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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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DYNASTIES IMPÉRIALES DE FRANCONIE ET DE SOUABE 77

Sans entrer plus avant dans l’histoire des Hohenstaufen,nous nqus bornerons à signaler la cause qui empêcha cettedynastie de rien fonder de durable. Pendant la période laplus florissante de leur règne, s’éleva la querelle des Guelfeset des Gibelins, qui allait bientôt diviser en deux campshostiles l’Allemagne, puis l’Italie. C’est au siège de Weins-berg par Conrad III, l’ennemi des Guelfes, qui avaientvoulu l’empêcher de monter sur le trône, que fut poussé lepremier cri de cette guerre. Peut-être que Barberousse, avecson héroïque énergie, ou son fils Henri VI, avec sa rudebrutalité, auraient pu arrêter à sa naissance une lutte quimenaçait l’empire d’un démembrement, s’ils n’avàient étéeux-mêmes d’un tempérament trop aristocratique pours’allier à la démocratie, que représentaient les Gibelins.Tandis qu’en France la royauté s’appuyait sur le peuplepour combattre les nobles et se rendre absolue, qu’en An-gleterre la noblesse s’entendait avec le peuple pour limiterla puissance des rois et jeter les bases d’un gouvernementconstitutionnel, les monarques les plus puissants de l’Alle-magne usaient leurs forces à la poursuite d’une chimère ir-réalisable et ne tenaient aucun compte des échecs que lesévénements infligeaient à leur ambition. Au lieu de s’appli-quer à fonder un royaume allemand, ils rêvaient une mo-narchie universelle et catholique, rendue impossible par laséparation de plus en plus tranchée des races de différentesnationalités. Le soin qu’ils auraient dû mettre à fonder unÉtat national, ils le dépensèrent à vouloir soumettre l’Italie,dont ils foulèrent aux pieds les franchises républicaines etqu’ils rejetèrent dans les bras de la papauté. Barberoussefut si aveuglé par la poursuite de cette chimère, qu’il con-sentit à livrer le grand réformateur de Brescia au pontife,qui le fit mettre ;’i mort.

Malgré les erreurs et les fautes des Hohenstaufen, leur