la littérature christiano-germanique supposent uncertain degré de civilisation matérielle, au moins dans lesrangs supérieurs de la société. Sans doute, l’Allemagne duseptième au dixième siècle offrait un aspect moins sauvagequ’aux époques préhistoriques, où le droit des nobles surla propriété s’étendant sur d’immenses domaines entravaitl’agriculture, bien loin de la favoriser. A partir du sep-tième siècle, la vieille forêt commence à s’éclaircir sous lapioche et la hache des moines qui n’ont pour subsister quece que la terre produit autour de leur couvent. Charle-magne favorisa ce défrichement, qui servait sa politique,et, moyennant une légère redevance, accorda des terrainsà ceux qui voulurent les cultiver. Non content de protéger,par ses lois et ses décrets, le travail des champs et l’élève