DYNASTIES IMPÉRIALES I>E FRANCONIE ET DE SOUABB 75
Rom^ furent les moines mendiants de Saint-François, dontl’ordre fut fondé au treizième siècle par l’ascète Françoisd’Assises et se ramifia à l'infini en récollets, capucins, car-mélites, etc. Vers le même temps, saint Dominique fondaitun ordre rival. Aux franciscains échut la prédication et lesoin de diriger les masses en se mêlant à elles ; les domini-cains prirent pour eux la science et la défense du dogme.Leur ordre s’est rendu tristement célèbre par l’Inquisition,dont ils furent les agents. — Toutes ces sociétés étaient misesen mouvement par un général qui résidait à Rome, et au-quel les membres devaient une obéissance aveugle. Ces gé-néraux ne dépendaient que du pape ; le tribunal des évê-ques ne pouvait les atteindre, et ce privilège donna partoutaux moines une supériorité incontestable sur le clergé sé-culier.
Le pouvoir politique offrait alors quelques particularitésqu’il est bon de signaler. Le chef de l’État, après son élec-tion par les grands du royaume, prenait le titre de roid’Allemagne ; celui d’empereur ne lui était conféré que parson couronnement à Rome. Les questions d’administrationet de constitution étaient agitées dans les assemblées desprinces, où les prélats et les barons tenaient le premierrang. Après eux venaient les ducs, puis les possesseurs dessièges épiscopaux de Mayence, de Cologne et de Trente,puis une foule de petits tyranneaux cléricaux ou laïques,enfin le tiers État. On le voit trop, cet ensemble peu homo-gène était incapable de lutter contre la puissante unité dela curie romaine.
Quant à l’armée, elle comprenait sept divisions : les quatrepremières étaient fournies par le roi et la haute noblesse,la cinquième par ceux qui avaient des hommes libres pourvassaux, la sixième par les chevaliers, et la septième partous ceux qui étaient de naissance légitime.