90
LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
pas rare, en effet, de rencontrer sur la table de toilette des gnchâtelaines quelque manuscrit de chansons ou de poésies vesentimentales. Les gracieuses écrivains au moyen âge, excel- salaient surtout dans l’épître amoureuse; mais l’ignorance paétait si générale que le destinataire était souvent forcé de Fporter sur lui les tablettes pendant plusieurs jours, faute bad’un lecteur pour les lui déchiffrer et transcrire la rè- &ponse. dii
Les mœurs hospitalières de ce temps contribuèrent aussi daà développer l’élégance et l’affabilité. Le chevalier en t elvoyage était obligé d’aller frapper à la porte du château, Pecar il n’y avait d’hôtel que dans les villes, et les auberges ho
de campagne n’étaient pas dignes de pareils hôtes. D’ail- P r
leurs les routes étaient peu sûres et, comme on voyageait sl <
à cheval, il n’était pas possible de franchir une grande dis- di
tance dans la journée. Si quelques femmes de haute nais-sance avaient des voitures à leur disposition, ces véhicules Ts
ne se distinguaient ni par la légèreté ni par une marche co
rapide. En hiver, grâce aux traîneaux, on pouvait aller plusvite, mais ce moyen de locomotion paraît avoir produit des 5 ldésordres auxquels sans doute remédia le décret suivant : n
« 11 est défendu aux hommes, aux femmes et aux jeunes n >filles, d’aller en traîneau la nuit. »
Aux mœurs hospitalières des vieux Germains, la cheva-lerie ajouta de gracieux procédés. Aussitôt que le veilleur UI
avait, du haut de la tourelle, signalé l’approche d’un voya- cc
geur, les maîtres de la maison s’apprêtaient à le recevoir m
avec des égards pleins de courtoisie. Dès qu’il était des- m
cendu de cheval, les dames de céans l’introduisaient dans er
le vestibule d’honneur, le débarrassaient de sa lourde ar-mure et le revêtaient d’un habillement léger et propre. S 1
On lui offrait ensuite à boire et on le menait au bain. Il en &
sortait pour rejoindre la famille et se mettre a table avec w
elle. Il occupait la place d’honneur en face du maître de la di
maison. A côté de lui s’asseyait la femme ou la fille du sei- ’ e