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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

dans la vallée, au coin d’une baie, ou sur quelque îlot. Carbien qu’un poëte de nos jours ait dit que sur la hauteur ré-sidaient les anciens chevaliers de la contrée superbe , il y avaitaussi des châteaux bâtis sur les bords des fleuves et proté-gés comme les autres par des collines et des rochers. Il suf-fisait qu’il y eût un fossé qui reçût l’eau d’une rivière oud’un lac voisin et garantît ainsi des surprises du dehorspour que l’on songeât à construire un burg. Ce mot réveillesans doute dans les imaginations poétiques les riantes cou-leurs de la vie chevaleresque, mais il ne rappelle à l’his-toire que le souvenir d’un siècle de fer, où les hommes vi-vaient séparés et en garde les uns contre les autres. Chacunse parquait et se fortifiait à l’écart, les petits nobles dansleurs étroits castels, les grands seigneurs dans leurs vasteset somptueux châteaux. Toutes les scènes de l’histoire n’ontpas eu pour théâtre ces magnifiques forteresses, et notreimagination s’égare à leur donner un si beau cadre. Neprenons point quelques exceptions pour le train réel de lavie.

Le mur extérieur du burg était défendu par des créneauxet des tourelles et communiquait avec le dehors par unpont-levis. Après avoir franchi ce pont, on se trouvait dansla cour du donjon, nommée aussi basse-cour, parce qu’on yvoyait les écuries. Le donjon était séparé du château par unfossé qui entourait ce dernier, et qu’on passait sur un pontsitué en face d’une porte, que couronnait un mur garni deleviers pour lever le pont et ses herses. On franchissait en-suite un passage voûté, fermé d’une herse, au bout duquelse trouvait la cour d’honneur du château. Cette cour, ta-pissée de gazon, était ornée d’un puits et d’un tilleul,l’arbre favori des poètes romantiques et en général dupeuple allemand. Tout autour s’élevaient les constructionsdu château, parmi lesquelles dominaient le palais ou mai-son du maître, et le beffroi, tour isolée du haut de laquellele guetteur surveillait l’approche de l’ennemi, et qui ser-