88
I,\ SOCIETE ET LES MŒURS ALLEMANDES
gracieuses ou en épaisses nattes liées de fils d’or qui descen-daient sur les épaules et qu’on relevait en nœuds. A laceinture de la femme élégante était suspendu un petit sacoù elle mettait son argent, ses parfums et autres menusobjets. A côté elle plantait un couteau poignard à la lameaiguë et suspendait son trousseau de clefs, les ciseaux et lefuseau. Enfin des gants artistement brodés et parfuméscomplétaient sa toilette.
Il y eut quelques excès ridicules dans les modes et l’ondoit sans doute 'à un goutteux l’invention des souliers ébec recourbé que l’on garnissait d’étoupe. Malgré leurincommodité ils se conservèrent du onzième jusqu’au quin-zième siècle. Sur la pointe du bec on plaça des grelots qui,de là, se répandirent sur le reste du corps et formèrent uneespèce de sonnerie que l’on agitait en marchant. Du reste,hommes et femmes rivalisèrent de ridicule et il y avaitdécadence complète au quinzième siècle dans le costumede la chevalerie de cour. Les vêtements féminins étaientd’un tissu si léger qu’ils laissaient voir la forme et le nu desmembres; d’ailleurs on découvrit bientôt les épaules, lanuque et le sein ; même licence chez les hommes, dont lepantalon accusait ce qu’il aurait dû cacher. On comprendqu’une telle immoralité ait indigné les hommes de bon seDS,d’autant plus que dès le quatorzième siècle, ce luxe extra-vagant avait gagné la bourgeoisie elle-même.
Avec un tel développement du luxe matériel y eut-ilun progrès parallèle dans les intelligences? Nous voudrionspouvoir le constater, mais nous ne trouvons à louer quecertaines améliorations dans l’éducation des enfants. Encoreest-il vrai de dire que l’on n’instruisait que ceux qui se desti-naient à l’Église; pour les autres, on leur apprenait la chasseet l’art militaire, les belles manières de la société et parfoisun peu de musique, afin qu’ils pussent à table chanter &